Ô moi ! ô la vie ! / Walt WHITMAN

J’ai découvert ce poète américain comme beaucoup d’adolescents de mon âgé, grâce au (cultissime) film de Peter Weir, Le Cercle des Poètes Disparus. Il est sorti en 1989 (j’avais 14 ans… et je pleure toujours à la fin !). C’est sans doute devenu sa strophe la plus connue depuis, mais il y en a d’autres tout aussi belles.

Disclaimer : Les braconnages sont des phrases glanées au fil de mes lectures et notées pour leur sonorité, ou bien leur sens, ou bien leur poésie. Ou parfois pour tout ça à la fois…

Ô moi ! Ô la vie ! Les questions sur ces sujets qui me hantent,
Les cortèges sans fin d’incroyants, les villes peuplées de sots,
Moi-même qui constamment me fais des reproches (car qui est plus sot que moi et plus incroyant ?)
Les yeux qui réclament vainement la lumière, les buts méprisables, la lutte sans cesse recommencée,
Les pitoyables résultats de tout cela, les foules harassées et sordides que je vois autour de moi,
Les années vides et inutiles de la vie des autres, des autres à qui je suis indissolublement lié
La question, Ô moi ! si triste et qui me hante – qu’y a t-il de bon dans tout cela, ô moi ! ô la vie !
Réponse : que tu es ici – que la vie existe et l’identité,
Que le puissant spectacle se poursuit et que tu peux y apporter ta rime.

Ô moi ! Ô la vie ! in Feuilles d’herbe

Je me célèbre moi-même, me chante moi-même,
Toi tu assumeras tout ce que j’assumerai,
Car les atomes qui sont les miens ne t’appartiennent pas moins.
Je flâne, j’invite mon âme à la flânerie,
Flânant, m’incline sur une tige d’herbe d’été que j’observe à loisir.

Song of myself, in Feuilles d’herbe

Ô Capitaine ! mon Capitaine ! fini notre effrayant voyage,
Le bateau a tous écueils franchis, le prix que nous quêtions est gagné,
Proche est le port, j’entends les cloches, tout le monde qui exulte,
En suivant des yeux la ferme carène, l’audacieux et farouche navire ;

Ô capitaine ! mon capitaine ! in Feuilles d’herbe, écrit en hommage à Abraham Lincoln assassiné en 1865.

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