Écrire sur commande : qu’est-ce que ça change ?

Le roman que je suis en train d’écrire (ou plutôt de corriger) en ce moment est un peu particulier. Il s’agit en effet d’une commande d’un éditeur. Qu’est-ce que ça veut dire réellement ? Est-ce que ça change quelque chose dans l’écriture ? Est-ce que l’auteur vend son âme au diable en écrivant sur commande ?

Dans le processus traditionnel de l’édition, l’auteur·trice écrit un manuscrit, le peaufine, le corrige et le soumet à un ou plusieurs éditeurs. Dans le meilleurs des cas, l’un d’entre eux dit « banco » et le manuscrit poursuit sa route entre les mains des équipes de l’éditeur : corrections éditoriales, corrections orthotypographiques, mise en page, etc.

Écrire sur commande, ça veut dire quoi ?

Parfois, il arrive qu’un éditeur soit séduit par la plume d’un auteur, mais que l’histoire ou le thème du manuscrit ne rentre pas dans la ligne éditoriale de sa maison. C’est ce qui s’est passé avec un éditeur qui avait aimé Les Ombres de Brocéliande, mais qui était gêné par le léger côté fantastique du roman. On m’a alors proposé de soumettre le synopsis d’un nouveau roman qui serait plus en phase avec la ligne de l’éditeur. Ce scénario n’a pas convaincu non plus (mais ce sera mon roman #7 en auto-édition !), mais j’ai proposé une nouvelle idée (ce sera peut-être roman #8) qui avait l’air plus porteuse. Rendez-vous est donc pris lorsque je commencerais à travailler sur cette nouvelle idée (sans doute pas avant 2021 !).

Quelquefois, ça ne marche pas, mais d’autres fois, ça fonctionne ! Dans le cas de ma collaboration avec Harlequin, c’est mon agent littéraire qui m’a mise en contact avec une des éditrices de la maison. Elle avait lu Le Sang des Lumières et ma plume lui plaisait, mais le roman ne correspondait pas à la ligne éditoriale. Elle m’a donc proposé d’écrire un roman complètement nouveau destiné à intégrer une toute nouvelle collection de romance historique. Je me suis dit « pourquoi pas ? ».

Quelles sont les étapes de l’écriture sur commande ?

D’abord, j’ai pris connaissance de la ligne éditoriale de la maison d’édition dans sa globalité, puis de la nouvelle collection en question. Puis j’ai lu le guide d’écriture qui pose les attentes des éditeurs en fonction du lectorat ciblé et détaille les codes de la collection (par exemple, la présence d’un happy end obligatoire). J’ai eu aussi un manuscrit à lire, pour voir concrètement ce qui était attendu en termes d’histoire, de vocabulaire, de scénario, de personnages…

Ensuite, j’ai proposé un synopsis à l’éditrice : c’est-à-dire un résumé complet de mon histoire, les grands rebondissements, les évolutions des personnages, etc. Ce n’était pas évident pour une archinière comme moi qui fait des plans assez vagues et qui se laisse porter par l’histoire et les personnages (d’ailleurs, certains aspects de mon synopsis ont changé en cours de route !). Mais cette étape permet à l’éditeur d’être sûr que l’histoire qui va être écrite correspond à ses attentes.

Une fois que l’éditrice a validé le synopsis, c’est parti : on signe le contrat et je me suis mise à écrire, en respectant les codes et les attentes de la collection. C’est là que les choses sont le plus différentes avec l’écriture classique d’un manuscrit.

Est-ce que ça change quelque chose ?

Oui et non. Ce qui change beaucoup, c’est qu’on doit toujours avoir à l’esprit qu’on écrit pour un lectorat bien particulier. En l’occurrence, les lecteurs de la collection Historique d’Harlequin sont des lectrices qui attendent non seulement une histoire d’amour, mais surtout une certaine crédibilité historique (eh oui ! j’en ai été la première surprise). J’ai donc dû beaucoup me documenter, notamment sur les us et les coutumes de l’époque, afin de rendre une atmosphère crédible. Comme dit mon éditrice, il faut « donner à voir » afin de favoriser l’immersion des lectrices dans l’histoire.

Ce qui ne change pas, c’est que je reste l’autrice de mon roman. J’ai élaboré mon scénario, de telle manière qu’il réponde à la demande certes, mais c’est mon scénario. Ce sont mes personnages, ma façon de raconter, etc. L’éditrice apporte ses suggestions, fait des remarques et me dit là où ça ne convient pas à l’esprit de la collection, mais c’est à moi qu’il revient de rectifier le tir. En ce sens, on reste relativement libre, loin du cliché du romancier qui écrit sous la dictée de l’éditeur.

Écrire un roman sur commande n’est donc pas une hérésie. Non, on ne vend pas son âme au diable ! C’est une expérience formatrice aussi, car elle apprend à écrire avec des contraintes, qu’il faut prendre comme un cadre et non comme un carcan. Avez-vous déjà écrit un texte sur commande ? Comment l’avez-vous vécu ? Dites-moi tout en commentaires !

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