Travailler une idée de roman (2) : développer son idée

Travailler une idée de roman (2) : développer son idée

Je continue ma série entamée la semaine dernière : travailler une idée de roman. Vous avez trouvé l’idée que vous aviez envie de travailler, soit à partir d’un lieu, d’un personnage, d’un thème… Il est temps maintenant de développer cette idée, d’aller plus loin.

En ce qui me concerne, je n’ai pas toujours travaillé mes idées de romans de manière aussi planifiée : n’ayez donc pas peur en lisant ce billet si vous vous dites que c’est trop contraignant. J’ai commencé des romans en partant directement dans la rédaction, parce que l’idée m’inspirait vraiment. Parfois, il faut savoir foncer. Mais d’autres fois, il faut savoir se poser pour ne pas se disperser (et surtout s’essouffler ou se décourager).

Il y a plusieurs manières de développer une idée de roman. Je vous invite à lire cet article du blog Mécanismes d’Histoires qui donne aussi quelques pistes pour développer une idée.

Développer son idée à partir d’un canevas

Si vous êtes débutant ou que vous avez besoin d’un cadre plus ou moins précis pour vous lancer, les canevas sont tout indiqués pour démarrer. Cela peut être sécurisant de suivre une méthode pas à pas. Je ne vais pas les détailler, car il y a de nombreux sites qui le font très bien, mais voici les deux canevas ou méthodes les plus utilisés.

La méthode flocon

Cette méthode très connue des écrivains consiste à déployer son idée au fur et à mesure, par ramifications, à l’image du flocon de neige formé de multiples fractales. La méthode flocon va partir de votre idée générale, puis vous allez creuser de plus en plus en étoffant chaque branche de votre idée. Elle se découpe en 8 étapes :

  1. résumer l’histoire en 1 phrase ;
  2. résumer l’histoire complète en 5 phrases ;
  3. lister les personnages et les lieux ;
  4. reprendre chacune des 5 phrases de l’étape 2 et les développer chacune en 1 paragraphe (synopsis de travail) ;
  5. développer chaque personnage (biographie, caractéristiques…) ;
  6. reprendre les 5 paragraphes de l’étape 4 et les développer chacun sur 4-5 pages pour avoir le synopsis complet ;
  7. écrire les fiches détaillées de chaque personnage ;
  8. élaborer le plan.

Pour plus de détails, le blog de Scribbook propose à la fois un résumé synthétique de la méthode et surtout un canevas prêt à remplir sur son studio d’écriture en ligne. C’est très pratique si vous avez envie de tester cette technique. Le site Espaces Comprises a élaboré quant à lui un pas-à-pas très détaillé, commenté et illustré par des exemples.

Le canevas Scribbook de la méthode flocon : un excellent moyen de commencer !

J’ai déjà utilisé cette méthode, mais pas jusqu’au bout (c’est peut-être un tort). En fait, je me suis arrêtée car le travail que j’avais effectué m’a suffit pour démarrer la rédaction. Mais l’idéal est bien sûr de la mener jusqu’à la fin. Elle vous conviendra bien si vous avez besoin d’écrire à partir d’un plan très précis. Par contre si vous êtes du genre jardinier, elle risque de vous paralyser.

Le voyage du héros

Cette méthode a été élaborée par Christophe Vogler, à partir d’un concept établi par Joseph Campbell et qui structure les histoires en 12 étapes. On retrouve ce schéma narratif dans bon nombre de romans et de films, notamment initiatiques (comme Harry Potter ou Star Wars). Chacune des étapes est une « marche »qui permet de franchir un palier :

Représentation graphique du voyage du héros (source).
  1. Monde ordinaire
  2. Appel à l’aventure
  3. Refus de l’appel (le héros hésite à se lancer)
  4. Rencontre du mentor
  5. Passage du seuil
  6. Tests, alliés et ennemis
  7. L’approche de la cave secrète
  8. Ordalie centrale, Mi-chemin, Mort et Renaissance
  9. Récompense
  10. Route du retour
  11. Renaissance
  12. Retour avec l’élixir

Je ne détaille pas les différentes étapes car elles sont très bien expliquées sur le Wiki Draftquest par exemple. Le site de l’Écrivain Alchimiste met en garde aussi sur cette méthode, parfois présentée comme étant incontournable alors qu’elle n’est qu’une manière de structurer parmi d’autres.

Personnellement, je ne l’ai jamais appliquée, car je ne m’y retrouve pas forcément. Elle est sans doute plus indiquée si vous écrivez de la fantasy ou des romans épiques, quoique Vogler considère qu’elle s’applique aussi à des romances ou à des policiers. En revanche, connaître les différentes étapes peut donner aussi des idées de rebondissements, lorsqu’on sèche un peu.

Développer son idée à partir d’un élément de l’histoire

Cette méthode est beaucoup moins codifiée et donc peut-être moins indiquée si vous débutez. Elle est même très empirique. Il s’agit de prendre un élément de votre idée et de travailler dessus pour faire surgir l’histoire.

Choisir un élément à travailler

Par exemple, pour mon roman #7, je suis partie sur une romance historique avec un ancrage local. J’avais donc déjà le genre de mon roman (une histoire d’amour) et deux « contraintes » : un ancrage local et une période historique.

Pour l’histoire d’amour en elle-même, j’avais une vague idée de point de départ, mais qui nécessitait de développer les tenants et les aboutissants : résumée comme ça, mon histoire pouvait se passer n’importe où et n’importe quand. Je me suis donc servie de l’ancrage local et historique pour étoffer mon histoire d’amour. J’avais envie depuis de nombreuses années d’écrire une histoire qui se passerait dans Bretagne médiévale, je me suis donc orientée là-dessus.

Cette image vous a beaucoup fait réfléchir sur les réseaux ! 🙂 Elle m’a inspirée mon héroïne pour le roman #7.

Faire des recherches et tester

J’ai replongé dans mes cours d’histoire de la Bretagne à la recherche d’un épisode suffisamment intéressant pour servir de base historique à ma romance. En effet, il fallait que je puisse mettre en scène les amours contrariées des héros, mon idée était donc de trouver une période un peu troublée. J’ai affiné ainsi la temporalité de mon roman aux années 1350, date à laquelle la Bretagne était en proie à une guerre de succession entre les deux prétendants au duché, l’un soutenu par le roi d’Angleterre et l’autre par le roi de France (eh oui, on est en plus en pleine guerre de Cent Ans !).

A partir de là, j’ai pris mes petits papiers pour agencer les différentes étapes de mon histoire (je vous renvoie à ce billet pour découvrir la méthode des post-it). Je vous rassure, je n’y suis pas arrivée tout de suite ! Après quelques ajustements, j’ai pu écrire mon synopsis détaillé. Mais ça, on en parlera une autre fois !

Il faut bien garder en tête que tout ce travail ne se fait pas en deux heures ni même en deux jours. Il y a tout un temps de maturation et de réflexion pendant lequel votre idée va mariner. Et il faut la laisser mariner. C’est grâce à ça que des pistes vont s’ouvrir, des développements vont surgir.

Et vous, comment faites-vous pour travailler sur une idée ? Si vous avez déjà utilisé la méthode du flocon ou le voyage du héros, est-ce que ça vous a aidé ou pas ?

Une réponse

  1. […] une idée assez précise des différents rebondissements. Souvenez-vous, je les ai mis en place dans l’étape 2 à l’aide de la méthode des post-it. Il a été ensuite relativement facile de rédiger mon scénario : j’ai simplement repris […]

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