author with diary leaning on table at home

Écrire un roman : les 5 ingrédients du débutant

— Publié dans

À force de lire des romans, l’envie d’en écrire un soi-même pointe parfois le bout de son nez. Je crois sincèrement que tout le monde peut écrire un roman, n’en déplaise aux chantres de la littérature élitiste qui essaient de nous faire croire que seule une partie infime de la population en est capable. Après, la qualité sera forcément inégale, en fonction de l’expérience de l’écrivain. Mais même Flaubert a un jour été débutant, non ? Alors voici ma recette pour écrire un roman, avec les 5 ingrédients indispensables. Et parmi eux, pas de génie ou de talent : ça, c’est la cerise sur le gâteau, pas la base.

Ingrédient #1 : une idée

Pour écrire un roman, il faut d’abord avoir une idée originale et intéressante. Commencez par noter toutes les idées qui vous passent par la tête. Toutes ne pourront pas donner un roman : il faut creuser un peu plus.

L’idée provient souvent d’une thématique que vous avez envie d’aborder. C’est le message que vous souhaitez faire passer au lecteur, mais il n’a pas besoin d’être forcément philosophique ou engagé ! Votre message, ça peut simplement être un message d’espoir ou l’envie de divertir votre lecteur.

Il y a plusieurs manières d’exploiter son idée, en utilisant différentes méthodes (je donne quelques pistes dans l’article Trouver une idée de roman).

Dans tous les cas, avant de vous lancer dans l’écriture, vérifiez que votre idée débouche sur un concept solide et suffisamment dense pour tenir tout au long du roman. Sinon, faites-en une nouvelle !

Ingrédient #2 : une histoire

Un roman, c’est une histoire, avec avec un début, un milieu, une fin. Dans le jargon littéraire, on parle d’intrigue. C’est un des 5 ingrédients indispensables pour écrire un roman, car elle structure le récit en utilisant différents éléments et « passages obligés ». Une histoire commence par une situation initiale, qui est perturbée par quelque chose et dont la résolution amène vers le dénouement.

Tout l’art du romancier réside dans l’habileté à créer et maintenir une tension narrative suffisante pour emmener le lecteur du début du récit jusqu’à la fin.

Pour structurer votre intrigue, vous pouvez procéder ainsi :

  • commencez par identifier les grandes étapes de votre histoire (le début, l’élément perturbateur, les péripéties et le dénouement)
  • puis détaillez chaque étape en vous attardant sur la façon dont l’histoire passe de l’une à l’autre.

Ingrédient #3 : des personnages

Pour paraphraser Lionel Davoust dans son excellent essai Comment écrire de la fiction, « le personnage est le véhicule narratif par excellence ». C’est-à-dire que le personnage est le meilleur moyen de raconter une histoire. Parce que l’être humain s’intéresse à ce qui arrive à d’autres êtres humains (c’est ce qu’on appelle l’identification).

Je prend souvent comme exemple Le Seigneur des Anneaux : l’histoire est la destruction de l’anneau unique et son propriétaire maléfique, Sauron. Pour raconter cette histoire, Tolkien, l’auteur, utilise le personnage de Frodon (et tous ceux qui gravitent autour de lui). Si on n’avait pas ces personnages, on aurait simplement une chronique ou un récit de la destruction. Mais ce qui fonctionne, ici, c’est qu’on s’attache à Frodon suffisamment pour le suivre jusqu’à la fin de sa quête.

Donc, n’oubliez pas qu’un roman doit comporter des personnages*, qui doivent être bien développés et caractérisés pour n’être pas seulement des prétextes ou des êtres de papier.

*En réalité, il y a eu des tentatives pour écrire des romans sans personnages ou presque, mais ça n’a pas eu beaucoup de succès. C’est le courant littéraire du Nouveau Roman incarné par Michel Butor, dans lequel les personnages sont très flous et où on met l’accent sur le récit.

Ingrédient #4 : des lieux

En dramaturgie, on parle d’arène et cela regroupe tous les lieux et les éléments de décors dans lequel se déroule l’histoire. Il y a des arènes très importantes (comme l’île de Bréhat dans mon roman Oraison pour une île, par exemple, ou encore le lac de Guerlédan). L’arène est aussi très importante dans les littératures de l’imaginaire (SF, fantasy, fantastique).

Dans d’autres romans, les lieux sont plus secondaires, mais ils donnent de la profondeur et de la crédibilité au récit. Ils permettent de donner une ambiance et d’immerger le lecteur dans votre histoire à travers les descriptions. Faites voyager vos lecteurs, en utilisant tous les sens (goût, odorat, ouïe, vue, toucher).

Ingrédient #5 : de la persévérance

Maintenant que vous avez votre concept, vos personnages, votre arène et votre intrigue, il est temps de passer à l’action ! Pour écrire un roman, il faut… écrire.

Essayez d’écrire régulièrement, même si ce n’est pas tous les jours. L’important est de faire de l’écriture une habitude. Vous pouvez utiliser différentes méthodes pour vous organiser afin de planifier votre écriture et vous pouvez découvrir aussi mes astuces pour rester motivé tout au long de l’écriture.

Mais il vous faudra surtout de la persévérance. Écrire un roman est un travail de longue haleine (et j’insiste sur le mot travail). Ceux qui ont du talent ou sont des génies iront simplement plus vite et écriront plus facilement. Ne baissez pas les bras et allez au bout de votre roman. Le premier est rarement bon, mais il a le goût inénarrable des premières fois.

La recette pour écrire un roman consiste à prendre ces 5 ingrédients et de trouver le subtil équilibre pour les associer. Ensuite, ne croyez pas que le travail s’arrête après le premier jet ou le brouillon. Il faut relire, corriger, relire encore une fois, corriger de nouveau… C’est pour ça que la persévérance est une qualité plus indispensable que le talent pour réussir !

📌Ce billet vous a plu ? Enregistrez-le sur Pinterest pour plus tard !📌