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Lectrice professionnelle, Aude partage son regard sur la comm des auteurs

Dans ma série « Regard sur la communication », j’ai invité Aude Berthelot, plus connue sur Instagram avec le pseudo @in__quarto, qui est lectrice professionnelle freelance. L’occasion d’en savoir plus sur ce métier peu connu, mais très utile aux auteurs et autrices qui veulent publier leur livre en autoédition ou chez un éditeur. Elle a bien voulu répondre à mes questions (ce dont je la remercie !) pour donner également son regard sur la manière dont communique les auteurs et autrices.

Vous pouvez retrouver Aude sur son site Mademoiselle Freelance et lui envoyer une demande de devis pour une lecture. Elle est également sur Instagram et sur TikTok.

Le métier d’Aude : lectrice professionnelle

Peux-tu te présenter et détailler ton parcours ?

Moi c’est Aude, j’ai 30 ans et je suis lectrice professionnelle freelance dans l’édition depuis 2017. J’ai également été libraire mais c’est une autre histoire ! J’ai un parcours finalement assez classique en métiers de l’édition, même si j’ai commencé mes études supérieures par deux années de licence de psychologie que j’ai validée😁.

aude berthelot lectrice professionnelle autoédition
Aude Berthelot est lectrice professionnelle freelance au service des auteurs et des éditeurs.

Je me suis réorientée en 2012 vers un DUT information et communication option métiers du livre et du patrimoine. Ce sont deux années d’étude spécialisées au sein du pôle métiers du livre de Saint-Cloud. Mes stages m’ont permis d’acquérir une bonne base de connaissances techniques :

  • Le premier aux éditions Robert Laffont en service éditorial, où j’assurais le suivi éditorial de romans, avec une première expérience en service des manuscrits à la fin de mon stage.
  • En deuxième année, mon stage s’est déroulé au service éditorial des éditions InPress/Medline, spécialisées en livre universitaire sur la psychologie.

J’ai continué mes études vers une licence professionnelle métier de l’édition et commerce du livre spé livres numériques, en alternance aux éditions Magnard-Vuibert en service éditorial également. Ce fut une année riche d’apprentissages et de découvertes !

Je n’ai pas souhaité poursuivre vers un master après 3 années d’études archi spécialisées, j’ai préféré opter pour un DU de spécialisation littérature pour la jeunesse au pôle littéraire de l’université de Nanterre. Puis vers un DU étudiant-entrepreneur pour monter mon entreprise. Pendant mes dernières années d’étude, je travaillais comme lectrice pro externe pour le comité de lecture d’une grosse maison d’édition. J’étais accompagnée avec bienveillance par le responsable du service des manuscrits de cette maison d’édition qui reste un vrai mentor. Il m’a ouvert les portes de ce métier et m’a appris tout ce que je continue d’appliquer aujourd’hui au quotidien dans mon travail.

Lectrice professionnelle, c’est quoi au juste ?

Mon métier aujourd’hui est celui de lectrice professionnelle, une travailleuse de l’ombre pour certains comités de lecture, mais aussi pour des auteurs et autrices. J’interviens pour donner un premier avis professionnel sur leurs projets d’édition ou d’autoédition.

Je suis là pour lire des manuscrits et rédiger des dossiers de lecture critique. Je suis en quelque sorte l’œil de certaines maisons d’édition pour repérer ce qui a du potentiel et le premier filtre de certains manuscrits.

Les services proposés par Aude

Parle-nous de tes offres (c’est l’instant promo !).

Actuellement, j’ai principalement deux offres :

  • La lecture professionnelle de manuscrit a des délais d’attente sont assez longs (plusieurs mois pour obtenir un créneau)
  • Des rendez-vous d’accompagnement et de conseil pour les auteurs et autrices qui ont des questions spécifiques sur l’édition et l’autoédition.

En parallèle, je suis formatrice pour les agents de médiathèques sur certaines thématiques. Je suis régulièrement mandatée pour développer des formations professionnelles sur le livre en fonction des besoins.

À quelle(s) étape(s) interviens-tu sur les manuscrits des auteurs et autrices ?

J’interviens une fois que le projet est dans sa forme la plus aboutie, donc après les réécritures. Idéalement, je lis un manuscrit juste avant un potentiel envoi en maison d’édition et/ou un départ vers un canal d’autoédition.

Je ne travaille que sur des manuscrits terminés.

Quelle est la différence avec la bêta-lecture ? Avec un éditeur ?

Le bêta-lecteur est là pour guider les auteurs et autrices dans d’éventuels remaniements du texte, sur le rythme, les axes narratifs et autres détails très importants ! La bêta-lecture et la lecture pro sont très complémentaires. Je travaille souvent avec des collègues bêta-lecteur sur les mêmes manuscrits.

Le lecteur pro fait le dernier filtre. On est là pour juger ou non du potentiel du manuscrit en l’état, avec une vision technique d’une part, mais aussi une vision de marché. On est là pour « savoir ce qui peut fonctionner » et surtout à qui proposer le texte.

L’éditeur interviendra pour sublimer le texte une fois qu’un contrat est proposé. Il est là pour en tirer le meilleur, guider l’auteur ou l’autrice vers la plus belle version de ses écrits. C’est un rôle clé. Il coordonne également toutes les étapes de création de l’ouvrage du manuscrit au bon à tirer donc à l’impression. L’éditeur c’est un peu le chef d’orchestre.

Les conseils d’Aude aux auteurs et autrices pour communiquer

Quel est ton regard sur la façon dont communiquent les auteurs et autrices, notamment autoédités ?

De ce que je peux observer, il y a beaucoup d’efforts et une bonne compréhension de l’importance des réseaux sociaux dans la communication. Par contre, les auteurs n’ont pas forcément une bonne maîtrise des codes de ses dits réseaux. Il y a un réel besoin d’accompagnement sur ces questions de comm qui sont vraiment incontournables en autoédition !

À tes yeux, quelle est la clé pour bien communiquer en tant qu’auteur ou autrice ?

Comprendre que parler uniquement de son livre n’est pas suffisant ! Il faut parler de soi, de ses process, des backstage de l’écriture, de ses difficultés, montrer sa personnalité, oser s’assumer et assumer son positionnement.

Il faut rester soi-même et être capable de faire face à la critique même quand c’est difficile.

Un message à faire passer aux lecteurs du blog ?

Il ne faut pas se décourager. L’édition et l’autoédition sont des parcours difficiles, mais passionnants. Il ne faut pas faire les choses trop vite et savoir s’entourer de personnes capables de vous guider dans le process si nécessaire.

Ne pas essayer de tout gérer soi-même, c’est un peu la clé !

Où peut-on te contacter pour te soumettre un manuscrit ou te poser des questions ?

Sur mon site internet, il y a un formulaire de contact qui permet de m’envoyer une demande très facilement. Lors d’une demande de devis pour une lecture, je propose systématiquement un rendez-vous pour discuter avec l’auteur ou l’autrice et répondre à ses questions.

Un grand merci à Aude Berthelot d’avoir présenté son métier de lectrice pro et sa vision de la communication d’auteur. Si ce thème vous intéresse, abonnez-vous à la newsletter Comm’Un Roman. Tous les mercredis, je vous donne des conseils et des techniques pour vous faire connaître en tant qu’auteur ou autrice et promouvoir vos livres.

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3 réponses sur « Lectrice professionnelle, Aude partage son regard sur la comm des auteurs »

Cet article me glace le sang. Il montre vraiment l’emprise de la technique, de la mercatique et de leurs serviteurs sur tous les aspects de vie.

L’usage de mots comme « potentiel » (évidemment commercial), « vision technique » ou encore « vision de marché » dévoile que les autoproclamés lecteurs à coup sûr bêtas traitent un écrit comme un simple produit de consommation courante dont la qualité ne se juge pas mais se chiffre en terme de ventes à venir.

Vous ne pouvez maintenant plus douter que la « chaîne du livre » tue dans l’œuf la littérature et les idées. Le pire est en outre qu’un tel système à tuer la création soit promu par des écrivants – qui ne seront jamais écrivains.

Imaginez « Crime et châtiment » arrivant sur la table d’un « lecteur » pour le groupe Editis. Il est certain que le roman, expurgé et réécrit, finirait une fois défiguré chez 10/18 dans la collection « Grands détectives » avec, en quatrième de couverture, une phrase pour présenter son auteur comme le nouveau Boris Akounine.

Mais peu importe au final puisqu’il nous reste les morts.

Dans un sens, tu as raison : le livre est vu comme un produit, sur un marché, avec des clients.
Mais ça ne date pas d’aujourd’hui et les maisons d’éditions ne se sont jamais targuées d’être philanthropiques (sauf quelques exceptions). Donc cette « emprise » n’est pas nouvelle et elle fait même partie de la chaîne du livre depuis le début.
Il ne faut pas perdre de vue qu’un éditeur est une entreprise et, qu’à ce titre, son objectif est, si ce n’est de gagner de l’argent, au moins de ne pas en perdre en éditant un livre.
Un livre est pour l’éditeur un investissement sur lequel il parie et il place de l’argent. Heureusement, il reste encore quelques éditeurs qui parient sur des oeuvres en lesquelles ils croient, même s’ils prennent un risque financier.
Et ça a toujours été la vocation des maisons d’éditions, au détriment sans doute (et c’est regrettable, je suis d’accord) de la qualité intrinsèque du texte).
Aujourd’hui, « Crime et châtiment » ne serait peut-être pas édité de manière classique, c’est vrai. Mais il serait peut-être bien publié en auto-édition et c’est l’un des avantages de l’autoédition, d’ailleurs : pouvoir offrir au public des oeuvres qui ne sont pas commercialement intéressantes (et aussi beaucoup de choses nulles aussi, on est d’accord !).

Cette réflexion, ô combien perspicace de Arvo, devrait orienter les auteurs, vers l’autoédition. Ne perdez pas votre temps, et votre argent, à vouloir, à tout prix, déposer un tapuscrit. Concentrez vos forces, sur la création, la technique et le plaisir d’écrire. À bon entendeur, salut !

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