Le marché éditorial de la romance

Le marché éditorial de la romance

Pour changer de l’avalanche des offres au goût plus ou moins douteux à l’occasion de la Saint-Valentin, je vous propose un tour d’horizon du marché éditorial de la romance en 2020, côté livres évidemment.

Fait étrange, les infos sur la romance sont peu nombreuses et on les trouve plutôt sur les sites… étrangers ! Pas si étonnant quand on sait que la romance a mauvaise presse sur notre territoire. Souvent considérée comme un sous-genre de la littérature. Roman populaire, roman de gare, roman à l’eau de rose, les appellations ne manquent pas pour qualifier ce genre qui, pourtant, draine des millions de lecteurs.

Un peu d’histoire

Aux origines du genre

La romance est née au XIXe siècle, sous la plume de… Jane Austen, avec Orgueils et préjugés (loin d’être de la sous-littérature, vous en conviendrez !). Elle avait été précédée en 1740 par Samuel Richardson (Pamela ou la vertu récompensée qui était une romance épistolaire). Dans les années 1920, Georgette Heyer lance la première romance historique, The Black Moth.

Des romans de la collection « Les Historiques » chez Harlequin.

La naissance du roman sériel

Dans les années 1930, Mills & Boon, se met à vendre chaque semaine des romances à deux pences dans les librairies britanniques, puis chez les marchands de journaux. La romance sérielle était née. En 1957, la société canadienne Harlequin reprend la diffusion en Amérique des livres de Mills & Boon, qu’elle rachète en 1971. Harlequin décide alors de vendre ses romances dans les supermarchés, là où se trouve son lectorat principal : les femmes. Il lance aussi la vente par correspondance sur abonnement.

En 1972 paraît la première romance dite moderne, écrite par Kathleen Woodiwiss, Quand l’ouragan s’apaise. Cette romance historique, publiée directement en poche, connaît un succès phénoménal (2,35 millions d’exemplaires). La romance moderne connait son âge d’or et de nombreuses collections et maisons d’édition voient le jour (Harlequin, Dell, Silhouette…). Mais au milieu des années 1980, le marché est saturé et le genre peine à se renouveler.

Le renouveau grâce à la romance érotique

À partir de 1985, les éditeurs essaient alors de repousser les limites : en modernisant les relations amoureuses, les lieux, en sortant (un peu) des stéréotypes de la femme douce et soumise et du héros dominateur et viril. Les éditeurs s’adaptent de plus en plus aux évolutions des mœurs et de la société. Dans les années 2000, avec le succès des romances érotiques (Fifty shades of Grey), le genre connait un nouvel essor.

C’est quoi une romance ?

Sans grande surprise, la romance raconte l’histoire d’amour entre deux personnes, souvent la naissance de cet amour et son évolution. La fin est toujours heureuse. Même s’il y a des intrigues secondaires, le thème central est la relation entre les deux héros.

Une femme, un homme… chabada… 🙂 (photo pixel2013 sur Pixabay).

On distingue deux grandes catégories :

  • Les romans sériels (catégory romance) : assez courts (200 à 300 pages), ils sont publiés dans des collections bien identifiées, par série (d’où leur nom) à la durée de vie très courte (un mois). C’est là qu’on retrouve les collections Harlequin et J’ai Lu, les ténors du genre.
  • Les romans de littérature générale (single-title romance) sont plus longs (350 à 400 pages) et n’appartiennent pas à une collection particulière. Ils peuvent comprendre plusieurs tomes et former une saga, avec des personnages récurrents. On retrouve dans cette catégorie des éditeurs plus récents comme Hugo & Cie, Charleston…

Un secteur florissant…

En 2016, l’institut GfK estimait le marché de la romance à 58,2 millions d’euros. Le leader Harlequin détient 80% des parts de marché et publie 700 titres par an. En 2017, le blog lesromantiques.com révèle que près de 300 romans sentimentaux ou érotiques étaient sortis entre octobre et juin, pour 581 romans au total, soit presque la moitié. Le secteur est donc très dynamique, surtout depuis l’essor de la romance érotique et de ses dérivés (new romance, new adult). Ces collections décomplexées donnent une nouvelle jeunesse au genre.

Contrairement à ce qu’on pense, la lectrice de la romance aujourd’hui a entre 18 et 35 ans. Souvent, cette lectrice lit de tout et pas seulement de la romance. Fait nouveau, rapporte Babelio dans son enquête en 2016, la lectrice du 21e siècle assume pleinement le fait de lire de la romance.

… mais encore méprisé

Pourtant porteur, le genre continue d’être méprisé par les professionnels du livre, les médias et toute une partie du lectorat (dont la plupart n’ont jamais lu une seule romance de leur vie !).

On reproche aux romances :

  • le manque de suspense (puisque le happy end est obligatoire) ;
  • le fait de colporter des clichés voire d’être sexistes (ce qui est de moins en moins vrai) ;
  • d’imposer une image faussée de la réalité (mais n’est-ce pas le propre de la plupart des romans ?).

Peu à peu, la romance gagne ses lettres de noblesse. Preuve en est, les universitaires commencent (enfin) à s’y intéresser, au même titre que d’autres cultures dites populaires.

Pour ma part, j’avoue avoir hésité un peu avant d’accepter d’écrire pour Harlequin. J’avais déjà lu quelques titres dans ma jeunesse et c’est vrai qu’aucun ne m’a laissé un souvenir impérissable. Je pensais que la rédaction serait aisée, mais j’ai été agréablement surprise par l’exigence de la collection.

On m’a demandé non seulement d’écrire dans un registre de vocabulaire soutenu, mais également de porter une grande attention à la cohérence historique (et ça, ça me va bien !). C’est une école intéressante et une expérience supplémentaire pour progresser encore dans mon écriture.

Et vous, vous lisez de la romance ? Qu’en pensez-vous ? Parlons-en en commentaire 🙂

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