Comment savoir si mon roman est fini ?

L’autre jour, j’échangeais avec un auteur qui terminait les corrections de son premier roman. Il se demandait à partir de quel moment on savait que le livre était terminé, c’est-à-dire prêt à être publié. C’est une question intéressante et j’avais envie de développer avec vous la réponse que je lui ai faite. Comment sait-on qu’on a fini son roman ? Quels critères permettent de dire qu’il est prêt à être publié ou à être envoyé à un éditeur ?

En soi, un roman n’est jamais fini d’écrire

Ne vous découragez pas tout de suite, je m’explique 😁. L’écriture d’un roman, en soi, n’est jamais terminée. On pourrait toujours améliorer, fignoler, sublimer. J’ai quelques romans que je pourrais très bien reprendre, aujourd’hui, pour améliorer le style ou l’histoire.

L’auteur peut revenir sur son roman, même après la publication. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait avec Petite mouette. J’ai publié une première version assez courte en auto-édition en 2019 et, sur les conseils de mon agente littéraire, j’ai repris le roman en 2020. Je l’ai étoffé, retravaillé l’intrigue et les personnages secondaires. L’objectif était de lui donner plus d’épaisseur (au propre comme au figuré !).

petite mouette roman Lynda Guillemaud
Petite Mouette, mon 3e roman, entièrement réécrit après une première publication.

La publication d’un roman ne veut donc pas forcément dire qu’il est « fini » ou figé. D’ailleurs, certains romans auto-édités ne sont visiblement pas assez travaillés (et c’est bien dommage).

C’est à l’auteur·ice de décider si son roman est fini

La décision de mettre le point final à son roman revient à l’auteur ou l’autrice, uniquement. Un éditeur, des bêta-lecteurs, un agent peut l’aider à avoir un avis… mais c’est lui qui donne le feu vert.

Finir un roman, ça veut dire qu’on n’y revient plus. Vous l’avez lu, relu, corrigé, évalué… Le premier indice, c’est que, bien souvent, le roman me sort par les yeux et j’ai hâte de passer au suivant. C’est le cas actuellement avec Roman 8, même si j’aime beaucoup ce que j’ai fait, j’ai envie d’attaquer le n°9.

Néanmoins, hors de question de bâcler les finitions. Je n’aurais véritablement terminé mon livre que quand :

  • J’aurais fait les corrections sur le fond et sur le style jusqu’à la fin.
  • J’aurais fait une relecture finale pour les fautes et la typographie.
  • Le livre aura une couverture, un résumé et un titre.
  • Les fichiers seront formatés pour être publiés en papier et en numérique.

Là seulement, mon roman est fini !

Un autre indice est presque infaillible. Je considère que j’ai fini un roman lorsque j’ai été au bout de ce que je pouvais faire avec cette histoire et ces personnages et que la seule façon de faire beaucoup mieux serait de TOUT reprendre à zéro.

Savoir passer à autre chose

C’est ce qui m’est arrivé avec Les Ombres de Brocéliande, mon quatrième roman. Je l’ai publié tel qu’il était terminé, à mon sens. Pourtant, le retour d’un bêta-lecteur (lui aussi écrivain) m’a fait tout remettre en question à quelques semaines de la publication. En réalité, il avait mis le doigt sur ce qui péchait et que je n’arrivais moi-même pas à identifier. Il estimait que le roman aurait sans doute été bien meilleur en l’écrivant autrement (je vous passe les détails techniques où il est question de narration et de point de vue, essentiellement !). Et il avait raison.

J’ai hésité longuement à publier mon livre en connaissant ces imperfections. Vous savez, c’est comme quand vous savez que votre pull a une toute petite tache : vous êtes persuadé que tout le monde ne voit que ça. Ce bêta-lecteur pensait que mon roman fonctionnerait quand même, parce qu’il répondait aux codes du genre et qu’il était bien écrit. Les lecteurs ne se rendraient même pas compte de ce qui clochait. L’expérience montre qu’il avait raison (là aussi) : c’est mon roman contemporain qui marche le mieux.

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Savoir passer à un autre livre, c’est important pour progresser (photo Karolina Grabowska/Pexels)

Bien sûr, je ne dis pas qu’il faut publier un livre à l’intrigue bancale ou aux personnages bâclés. Seulement, il faut savoir s’arrêter à un moment, car sinon on va s’épuiser. Il faut passer à autre chose. Ce roman sera peut-être juste « passable », mais il est fini. On fera mieux sur le prochain et c’est comme ça qu’on avance.

L’auteur·ice est bien souvent son pire éditeur·ice. Alors faites confiance à votre instinct et lancez-vous. Quelles sont vos astuces pour savoir quand vous avez terminé l’écriture de votre roman ?

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