La petite histoire du Vent des Lumières

Mon premier roman historique Le Vent des Lumières sera en vente éclair sur Amazon le mardi 3 mars. Le format numérique sera à tout petit prix pendant 24h : 0,99 € au lieu de 3,99 €. À cette occasion, j’avais envie de revenir sur l’histoire de ce roman, mon premier auto-publié, mais aussi mon premier édité, mais pas mon premier écrit !

L’histoire commence au siècle dernier…

Oui, oui, vous avez bien lu : au siècle dernier ! Le personnage d’Éléonore est né dans les années 1990. J’avais 14 ou 15 ans, j’aimais déjà écrire et l’Histoire était déjà ma matière préférée à l’école (merci Janine !). A l’occasion d’une énième rediffusion à la télé, je découvre la série des Angélique par Bernard Borderie. Forcément, je kiffe Michèle Mercier et Robert Hossein, les décors, les costumes, les bateaux, les chevauchées, l’histoire d’amour, le scénario, en passant complètement à côté du côté kitsch des films (je suis une ado des années 90, hein !). J’aime tellement que 5 films c’est beaucoup trop court pour moi, je me plonge donc dans les romans d’Anne et Serge Golon.

Angélique et le roy 10 films qui m'ont marquée Lynda Guillemaud romancière
Angélique et le Roy, film de Bernard Borderie (1966), mon préféré de la série.

J’ai dévoré la saga (en 13 volumes) en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et découvert le XVIIe siècle et le règne de Louis XIV aussi sûrement que si j’y avais vécu. Le déclic se fait : je prends la plume et commence à écrire moi aussi les aventures amoureuses d’une jeune fille bretonne mariée contre son gré à un riche seigneur. Je suis dans la fan fiction la plus totale sans le savoir 🙂 . Mon idée, déjà, est de faire comme Anne Golon et faire revivre la grande Histoire à travers la petite histoire d’un personnage fictif confronté aux grands événements de son siècle.

Le choix du 18ème siècle

La toute première version se passait elle aussi au XVIIe siècle, mais rapidement je me heurte au risque de mimétisme, voire de plagiat, notamment à cause du Roi-Soleil, figure historique incontournable que mon héroïne doit forcément côtoyer. Je décide donc de choisir une autre époque historique. Je ne sais plus comment j’en suis arrivée à la fin du XVIIIe siècle, mais peut-être bien parce que que j’étais sûre qu’avec Louis XVI il n’y avait aucune histoire d’amour possible ! 😀

Plus sérieusement, les fictions télévisées historiques étaient très à la mode dans les années 1990, notamment tournées par la réalisatrice Marion Sarraut. Je m’enthousiasme pour la série Le Gerfaut, puis La Comtesse de Charny. Toutes deux se passent au moment de la Révolution française et sont des adaptations de romans (Le Gerfaut des Brumes de Juliette Benzoni pour la première et du quatrième volume des Mémoires d’un médecin d’Alexandre Dumas père pour la seconde). Mon personnage d’Olivier sera d’ailleurs très directement inspiré de celui d’Olivier de Charny.

La comtesse de Charny et son mari dans le téléfilm de Marion Sarraut, qui m’a inspiré Olivier de La Ferrière.

Me voilà donc partie dans l’écriture de ce qui sera Le Vent des Lumières. J’ai vingt ans, j’étoffe mon scénario, je suis en fac d’histoire à Rennes et passe plus de temps à la bibliothèque universitaire à compulser des ouvrages de référence sur les Lumières qu’à potasser mes cours ! Internet n’en était qu’à ses balbutiements alors et je prenais toutes mes notes à partir de livres, voire d’obscures thèses de doctorat sur Bordeaux ou les Antilles.

Un roman qui a failli n’être jamais terminé

Début 2000, j’ai écrit environ les deux tiers de mon roman, puis la vie reprend ses droits, je laisse de côté l’écriture pour travailler, faire des enfants, m’installer. Je continue d’écrire mais en dilettante, en m’efforçant de terminer ce roman qui promet d’être aussi long que la guerre de Cent ans !

Je traverse surtout une période creuse : j’ai du mal à avancer, je manque de retour sur mon écriture et j’ai l’impression de stagner. Surtout, mon syndrome de l’imposteur envahit tout l’espace disponible après le retour très négatif, bien que bienveillant, d’un lecteur de maison d’édition rencontré sur un forum. Mon histoire n’est pas crédible, la réalité historique trop édulcorée, le scénario est parfois bancal… Je range Éléonore dans un tiroir et passe à autre chose. Enfin j’essaie.

Mes notes pour l’écriture du Vent des Lumières.

C’est sur un autre forum d’écriture qu’elle renaît, vers 2012. Suivant l’habitude du lieu, j’y publie, sous forme d’épisodes plus ou moins quotidiens, les premiers chapitres du Vent des Lumières. Un peu pour voir et avoir d’autres avis sur ma prose, en m’attendant à avoir le même type de retour négatif. Que nenni : Éléonore, au fil des pages, plait, et même plait beaucoup. On me réclame la suite, je publie les chapitres suivants. Mes lecteurs, même s’ils ne sont pas nombreux (quelques dizaines) sont dithyrambiques, jusqu’à un prof d’histoire, lui-même écrivain, qui m’adresse ses plus chaleureuses félicitations et ses plus vifs encouragements (il deviendra plus tard mon bêta-lecteur référent historique, en plus d’être un ami).

Forcée à finir 🙂

Jusqu’au jour où je publie sur le forum le dernier chapitre écrit de mon roman… mais qui est loin d’en être la fin. Consternation dans l’assistance : mes lecteurs veulent absolument savoir la fin des aventures d’Éléonore. D’accord, mais j’ai un gros problème : non seulement elle n’est pas écrite, mais surtout je ne sais même pas moi-même encore comme ça va se terminer ! Je décide alors de me replonger dans l’écriture, mais difficile de reprendre un roman qu’on a abandonné depuis plusieurs années.

L’hôtel de Béthune-Sully, où je vais poser les valises d’Éléonore à Paris.

Début 2014, l’aventure du Mooc Draftquest, un atelier d’écriture en ligne pour écrire son premier roman, tombe à pic. Grâce à David Meulemans et entourée des autres écrivains en herbe de l’atelier, je remets le pied à l’étrier (et replonge la plume dans l’encrier !). Je réinterroge mon synopsis, réécrit certains passages, finalise le scénario de la fin du roman et passe à l’écriture. Entre temps, je soumets mon manuscrit non terminé (puisque c’était possible) au concours organisé par Draftquest en partenariat avec Librinova. À la clé, pour le premier prix une publication dans la maison d’édition gérée par le créateur de Draftquest, Aux Forges de Vulcain, et un pack d’auto-édition chez Librinova pour les 4 prix suivants. ça vaut le coup de tenter, même si je me dis que je n’ai aucune chance avec mon gros pavé même pas fini.

Juin 2014. Le verdict tombe : contre toute attente (mais surtout la mienne), mon roman gagne le 2e prix du concours. Je passe à côté de l’édition en maison (mais surtout parce qu’elle ne publie pas de romans historiques), mais le jury a adoré mon Éléonore ! Là, je n’ai plus le choix : il faut que je termine ce satané roman pour pouvoir l’autopublier.

Éléonore arrive en librairie !

Cela me prendra encore un an. En août 2015, Le Vent des Lumières parait enfin en auto-édition, plus de vingt-cinq ans après avoir été commencé. Les ventes sont d’abord très timides, mais je ne m’attends pas à faire un best-seller. Fin novembre 2015, en tant que lauréate du prix, Librinova m’obtient une mise en avant sur Amazon pour une journée (une « offre éclair »). Je me souviens avoir dit à Charlotte, la directrice de Librinova : « Si je dépasse les dix exemplaires vendus, ça m’ira très bien ». Lors de la vente flash, je vends plus de 600 ebooks en une seule journée et Le Vent des Lumières atteint la barre des 1000 exemplaires avant la fin de l’année 2015.

Meilleure vente fin 2015.

Je rentre alors dans le programme agent littéraire de Librinova, grâce auquel Andrea va démarcher les éditeurs pour mon compte. Le secteur du roman historique est quelque peu bouché et les négociations sont longues. En 2017, enfin, bonne nouvelle : le directeur de City Editions a lu mon livre et il adore. Le contrat est signé, je n’en reviens pas, mon roman va reparaître chez un éditeur, un vrai, il va être distribué en librairie ! Mon syndrome de l’imposteur s’aménage un petit cabanon dans le jardin, il en a pour quelques années. Grâce à City, mon livre va être en librairie pendant quelques semaines et je vais même faire une séance de dédicaces chez Cultura, comme les vrais écrivains. En tout, je vendrais avec City un gros millier d’exemplaires brochés du livre, avant de reprendre mes droits en 2019 afin de continuer à les exploiter moi-même en auto-édition.

Le Vent des Lumières en librairie ! (photo Librinova).

Au total, à ce jour, j’ai vendu près de 4000 exemplaires de ce roman (numérique et papier) et il continue à se vendre. Les retours des lecteurs sont quasiment tous positifs (il y a toujours des gens à qui ça ne plait pas, normal) : on aime Éléonore, mais surtout on me réclame une suite. Moi qui n’avait pas vraiment envisagé de donner une suite aux aventures de mon aristocrate, me voilà à réfléchir à ce qui pourrait lui arriver pendant la Révolution... Mais ça, c’est l’histoire du Sang des Lumières !

N’oubliez pas : si vous avez envie de découvrir Le Vent des Lumières, profitez de l’offre éclair le mardi 3 mars toute la journée !

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