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Découvrez le titre et la couverture de ma romance historique

Cela ne vous aura pas échappé si vous êtes des fidèles de mon blog et de mes réseaux : mon prochain roman, jusqu’à présent appelé Roman 6, a un nom et une couverture ! Les deux ont été concoctés par mon éditeur, Harlequin, pour leur nouvelle collection de romances historiques Aliénor. Rendez-vous le 1er novembre pour la sortie officielle. En attendant, je vous en dis plus sur ce livre.

Je me suis amusée à dévoiler petit morceau par petit morceau la couverture (et donc le titre) cette semaine sur mes réseaux. La romance historique que j’ai écrite pour la nouvelle collection d’Harlequin Aliénor s’appelle donc…

L’alliance de Penthièvre

L'alliance de penthièvre romance historique harlequin aliénor
L’alliance de Penthièvre, mon prochain roman à paraître chez Harlequin.

J’espère que ce titre et cette couverture vous plaisent ! Pour ma part, je trouve qu’ils collent très bien à l’univers que j’ai créé pour ce roman. Pour vous expliquer le pourquoi du titre, il s’agit d’un mariage au cœur de l’histoire de la Bretagne médiévale à un moment charnière (la guerre de succession).

À cette époque, la duchesse de Bretagne ne s’appelait pas Anne, mais Jeanne de Penthièvre. Le Penthièvre est un des anciens « pays » du duché de Bretagne et s’étend sur la région de Saint-Brieuc, entre les pays de Saint-Malo et le Goëlo. L’héroïne, Pénélope de Porléac, est la cousine et pupille de la duchesse ; son avenir va se jouer sur un mariage qu’elle n’a pas choisi.

carte pays bretagne duché romance historique
Les « pays » au temps du duché de Bretagne (avec la Loire-Atlantique, donc… 😁).

En ce qui concerne la couverture, elle a été concoctée par mon éditeur et je trouve qu’elle reflète tout à fait le tempérament de mon héroïne, Pénélope. La photo me fait un peu penser au personnage de Rebelle et c’est plutôt heureux, car Pénélope n’est pas le genre de fille qui s’en laisse compter !

La collection Aliénor d’Harlequin

La référence au Penthièvre répond au souhait de l’éditeur d’évoquer dans le titre un ancrage territorial pour être dans l’esprit de la collection. Baptisée Aliénor, cette nouvelle collection créée en 2019 par Harlequin, donc, veut proposer aux lectrices des romances historiques françaises, écrites par des auteurs français et se déroulant en France.

Aliénor Harlequin romance historique française

Jusqu’à présent, les intrigues des romances historiques d’Harlequin se passaient en Angleterre, en Écosse ou aux États-Unis. Là, il s’agit d’ancrer les faits dans les régions de France, en mettant en valeur les coutumes, les paysages, mais aussi le patrimoine et l’histoire locale.

Enfin, cette collection veut mettre en scène des femmes fortes, qui prennent leur destin en main et qui affirment leur caractère… ça ne vous rappelle par une certaine Éléonore ? Pour la petite histoire, l’éditrice d’Aliénor est venue vers moi parce qu’elle a aimé Le Vent des Lumières, qu’Andrea, mon agent littéraire, lui a fait lire. Cela dit, on est dans un univers différent, car L’alliance de Penthièvre reste une romance qui s’inscrit dans le cadre de la collection.

Alors, qu’en dites-vous ? Vous aimez cette couverture et le titre ? Dites-moi tout en commentaires !

Parution, bêta-lecture, freelance : mon programme de rentrée

C’est la rentrée, même si celle-ci est effective pour les écoliers depuis une bonne dizaine de jours. Pour ma part, je ne suis pas vraiment dans l’état d’esprit de la rentrée cette année, n’ayant pas eu de vraies vacances. Néanmoins, le mois de septembre est l’occasion de faire un point sur les projets en cours et de se remettre sur les rails.

Roman 6 disponible le 1er novembre

Roman 6, ma romance médiévale qui se déroule en Bretagne va paraître aux éditions Harlequin le 1er novembre, dans le cadre de leur nouvelle collection de romances historiques françaises Aliénor. Les abonnés de mon infolettre ont eu le privilège de découvrir en avant-première la couverture et le titre de ce livre fin août. Si vous avez raté cette annonce, je vous donne rendez-vous dès la semaine prochaine sur mon compte Instagram et ma page Facebook, car je dévoilerai petit à petit la couverture !

BAT roman Harlequin Aliénor
Grand moment : j’ai signé le BAT (bon à tirer) le 30 juillet dernier.

Inutile de vous dire que j’ai super hâte de vous confier l’histoire de Pénélope et d’Armel qui se déroule en Bretagne à la moitié du XIVe siècle ! Vous y découvrirez un pan de l’histoire de la Bretagne peu connu, la guerre de succession qui a déchiré le duché entre 1341 et 1365, mais aussi des lieux emblématiques comme le château de Suscinio, la ville fortifiée de Guérande ou la petite ville de Châteaugiron et son donjon majestueux.

Des lieux que je connais bien pour les avoir fréquentés plus ou moins longtemps. J’ai par exemple eu le privilège de travailler dans le château-fort de Châteaugiron pendant une bonne dizaine d’années, puisqu’il abrite les bureaux de la mairie.

Roman 7 va partir en bêta-lecture

Une romance contemporaine

Dans l’infolettre de fin août, je proposais également à mes abonnés de candidater pour être béta-lecteur de mon roman 7. Il s’agit toujours d’une romance, mais contemporaine cette fois, qui se déroule dans la région où je vis depuis un peu moins d’un an maintenant, celle de Saint-Nazaire et de Pornic.

Ce roman évoque l’histoire d’Ariane, une ingénieure en construction navale, qui revient chez ses parents après quinze ans à l’étranger. La première personne qu’elle va rencontrer est Hadrien, un éleveur de coquillages, qu’elle empêche de sauter du pont de Saint-Nazaire. Elle va essayer de reconstruire sa vie, entre un job prenant aux Chantiers de l’Atlantique sous les ordres d’un séduisant directeur, un père chef d’entreprise qui rêve de lui léguer sa société et un petit frère qui n’apprécie pas vraiment le retour de la fille prodigue.

chemin mer vélos

Voulez-vous être bêta-lecteur ?

Si vous avez envie de rejoindre mon équipe de bêta-lecteurs pour ce roman, il est encore temps ! Attention, je demande un minimum d’investissement (pas financier hein !) : être bêta-lecteur, ce n’est pas une occasion de lire gratuitement un roman et il ne s’agit pas d’une lecture d’agrément. J’attends un vrai retour de votre part, notamment à travers un questionnaire que je vais élaborer pour guider votre lecture. Il faudra donc signaler les défauts, mais aussi ce qui fonctionne bien (c’est bon pour le moral !) et surtout, il faudra argumenter. Par exemple, si vous n’avez pas aimé tel chapitre, essayez de savoir pourquoi : trop long, trop descriptif, ennuyeux, confus…

Par ailleurs, si vous vous engagez comme bêta-lecteur, il faudra pouvoir me faire un retour impérativement pour le 31 octobre, de manière à ce que je puisse compiler les corrections en novembre et faire les modifications en décembre. Vous aurez donc à peu près six semaines pour lire le roman, sachant qu’il fait un peu moins de 300 pages (60 000 mots).

Mes bêta-lecteurs recevront mon roman en numérique à sa parution, en plus de ma reconnaissance 🙂 . Ça vous intéresse ? Je boucle les inscriptions demain, alors je vous invite à me contacter par le biais du formulaire en m’indiquant si vous avez déjà fait cet exercice.

Retour sur un été bien rempli

Mon deuxième CDD se termine

Comme je le disais en introduction, cet été je n’ai pas pris de vacances. J’ai en effet rempilé pour un CDD en communication interne dans les services de la ville et agglomération de Saint-Nazaire depuis mi-juin. Je termine début octobre et je peux déjà dire que cette expérience a été très enrichissante professionnellement. Je n’avais encore jamais travaillé en communication interne et j’ai découvert la différence de traitement d’une information lorsqu’on s’adresse à des salariés. Même si je le savais, ça restait de la théorie et l’expérimenter grandeur nature a été très intéressant.

L’autre leçon que je tire de cette expérience, c’est qu’elle confirme mon envie de travailler désormais autrement, c’est à dire en freelance et depuis chez moi. Après une bonne quinzaine d’années en mairie, je savais que j’avais fait le tour de mon poste et j’avais envie de changer, mais je ne savais pas si j’avais seulement envie de changer d’environnement ou si c’était vraiment le métier que je voulais quitter. Ce poste, dans une grande structure (plus de 2000 agents) et dans une ambiance très agréable a confirmé mon intuition : c’est bien le métier que je veux laisser de côté et pas seulement un contexte. J’ai hâte de me consacrer entièrement à l’écriture dès la mi-octobre, que ce soit des romans ou la rédaction d’articles pour le web.

Habiter en vacances

Pour finir, ne pas avoir pris de vacances cet été ne m’a absolument pas manqué. En réalité, et tant pis si je vous fait bisquer, mais j’ai l’impression d’être en vacances tous les jours. J’avais croisé cette jolie expression une fois, dans la bouche d’une petite fille qui disait à un résident du lieu où ses parents venaient camper : « Tu habites en vacances, en fait ». Je l’ai fait mienne, car c’est exactement ce que je ressens, jour après jour, y compris en rentrant chez moi après le travail. J’habite en vacances et je ne suis pas prête de me lasser de ce bonheur quotidien.

paysage sunset pêcherie
Il y a pire comme paysage quand on rentre du boulot !

Voilà pour ce bilan de l’été, prélude à une rentrée qui va débuter pour moi mi-octobre, au moment où je vais démarrer pour de bon mon activité en freelance. D’ici là, je vous donne rendez-vous dès la semaine prochaine pour découvrir la couverture de Roman 6 et très vite sur le blog pour suivre l’évolution de Roman 7. Il se pourrait bien aussi que je vous parle rapidement de Roman 8…!

Qu’offrir en cadeau à un auteur ?

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire 🙂 ! J’avais envie de marquer le coup en vous partageant des idées de cadeaux. En effet, le billet écrit en 2018 sur le sujet est le plus populaire de mon blog, je ne sais pas pourquoi. Je profite donc de l’occasion pour l’actualiser avec ces nouvelles idées.

Une affiche sur l’écriture

J’ai découvert il y a peu le compte Instagram de La petite boutique des auteurs et j’aime beaucoup ce qu’ils proposent. Il s’agit d’une boutique française créée par une autrice, Amélia, et dédiée aux auteurs. On y trouve de la papeterie, des mugs, des coffrets thématiques et tout un tas de petits objets dédiés à l’univers de l’écriture.

Pour ma part, je craque particulièrement pour cette jolie affiche, le Manifeste de l’écriture. Je la verrais bien dans mon nouveau bureau lorsqu’il sera aménagé 🙂 .

Le manifeste de l’écriture, sur La petite boutique des auteurs.

Un support pour ordinateur

Le bureau reste le meilleur support pour l’ordinateur. Mais si vous n’en avez pas, vous devez vous installer ailleurs : dans le canapé, dans son lit, dehors… ou sur la table de la cuisine. Et même si on a un bureau, on aime parfois changer de place !

L’ordinateur posé sur les genoux est très déconseillé pour deux raisons principales :

  • Le matériel peut être endommagé, car il ne ventile pas correctement. Il faut toujours le poser sur un support rigide et surtout pas directement sur la couette ou les genoux. À défaut d’autre chose, prenez un livre ou un cahier.
  • La position n’est pas ergonomique pour le corps et vous allez fatiguer du dos et des bras. Dans l’idéal, il faut une légère inclinaison du clavier vers l’avant.

L’idéal est donc d’investir dans un bureau de lit, un coussin ou un support spécifique. On en trouve de tous les styles et de tous les prix.

J’ai une table de lit depuis 2016, je m’en sers moins qu’au début car j’écris moins qu’avant dans mon lit (la position n’est pas idéale pour mon dos, en fait… je vieillis !). Elle est aussi un poil trop haute pour moi.
Le coussin pour ordinateur est pratique aussi dans le canapé, il peut être ventilé ou non, à vous de voir en fonction de votre matériel.
Il existe aussi ce type de support, plutôt indiqué pour les tablettes lumineuse, mais qu’on peut utiliser pour les ordinateurs portables : ma fille aînée en a choisi un pour son anniversaire et elle en est plutôt contente.

Un fauteuil de bureau

C’est plutôt un gros cadeau, mais pourquoi pas ? Je m’interroge pour changer le mien, que je traîne depuis déjà un bon moment… J’ai très envie de m’offrir un siège assis-genoux qui permettent une position très ergonomique pour écrire.

L’inclinaison vers l’avant de ce type de siège allège le poids du corps sur le bassin en le répartissant sur les genoux et les tibias. J’ai déjà eu l’occasion d’essayer ce genre de fauteuil et le confort m’a étonnée. Je pense que je choisirai un modèle avec dossier (et pourquoi pas des pieds à bascule… oui, oui, ça existe !).

Voilà pour ces nouvelles idées cadeaux pour un auteur. Je vous rappelle que vous en trouverez un tas d’autres dans mon billet de 2018. N’hésitez pas à en ajouter aussi en commentaires ! Je vous souhaite par ailleurs un bel été, comme chaque année je vais mettre le blog en pause estivale. On se retrouve en septembre pour de nouveaux billets !

Comment s’organiser pour écrire quand on travaille ?

Lorsqu’on travaille à l’extérieur avec des horaires contraints, il nous paraît difficile voire impossible de trouver du temps pour l’écriture (et plus globalement pour une activité). Avec un peu d’organisation, c’est tout à fait envisageable. Je vous donne quelques conseils pour concilier travail et écriture.

Depuis jeudi, j’ai retrouvé le chemin du bureau, comme beaucoup de salariés qui retournent sur site après trois mois de confinement et de télétravail. La différence, c’est que pour moi il s’agit d’un nouveau poste, car j’ai accepté de faire (encore) un remplacement en collectivité jusqu’en octobre. Je me suis dit que c’était l’occasion de faire un billet sur la façon dont j’allais m’organiser pour écrire tout en travaillant à l’extérieur.

Choisir un créneau dans sa journée

J’ai volontairement écris « choisir » et non « trouver », car je pense qu’on a tous ce créneau, à un moment de la journée. Il faut identifier celui pendant lequel on sera le plus créatif et/ou le plus productif, mais il faut aussi faire en fonction de son mode de vie, du reste de la famille, de ses contraintes, etc.

s'organiser pour écrire en travaillant

Pour les lève-tôt, écrire le matin

Pour certains, le bon créneau se situera très tôt le matin, avant le lever des enfants et du reste de la famille, mais il faut avoir les neurones en place dès le réveil. Pour ma part, je peux me lever à 6 h ou à 7 h, je serai difficilement opérationnelle avant 8 h… Les routines du Miracle morning et autres du même acabit sont remarquablement inefficaces avec moi 🙂 . C’est ainsi, je ne force pas la nature.

Écrire le soir

Pour ma part, je peux plus facilement me dégager une ou deux heures le soir, après le dîner, lorsque chacun vaque à ses occupations vespérales (télé, ordinateur, jeux vidéo…). Je m’installe vers 20 h 30 devant mon ordinateur et j’écris jusqu’à 22 h 30 environ (c’est précisément le cas au moment où je rédige ce billet). L’avantage d’écrire le soir, c’est de ne pas avoir la tête encombrée par les différentes choses qu’on va avoir à faire dans la journée (sauf si on est déjà en train d’anticiper celle du lendemain !).

Profiter des temps de pause

Si vos matinées et vos soirées sont indisponibles pour une raison ou une autre, il reste la pause de midi. Lors de mon précédent remplacement, j’avais 1 h 30 pour déjeuner : en général, je mangeais en 25-30 mn et je gardais 1 h pour écrire. C’est moins long que le créneau du soir et on est tributaire des horaires de son emploi, mais c’est déjà mieux que rien ! La technique s’adapte à toute coupure suffisamment longue dans la journée (par exemple si on a des horaires décalés).

Avoir les bons outils

Pour écrire n’importe où…

Même si on écrit chez soi, une session d’écriture efficace nécessite d’avoir les bons outils sous la main. Si on a un bureau, on s’y installe, sinon on déblaie la table de salle à manger ou le canapé pour y poser ses affaires. Cela permet aussi de créer un environnement propice, de « ritualiser » en quelque sorte le geste d’écrire : en aménageant son espace de travail, on met en condition notre cerveau.

Écrire n’importe où… même en vacances 🙂

… et n’importe quand

Si vous avez calé votre session d’écriture sur le temps de pause au travail, il faut pouvoir accéder facilement à son manuscrit en cours. Vous pouvez emporter votre ordinateur portable si vous avez la possibilité de l’utiliser, mais si vous disposez déjà d’un ordinateur sur votre lieu de travail, une application d’écriture comme Scribbook est d’une grande utilité. En dernier recours, vous pouvez aussi revenir aux basiques : carnet et crayon !

Installer une routine d’écriture

Prendre rendez-vous avec soi-même

David Meulemans, dans son Mooc Draftquest, préconise d’écrire tous les jours : une page, une heure, une scène, un chapitre, peu importe, mais tous les jours. Cela permet d‘installer une routine, un peu comme prendre une douche ou aller faire du sport. Après, cela devient presque automatique et, le jour où vous ressentirez un manque parce que vous n’avez pas écrit comme d’habitude, c’est gagné : la routine est installée.

Installer cette routine n’est pas forcément le plus évident. Une fois que vous avez décidé du moment où vous alliez écrire, il faut vous y tenir. Sinon, ça va marcher les premiers jours et après, la procrastination va s’emparer de vous ! Ma technique, c’est de prendre rendez-vous avec moi-même et d’inscrire mon créneau de session d’écriture dans mon agenda, comme un rendez-vous normal. Comme je fonctionne avec un agenda en ligne, j’ai même un rappel qui me dit que c’est l’heure d’écrire.

Programmer les sessions d’écriture dans son agenda, une bonne manière d’installer une routine d’écriture.

Que faire si on n’a pas d’inspiration au moment de la session d’écriture ?

On écrit quand même. Même si c’est une seule phrase, mais on écrit. Lionel Davoust a écrit dans un de ces articles que la seule technique pour réussir à écrire un livre, c’est de toucher son histoire tous les jours. Mais, et c’est ça que j’aime dans sa technique, l’ouvrir ne veut pas forcément dire écrire tous les jours 500 mots. Ça peut être relire un paragraphe et le corriger, écrire une seule ligne parce qu’on n’arrive pas à écrire plus, revoir le plan d’une scène ou d’un chapitre ou même d’une partie entière… L’essentiel, c’est d’être dans son manuscrit chaque jour, pour l’avoir toujours dans la tête.

Personnellement, j’ai programmé des sessions d’écriture tous les jours de la semaine (du lundi au vendredi), mais pas parce que je glandouille le week-end (enfin, si, quelquefois 🙂 ). Mais je me garde surtout le samedi et le dimanche pour « rattraper » une session si jamais un imprévu m’a empêché d’écrire un soir. Et dans les imprévus, il y a aussi bien l’apéro improvisé que la fatigue après une journée laborieuse. Il faut rester souple et savoir s’adapter pour que la session d’écriture reste une routine et pas une corvée.

Et vous, comment faites-vous pour écrire tout en travaillant ? Est-ce que c’est facile, vous programmez des sessions ou vous vous y mettez quand ça se présente ? Dites-moi tout !

De quoi parle mon prochain roman ?

Pendant que ma romance médiévale est en corrections chez mon éditrice, j’ai repris le clavier pour me remettre sur mon roman 7. Je vous en ai déjà pas mal parlé, mais je ne crois pas avoir évoqué les sujets abordés, les personnages, les lieux, etc. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche, voici quelques éléments…

Les lieux

Comme à chaque fois, les lieux ont une grande importance. Le roman se déroule dans la région de Saint-Nazaire et de Pornic. Évidemment, ce n’est pas un hasard, puisque c’est l’endroit où je vis depuis octobre dernier. Ce sera l’occasion de peindre les paysages des bords de Loire aux rivages de la côte de Jade. Il me permettra aussi d’évoquer la construction navale et la conchyliculture qui sont deux activités économiques importantes de cette région.

Les personnages

Le personnage principal est Ariane, qui revient en France après 15 ans d’absence pour tout reprendre à zéro. Trahie par son premier et grand amour qu’elle a suivi à l’étranger, elle se réfugie chez ses parents, Raymond et Sabine. Elle retrouve aussi son frère Alexis, ainsi que son amie d’enfance, l’exubérante Chloé. Entourée par ses proches, elle tente ainsi de se reconstruire. Son échec sentimental lui paraît cependant bien anodin face au drame d’Hadrien, qu’elle rencontre sur le pont de Saint-Nazaire alors qu’il s’apprête à sauter dans le vide.

L’intervention d’Ariane agit comme un catalyseur sur Hadrien, comme s’il avait inconsciemment attendu ce signe pour s’accrocher à la vie. Ariane, de son côté, n’est pas indifférente non plus au beau Raphaël, son patron, et cette attirance est réciproque. Seulement, elle n’a aucune envie de commettre la même erreur qu’autrefois et mélanger travail et sentiments…

Les thèmes

Les relations familiales

À travers l’histoire d’Ariane qui est le personnage principal, je veux aussi explorer les méandres des relations familiales et notamment les liens entre un père et ses enfants devenus adultes. Qu’est-ce qui forge le ciment d’une famille ? Comment retrouve-t-on sa place au sein de la fratrie après une longue absence ?

Ariane revient chez ses parents après 15 ans passés à l’étranger. Mais son absence a creusé des fossés : saura-t-elle retrouver sa place dans sa famille, notamment face à son petit frère Alexis qu’elle a quitté enfant et qui est maintenant un homme ?

La transmission et l’héritage

Je parlerai aussi de transmission et d’héritage. Raymond, le père d’Ariane, est à la tête d’une entreprise de construction navale, sous-traitante des Chantiers de l’Atlantique, et qui se transmet de générations en générations. Il a toujours rêvé de voir Ariane reprendre le flambeau, mais a déchanté en voyant sa fille partir faire sa carrière à l’étranger.

En revenant à Saint-Nazaire, Ariane ravive ainsi le vieux rêve de son père, mais celle-ci a d’autres ambitions : dessiner les plus grands paquebots du monde au sein des Chantiers de l’Atlantique.

Les rêves d’enfants face à la réalité

Je voudrais aussi aborder la manière dont la vie nous confronte à la réalité et nous oblige parfois à abandonner nos rêves d’enfant, ou à les reconsidérer avec nos yeux d’adultes. En revenant sur les lieux de son enfance, Ariane va découvrir que beaucoup de choses n’étaient qu’apparences ; cette découverte va remettre en question sa vision du couple, de l’amour et de l’amitié.

Voilà, j’ai levé le voile (pas trop, j’espère !) sur le roman que je suis en train d’écrire. Qu’en pensez-vous ? ça vous parle ? Si tout va bien, j’ai programmé la réécriture jusque fin juillet. Ensuite, ce sera la bêta-lecture. Objectif : publication à la rentrée, en septembre !

Un roman, ce n’est pas qu’un univers

En plus d’apprendre à dessiner des mangas, ma fille est en ce moment en train de travailler sur le synopsis de son roman de fantasy. « Enfin », pourrais-je ajouter ! Elle a en effet passé beaucoup de temps à définir son univers, dessiner des cartes, inventer des noms de lieux et de personnages, retardant d’autant le moment de passer à la narration elle-même. Or, un roman, ce n’est pas qu’un univers, aussi précis et merveilleux soit-il. C’est avant tout une histoire. C’est vrai en fantasy, mais aussi pour tout roman.

Au cours d’une conversation sur le groupe Facebook de Scribbook, je me suis rendu compte que c’était un travers qu’ont beaucoup d’auteurs·trices débutants. La personne en question disait qu’elle était bloquée, car elle avait des personnages, un monde, des cartes, des lieux, etc. mais qu’elle était incapable de démarrer l’écriture malgré toute cette matière. Au fil de la discussion, il s’est avéré qu’elle avait tout, sauf « quelque chose à raconter » : une histoire.

L’importance de l’univers

Je crois qu’on a tous été bluffé, à un moment ou à un autre, par l’univers patiemment construit par Tolkien dans le Seigneur des Anneaux. Il a tout inventé, depuis la géographie jusqu’à la mythologie, des langages, des coutumes… C’est le stade ultime de la fantasy, en tout cas à mon sens. Mais s’il en était resté là, Tolkien aurait publié une encyclopédie de la Terre du Milieu et non pas des romans, contes, légendes et autres nouvelles. C’est là toute la nuance (et qui fait de Tolkien un grand écrivain) : il a su, à un moment donné, prendre des personnages pour raconter leur histoire. La création de l’univers ne sert que de décor, de background, comme on dit dans les jeux vidéos.

C’est quoi, un univers ?

C’est un élément important dans les littératures de l’imaginaire (SF, fantasy, fantastique…), mais pas seulement. Un roman historique, quelque part, a aussi son univers propre, sauf qu’il n’a rien d’inventé : pour le construire, on doit faire appel à des faits avérés, des sources diverses. Si l’on écrit un roman réaliste qui se déroule dans un pays qu’on ne connait pas du tout, on va devoir aussi recréer l’univers de ce pays, sa géographie, ses coutumes, sa langue…

Comme le rappelle Pierrick Messien dans un article de l’excellent blog Le souffle numérique, plus l’univers d’un roman est précis et détaillé, plus l’histoire sera crédible et touchera le lecteur. Sauf qu’il faut savoir jusqu’où aller dans le niveau de détail. Sinon on risque de passer sa vie à créer un univers sans jamais écrire la première ligne d’un roman !

Savoir jusqu’où détailler l’univers de son roman

Pour bien cadrer le niveau de détail, il ne faut pas perdre de vue que l’univers doit servir l’intrigue ou l’histoire racontée dans le roman et non l’inverse. Ce qui nous intéresse, dans le Seigneur des Anneaux, c’est le périple de la Communauté pour détruire l’anneau unique et non l’univers, même si sans tout ce formidable contexte, le périple en question aurait beaucoup moins d’impact !

Le seigneur des anneaux Peter Jacskon 10 films qui ont marqué ma vie Lynda Guillemaud romancière

Il est donc tout à fait inutile de prendre du temps pour inventer un langage pour le peuple de votre roman si cela vous permets seulement de caser trois ou quatre phrases dans votre histoire (qui, en plus, auront besoin d’être traduites pour être comprises par le lecteur).

Pierrick Messien conseille avec raison de commencer par travailler son intrigue avant de créer son univers et non pas après, comme l’a fait ma fille, par exemple. Cela permet de savoir de quoi on a besoin, en terme d’univers, pour écrire le roman.

Quand j’ai commencé à écrire ma romance médiévale, je savais que je voulais parler de la Bretagne ducale avant la duchesse Anne, mais c’était tout ce que j’avais comme idée du contexte. Par contre, j’avais déjà mes deux héros et les grandes péripéties de leur histoire. Comme il fallait un conflit, j’ai imaginé qu’ils appartenaient à deux clans rivaux. En me documentant sur l’histoire de la Bretagne avant 1500, je suis arrivée à cette fameuse guerre de Succession des années 1341-1365. De là, j’ai construit l’univers de ma romance, en affinant mes recherches au cours de la rédaction.

Le cœur du roman, c’est l’intrigue

Qu’est-ce qu’une bonne histoire ?

Je me souviens toujours de cette vidéo du Mooc Draftquest Écrire une oeuvre de fiction durant laquelle David Meulemans paraphrasait Hitchcock en martelant :

Un roman (ou un film), c’est trois ingrédients :

1. une bonne histoire,

2. une bonne histoire,

3. une bonne histoire.

Maintenant, il faut savoir ce qu’est une bonne histoire… C’est avant tout une histoire dont on a envie de connaître la suite et la fin, tout en ayant envie de prolonger sa lecture. On part d’un point A pour aller à un point B en passant par différents points. Pendant ce voyage, les personnages vont évoluer, se transformer, vivre.

Des personnages que l’on suit

Une histoire repose sur une intrigue : en dramaturgie, il s’agit de l’enchaînement des événements et des faits modifiant la situation initiale des personnages. Pour écrire un roman, il faudra donc fatalement des personnages, sinon on est en train d’écrire une encyclopédie. Ces personnages se trouveront au début dans une situation initiale, modifiée par un élément perturbateur (ou plusieurs) et toute l’histoire résidera dans leur réaction, avant d’arriver à la situation finale. Évidemment, c’est très schématique, mais on peut caser dans ce schéma quasiment toutes les œuvres de fiction !

Pour revenir à notre autrice débutante de Scribbook bloquée dans l’écriture malgré son univers foisonnant, en discutant avec elle, il s’avérait qu’elle n’avait pas de personnages principaux, pas de héros. Il fallait donc qu’elle commence par en identifier, afin de s’attacher à suivre leurs pas : c’est à travers eux qu’elle allait pouvoir faire vivre son univers.

Pour finir, certains écrivains aiment créer des univers, d’autres préfèrent raconter des histoires. Je suis plutôt dans le deuxième groupe, même si j’aime infiniment le travail de recherche pour rendre le contexte historique dans mes romans. Et vous, vous êtes univers ou histoire ?

Comment reprendre l’écriture d’un roman après une interruption ?

Vous voulez reprendre l’écriture après une longue pause et vous ne savez pas par où commencer ? Je passe par là en ce moment et je me suis dit que quelques trucs et astuces à ce sujet vous intéresseraient peut-être.

Reprendre l’écriture d’un roman après plusieurs semaines, voire plusieurs mois, n’est pas forcément évident, surtout si les deux projets sont radicalement différents. On s’est immergé dans un autre univers, on a côtoyé d’autres personnages et visité d’autres lieux et il faut tout reprendre, presque à zéro.

Là, par exemple, j’ai terminé la relecture et les reprises sur ma romance médiévale pour Harlequin et j’ai donc repris l’écriture de Roman 7 que j’avais laissé de côté en mai 2019. Mais je commence déjà à réfléchir à des projets plus lointains, notamment le dernier tome d’Éléonore.

Personnellement, me remettre dans Roman 7 après presque un an m’a demandé un petit temps de « digestion », mais je pense que ça y est, c’est reparti. Je vous partage les trois phases qui se sont succédées lors de cette remise en route.

Identifier les causes de l’interruption

Cela paraît anecdotique et pourtant, il est primordial de savoir pourquoi on a arrêté l’écriture afin d’appliquer la bonne stratégie pour s’y remettre : est-ce un problème lié au projet lui-même (intrigue, personnages, thème) ou bien lié à une cause extérieure ?

Une cause extérieure

La vie d’auteur n’est pas forcément un long fleuve tranquille et nous force parfois à faire des choix. Pour ma part, je n’arrive pas à mener l’écriture de deux romans en même temps ; je peux avoir plusieurs projets d’écriture simultanés, mais il ne faut pas qu’ils soient au même stade. Souvent, j’en mûris un pendant que j’écris ou corrige un autre.

Pour moi, c’était un choix délibéré de mettre en pause Roman 7, destiné à l’auto-édition, puisque j’avais un manuscrit à écrire pour honorer un contrat avec un éditeur. On va donc dire que c’était un cas de force majeure, d’autant plus que dans le même temps, j’ai suivi les travaux de ma nouvelle maison, déménagé et changé de boulot. Bref, à un moment donné, on ne peut pas être partout et j’ai préféré laisser de côté ce roman.

Dans ces cas-là, il n’y a pas trop de problème de motivation, on est même plutôt pressé de reprendre le roman en cours (même si ça ne se fait pas tout seul, mais on verra ça après).

Un problème de motivation pour son projet

Il en est tout autrement lorsqu’on laisse un projet de côté parce qu’on n’est pas – ou plus – motivé pour l’écrire. Là, il faut travailler un peu pour savoir pourquoi on a perdu la motivation.

  • Si c’est parce que le sujet, l’intrigue ou les personnages ont perdu de leur intérêt, interrogez-vous sur les raisons qui vous poussent à reprendre l’écriture de ce projet malgré tout. Qu’est-ce qui vous tient à cœur : le thème, les personnages, l’intrigue ? Retenez ce qui est important et revoyez le reste (ça va plus vite à dire qu’à faire !).
  • Si c’est parce que vous êtes dans une impasse scénaristique, il faudra revoir le synopsis et envisager certainement une refonte plus ou moins profonde (là aussi, ça va plus vite en le disant).

Parfois, il sera nécessaire de passer par une nécessaire phase de remise en cause qui peut être « douloureuse », dans le sens où on doit tirer un trait sur quelques semaines ou mois de travail. Mais c’est le prix à payer pour avancer.

chevalier romance bretagne médiévale
Reprendre l’écriture, c’est aussi savoir remettre en cause ce que l’on a écrit sans renier son travail.

Savoir où on en est dans son manuscrit

Ça parait évident, mais se replonger dans son roman ne va pas demander le même travail si l’on en est au tout début du premier jet ou si au contraire on n’avait plus que les corrections à faire. Il faut donc faire un bilan de l’existant et pour cela, une seule technique : relire ce qu’on a écrit. Cela permet d’abord de se replonger dans son univers et de reprendre contact avec ses personnages et l’histoire. Ensuite, on peut vérifier si tout fonctionne et tient la route. Si l’on a un premier jet, c’est parfait, sinon on relit ses notes, les biographies de ses personnages, son plan, son synopsis, sa documentation…

Dans le cas de Roman 7, j’avais un premier jet écrit. Pour autant, avant de me mettre en pause, j’avais retravaillé l’intrigue, car mon synopsis ne me convenait pas tout à fait. J’avais utilisé à ce moment la technique des post-it pour reconstruire un scénario cohérent. J’ai donc un manuscrit quasi rédigé mais avec beaucoup de scènes à reprendre, voire à réécrire complètement et même quelques-unes à écrire tout court.

Réagencer le scénario de son roman… à l’ancienne !

Relire mon manuscrit écrit mais inachevé près d’un an après m’a permis de me rendre compte (aussi) de ce qui me restait à faire... et de me rassurer. Sincèrement, je ne pensais pas avoir balisé à ce point le travail à faire avant d’arrêter. En gros, il ne me reste aujourd’hui plus qu’à écrire.

Planifier les prochaines étapes

C’est le moment de s’y remettre. Pour moi, il m’a fallu quelques jours entre le moment où j’ai tout relu et celui où j’ai réellement commencé à réécrire. J’ai fait l’erreur de commencer par la première scène à réécrire et il s’avère qu’elle ne m’inspirait pas tellement. Ne faites pas comme moi, commencez par une scène qui vous enthousiasme pour commencer !

Avant cela, j’ai repris tout mon plan pour bien me remettre les différentes étapes de l’intrigue dans la tête, afin d’avoir une vision d’ensemble. Grâce au mode carte de Scribbook, chacune de mes scènes est identifiée et calibrée, comme un panier qu’il va falloir maintenant remplir.

Bref, y’a plus qu’à ! C’est maintenant le moment de me mettre à écrire. Ma technique pour y arriver et éviter de procrastiner, c’est de me fixer un objectif, par exemple revoir une scène par jour : quelquefois ça sera juste de la relecture, le lendemain de l’écriture pure. Puis je planifie ça dans mon bullet journal en définissant des temps d’écriture dans la semaine. J’ai remarqué que j’avais besoin de ça pour m’y coller vraiment : si j’attends « d’avoir le temps »… je ne m’y mets jamais !

Voilà comment j’ai repris l’écriture en ce mois de mai. Chacun a sa technique pour reprendre l’écriture d’un roman : Marièke dévoile la sienne sur son blog Mécanismes d’Histoires. Et vous, comment faites-vous ? Partagez vos astuces en commentaires !

Scribbook, le studio d’écriture en ligne ultime

Cela fait maintenant près de 4 ans que j’utilise Scribbook pour rédiger les manuscrits de mes romans. Avant, comme beaucoup d’écrivains en herbe, je rédigeais sous Word ou Libre Office, avec les inconvénients inhérents : lourdeur, mauvaise gestion des fichiers longs, impossibilité d’inverser différentes scènes sans faire de copier/coller hautement risqué… Alors que Scribbook entre dans sa phase de maturité (à mon sens), j’ai demandé à son créateur, Jonathan Kalfa de répondre à quelques questions et de nous dévoiler les prochaines nouveautés.

Un logiciel ou une application d’écriture, à quoi ça sert ?

Un logiciel ou une application d’écriture est un programme ou d’un site qui permet d’écrire (haha, jusque là ça va). On peut se contenter d’un traitement de texte plus ou moins basique : Word, Libre Office, Pages (sur Mac) ou même Google Docs et il y a des auteur·rices qui s’en accommodent très bien.

Pour ma part, j’ai donc commencé avec Word, puis Libre Office, mais j’ai vite cherché un autre outil plus pratique pour gérer des textes longs. Ceux qui ont déjà scrollé leurs 500 pages de manuscrit à la recherche de la scène 12 pour la replacer entre la scène 5 et 6 sauront de quoi je parle ! Je voulais un logiciel qui me permette de :

  • Gérer les scènes, même si je les écris la plupart du temps de manière linéaire, dans l’ordre chronologique ;
  • Écrire de n’importe où, y compris si je ne suis pas avec mon ordinateur personnel ;
  • Exporter mon manuscrit facilement afin de travailler la mise en page ;
  • Contrôler finement mes statistiques, au-delà du nombre global de signes ou de mots (par exemple savoir que j’ai écrit xx mots aujourd’hui).

C’est ainsi que j’ai trouvé Scribbook

À l’époque de mes recherches (en 2016), il n’existait pas grand-chose sur le marché, en dehors de Scrivener, qui était (est toujours) la rolls des logiciels d’écriture. Grâce à un NaNoWriMo réussi, j’ai pu acquérir Scrivener à moitié prix et ça m’a permis de le tester. J’ai bien aimé, mais ce qui me dérangeait, c’était le côté logiciel justement, qui empêche une relative souplesse d’utilisation. Impossible d’utiliser Scrivener sans l’installer au préalable sur l’ordinateur. Et puis, finalement, c’était trop sophistiqué pour moi.

Face à ces inconvénients (très personnels, je le reconnais), j’en suis venue à Scribbook. Ce studio d’écriture en ligne est développé par Jonathan Kalfa, un collègue de l’atelier d’écriture Draftquest. Confronté aux mêmes soucis que moi, à la différence près que lui est développeur informatique, il a donc créé de toutes pièces une application d’écriture en ligne : Scribbook. Ce studio complet permet d’écrire un roman, scène après scène, chapitre après chapitre. J’ai tout de suite été conquise, car ça répondait très exactement à mon besoin (et a priori je ne suis pas la seule).

Mais d’abord, Jonathan, d’où vient le nom Scribbook ?

En toute transparence, je ne me rappelle plus à 100 % (cela fait 6 ans que le nom est choisi). Je voulais quelque chose relatif à l’écrivain et au livre, quelque chose d’accrocheur, quelque chose de « SEO friendly » eu égard au référencement Google. On cherche, on joue avec le mot pour voir comment il roule sur la langue. C’est comme chercher le titre de son nouveau livre : ce n’est pas simple mais quand on le tiens… ça fait du bien 🙂

Parlons perso : comment travailles-tu pour imaginer les développements de l’application ? Tu geekes dans ton coin ou bien tu aimes consulter d’autres personnes ?

Je m’appuie en continu sur plusieurs personnes :

1. Moi (si si c’est vrai). Car comme les utilisateurs, je suis écrivain. Enfin, j’essaie (pas la peine de chercher mes livres en ligne, il n’y en a pas). J’avais initialement commencé Scribbook uniquement pour moi. Donc c’était au gré de mes besoins. Et puis finalement, si c’était bon pour moi, ça devait sûrement l’être pour les autres 🙂

2. Ma communauté (je vous aime !) qui n’est jamais avare de bonnes idées. Je les note toutes et je vois au fil du temps ce que je peux en faire. La seule contrainte ? Ne pas transformer Scribbook en une machine chaotique. Simplicité ou rien.

3. Un ami écrivain m’aide également. Il est plus versé que moi dans la méthodologie d’écriture (@Sturm, oui c’est toi dont je parle). C’est de lui que vient 80 % du canevas du Héros !

Ce que j’utilise dans Scribbook

Le mode carte

C’est pour moi LE gros plus d’un logiciel spécialisé par rapport à un traitement de texte classique (ce mode n’est pas propre à Scribbook, d’ailleurs). Chaque fichier-scène apparaît sous forme de carte, comme un post-it, que l’on peut manipuler à loisir : déplacer, renommer, effacer… Comme je le disais, j’écris de manière assez linéaire donc je ne l’utilise pas forcément tous les jours, mais lorsque j’ai besoin de visualiser la structure de mon roman, c’est assez puissant.

Le mode sans distraction

C’est peut-être un détail pour vous, mais c’est un mode que j’utilise très régulièrement lorsque j’ai besoin de me concentrer sur mon manuscrit. Le mode sans distraction permet, comme son nom l’indique, de basculer Scribbook en plein écran. Mais surtout, on peut le paramétrer à sa guise avec des fonds d’écran inspirants ou au contraire neutre, les faire changer de temps en temps, etc. Bref, c’est un gadget indispensable, comme dirait l’autre. 🙂

Les objectifs

Dès le départ, Jonathan avait intégré des jauges pour voir les statistiques d’écriture : combien de mots par jour, par fichier, par projet, etc. Puis on a pu définir des objectifs à atteindre par projet. Pour le Nanowrimo, par exemple, où l’on doit écrire 50 000 mots en un mois, c’est super pratique de savoir où on en est.

Depuis quelques semaines, il y a du nouveau avec l’implémentation des objectifs par fichier. C’est-à-dire qu’on peut décider, pour chaque fichier, d’un nombre de mots à atteindre. Et c’est génial pour la motivation ! Au lieu de voir la barre péniblement avancer, on peut découper l’effort. C’est redoutable aussi lors d’une réécriture.

Par exemple, pour le roman 7, je me suis fixée un objectif à atteindre de 75 000 mots (j’en suis à un peu moins de 50 000). La nouvelle fonctionnalité de Scribbook m’a permis de « répartir » les 25 000 mots manquants entre la totalité des fichiers de mon manuscrit (en l’occurrence 1489 mots pour chaque scène). Je me retrouve donc avec des scènes bien remplies (voire trop) et d’autres à abonder.

Les objectifs par fichier dans Scribbok.

Cela dit, il ne faut pas prendre ces objectifs à la lettre : je me réserve le droit de laisser une scène avec plus ou moins de mots si cela se justifie. Mais ça permet d’équilibrer les scènes et surtout, de se motiver.

Le support technique en direct live ou presque

Ce qui me sidère, c’est que Scribbook est gratuit à la base et on a un service client encore plus réactif et efficace que quand on a un service payant. Je me demande comment fait Jonathan pour toujours répondre présent quand on est confronté à un bug (à part ne jamais dormir 😀 ).

Pour moi, un produit ce n’est pas que l’objet lui même mais aussi le service qui l’entoure. S’il y a bien une chose que j’ai appris avec mes années de boîte, c’est que l’écoute de l’utilisateur est aussi importante que le développement en lui-même.

Tout mail, toute question, doit avoir une réponse, même par un « je ne sais pas ». Politique de transparence 100 %. Après pour la réactivité, c’est plus un état d’esprit : ne pas laisser traîner les choses ! Beurk !

Après effectivement, Scribbook n’est pas mon activité principale : j’ai un travail à côté. Aussi il peut m’arriver de juste répondre que je creuserai le point le soir ou dans la semaine (en fonction de la gravité si cela concerne un bug). Mais le mot d’ordre c’est « qualité » et « transparence ». Les bugs existent dans TOUTES les applications. Parfois le seul critère de l’utilisateur ce ne sont pas les fonctionnalités, mais comment le support réagit à ses problématiques.

Et sur la question du support, pour l’avoir maintes et maintes fois testé, nul doute que Jonathan a la palme d’or. #respect 🙂

Ce que je n’utilise pas (mais qui est super pratique)

Les fiches personnages et la documentation

Dans mes romans, j’ai peu de personnages, je n’ai donc pas vraiment besoin. Pour la documentation, c’est pareil, je travaille à l’ancienne avec des carnets de notes. Cela dit, les modules Personnages, lieux et documentation sont super pratiques si vous êtes des fanas des fiches personnages très élaborées ou si vous avez trente douze mille personnages à gérer dans un roman de fantasy ou de SFFF.

Dans le module de documentation, on peut stocker des urls de sites de références, des morceaux de textes, des images, etc… Si l’on veut tout centraliser dans Scribbook pour avoir toute sa doc sous la main (ou plutôt sous le clavier), c’est topissime.

La gamification

Jonathan a imaginé un tas d’outils pour inciter à l’écriture. C’est souvent le gros problème des écrivains débutants : on n’ose pas commencer, on a peur, on flanche. Les objectifs, les récompenses et les concours sont une forme de motivation et c’est donc très utile. Par exemple, le canevas ascensionnel abonde l’objectif en fonction du nombre de mots écrits par jour : plus vous écrivez, plus l’objectif grimpe !

Pour ma part, je n’utilise que le canevas du Nanowrimo.

Le mode Premium

Comme tout produit, il faut un modèle économique. Jonathan a commencé le développement de Scribbook de manière totalement bénévole et l’a partagé avec d’autres utilisateurs. Il fallait bien, à un moment, qu’il puisse rémunérer le temps passé. Le mode Premium a été mis en place pour cela, mais l’objectif de Jonathan était de laisser l’essence de Scribbook en accès gratuit (c’est-à-dire qu’on n’aie pas besoin de payer pour écrire). Le Premium apporte donc des fonctionnalités complémentaires : la vitrine auteur, la sauvegarde sur les nuages, des fiches personnages plus élaborées…

Pour ma part, j’avoue, je souscris au mode Premium uniquement par principe pour soutenir Jonathan, car le fait est que je n’utilise quasiment pas les options proposées. 😀 La base gratuite me suffit (et je pense qu’elle continuera à me suffire).

Dans le Premium, on a une vitrine auteur, quel est l’intérêt pour un auteur de faire de la publicité auprès d’autres auteurs ?

En fait tout dépend de ce que l’on veut mettre dans sa vitrine. C’est d’ailleurs ce qui fait que la cible « auteur » pour un auteur est intéressante. Si l’on a un blog d’écriture par exemple : qui mieux qu’un autre auteur pour en profiter ? La mise en avant d’un article sur des techniques d’écriture sera en toute logique bien reçue par quelqu’un qui peut se servir de ce savoir.

Plus basiquement, si l’on veut faire de la publicité de son nouveau bébé de 250 pages, ne dit-on pas qu’il faut lire avant d’écrire ? Un auteur est un lecteur en puissance. Je dirais même qu’un auteur consomme souvent plus de livres que le lecteur lambda.

Même pour l’utilisateur non-premium, je trouve ce concept de vitrine qualitative plus sensé qu’une « publicité google pour un aspirateur » alors que je suis en train de faire le plan de mon nouveau livre 😉 .

N’oublions pas que l’utilisateur non-premium peut fermer cette vitrine et ne la voit pas en mode sans distraction. Ça ne lui est pas imposé et n’étant pas agressé, je pense qu’il est plus réceptif/accueillant vis à vis de son contenu.

Qu’est-ce qui a motivé le choix de proposer une sauvegarde export sur un cloud (Dropbox ou Google Drive) ?

Bonne question ! Scribbook sauvegarde déjà à distance sur ses propres serveurs. On peut donc considérer avoir déjà mis « dans le cloud » avec la sauvegarde classique (et redondée) de Scribbook. Pourtant la sauvegarde externe répond bien à un double besoin :

1. Versionner : Dans le processus d’écriture et de réécriture, il est parfois (souvent) intéressant de confronter différente version du même projet. Le « versioning » permet de garder des images à date fixe de vos projets.

2. Rassurer : Même si en plus de 5 ans d’existence Scribbook n’a eu que très peu de off ou de problèmes (n’est ce pas Lynda ? #jeconfirme), la confiance de certaines personnes dans des infrastructures de sociétés qui ne sont pas de grand nom est limitée.

La base de Scribbook est redondée et cryptée, mais ce n’est pas Facebook ou Google. Certains utilisateurs me demandent carrément avant de s’inscrire : pouvez vous me rassurer : Scribbook ne va pas disparaître dans un an et mes textes avec ?

Alors, non ! Scribbook est là pour durer ! Mais au moins maintenant, si on ne me croit pas sur parole, on peut programmer une sauvegarde automatique hebdomadaire vers son cloud favori 😉

Quels sont les prochains développements que tu prévoies (Premium ou non) ?

Actuellement je travaille sur un sujet « pour tous » et un sujet « premium ». Mais je suis désolé, c’est top secret. Avant, j’annonçais clairement mon planning de développement à tous. Ça fonctionnait quand on était à 1000 utilisateurs et pas de concurrents sérieux.

Aujourd’hui, on en est à plus de 15000 inscrits (bientôt 16), et c’est toujours délicats de faire rêver autant de gens et surtout les décevoir, si au final on change de sujet en cours de route. Idem, quand on décrit un nouveau développement par le menu, parfois avec des screenshots, mais que l’on met du temps à le développer : c’est du pain bénie pour la concurrence 🙂

Voici toutefois une liste non exhaustive et non priorisée des sujets à venir (premium et pour tous) :

– Générateur de goodies imprimables tirés de votre projet ;

– Compagnon mobile Scribbook ;

– Dictée vocale (en ligne le 14 mai) ;

– MindMap ;

– Timeline ;

– Sas de bêta lecture

– etc.

Dernière question : comment vois-tu Scribbook dans 5 ans ?

Allez, un peu de rêve : 50 000 utilisateurs, 500 premium inscrits avec abonnement mensuel qui me permettent de vivre de Scribbook et donc d’être là à 200 % développant à gogo pour tous :-).

Pour l’application elle-même : tout ce qui est dans la liste précédente aura été développé. J’organiserai un concours annuel reconnu d’écriture avec jury et édition à clé.

Que c’est bon de rêver… 😀

C’est bon de rêver, mais pour l’instant, on continue à écrire. J’espère vous avoir donné quelques clés pour mieux comprendre Scribbook. Après tout, le mieux pour se faire une opinion soi-même, c’est de tester ! Vous ne risquez rien, puisque c’est gratuit : alors rendez-vous ici et rejoignez la communauté des Scribbookers 🙂 Merci à Jonathan d’avoir répondu à mes questions (et d’être toujours aussi réactif !). 🙏

[TAG] 35 questions à une romancière

Cette semaine, je me fais un plaisir de répondre à l’invitation de Marièke du blog Mécanismes d’Histoires. Elle s’est auto-posée 35 questions et a invité 5 auteur·rices à faire de même. On peut répondre en vidéo ou en article, sur le blog, Facebook, Instagram… Moi, j’ai évidemment choisi le blog, mon support préféré. Prenez une boisson, installez-vous, c’est parti !

En bref

#1 Qui es-tu ?

Je m’appelle Lynda Guillemaud (sans blague !). Pour la petite histoire, c’est mon nom d’épouse, que je porte depuis 23 ans (oui oui !). Tellement longtemps que lorsqu’on m’appelle par mon nom de jeune fille, j’ai un temps d’arrêt avant de comprendre qu’il s’agit de moi 😀 . J’ai 44 ans (bientôt 45), je suis romancière, rédactrice web et chargée de communication publique.

#2 Où peut-on te retrouver ?

Ce blog existe depuis 2003, j’y postais d’abord des bribes de textes et des braconnages (citations piochées au gré de mes lectures). Puis, lorsque mon premier roman est paru, le blog est peu à peu devenu mon site d’autrice. Dernièrement j’y ai ajouté mon activité de rédactrice.

Je suis aussi présente sur Facebook et Instagram, mais j’avoue ne pas encore bien maîtriser les réseaux sociaux dans une visée professionnelle (la création de contenu, tout ça…). C’est l’un de mes objectifs pour la fin 2020. Je suis aussi présente sur LinkedIn.

J’ai une infolettre qui se voulait mensuelle et qui est envoyée aujourd’hui en fonction de mon actualité. Il faudrait que je revienne à une certaine régularité, cela fait partie aussi des objectifs !

Origin Story

#3 Depuis combien de temps écris-tu ?

Depuis que je sais tenir un crayon pour faire autre chose que colorier… J’adorais quand on avait « production de texte » à l’école. Écrire 15 lignes ? Même pas peur !

Au collège, je scotchais ensemble mes copies doubles de rédaction les unes aux autres pour faire comme un livre. Jeannine, ma prof de Français s’en délectait et m’en parle encore aujourd’hui !

#4 Quel a été ton premier projet ?

Je ne sais pas si c’est vraiment le premier projet, mais je me souviens avoir passé quelques journées avec ma petite sœur, à inventer une histoire qui se passait sur notre lieu de vacances, à Quimiac. J’écrivais les textes (à la main, sur un cahier d’école) et elle dessinait des illustrations. L’héroïne s’appelait Christine Bibi et elle devait coincer de méchants malfrats qui avaient caché des paquets de haschisch (on disait « hakik » :p ) dans les rochers.

#5 Quand as-tu fini ton premier projet ?

On n’a jamais terminé l’histoire précédente avec ma soeur. Je dirais que mon premier « vrai » projet d’écriture achevé, c’est le roman qui a donné Oraison pour une île. Sauf qu’à l’époque, c’était un monstre de 500 pages, très bavard, très désordonné. Il a porté plusieurs titres, au fur et à mesure de son évolution.

Les différentes versions d’Oraison pour une île.

Je l’ai finalement complètement réécris et expurgé pour lui donner sa forme actuelle, mais ça a été beaucoup, beaucoup plus tard, presque 20 ans après la première version. J’en parle ici si ça vous intéresse.

#6 Quels sont les enseignements que tu en as tiré ?

J’ai fait lire mon pavé à plusieurs personnes, et notamment à un lecteur qui travaillait pour une maison d’édition. Ça m’a appris l’humilité et à recevoir des critiques sur mon travail. J’en ai pris plein la gueule, mais c’était salutaire, car ça m’a forcée à me questionner sur ce que j’avais écris, à questionner mon roman. Qu’est-ce que je voulais faire passer comme message ? Quelle est mon histoire ?

Je me suis rendu compte que mes personnages n’étaient pas crédibles, qu’il y avait en fait plusieurs histoires en une avec le même personnage central et que ça ressemblait plus à une sorte de chronique adolescente qu’à un roman. Il faut le digérer, mais c’était une bonne chose.

Moi, auteur·rice

#7 As-tu fait ton coming out d’auteur·trice et annoncé à tes proches (famille, collègue, couple…) que tu écrivais ?

Ma famille et mes proches savent que j’écris depuis toujours, forcément, ils m’ont toujours vu avec un crayon / une machine à écrire / un ordinateur dans les mains. La plupart, d’ailleurs, m’ont toujours demandé quand est-ce qu’on trouverait mes livres en librairie. 🙂

Côté pro et amical, en revanche, il m’a fallu plusieurs années avant de révéler que j’écrivais. Mes plus proches collègues et amis le savaient, mais c’est tout. Je ne le criais pas sur les toits, je pense à cause d’un syndrome de l’imposteur bien présent. Je ne me suis sentie légitime à me prétendre écrivain que lorsque j’ai signé mon premier contrat d’édition (en 2017) et quand j’ai fait ma première dédicace en librairie.

Dédicace à Cultura Chantepie (35)

#8 Pourquoi écris-tu ?

Parce que je ne sais faire que ça. Je suis nulle en dessin, les loisirs créatifs me gonflent assez rapidement, je n’aime pas parler (même si je suis bavarde !), mais j’aime écrire.

J’aime la sonorité des mots, j’aime partager des histoires avec les autres, j’aime offrir un moment d’évasion. J’aime aussi transmettre des émotions, des paysages, des connaissances (je n’écris pas des romans historiques par hasard).

#9 Que lis-tu ? Un·e auteur·trice de prédilection ?

Côté fiction, des romans historiques, évidemment. Mon modèle est Maurice Druon, avec Les Rois Maudits ; son histoire de la Guerre de Cent ans m’a passionnée. J’aime aussi la manière d’aborder l’histoire, plus romanesque, de Juliette Benzoni et d’Anne Golon. De mes études littéraires, je garde une forte appétence pour ce qu’on appelle « les classiques » : Zola, Flaubert, Maupassant, un peu moins Balzac, mais aussi Tolstoï et Dostoïevski, découverts sur le tard, ainsi que Rainer Maria Rilke.

Côté non-fiction, j’aime lire de la philosophie, des livres sur l’histoire des idées, des essais comme ceux de Régis Debray.

Je n’ai pas vraiment d’auteur de prédilection, je marche au coup de coeur, au feeling. Un livre va m’interpeller par son thème et pas forcément par son auteur. Cela dit, je lis assez peu de littérature contemporaine, les Nothomb et autres ne m’attirent pas, mais j’ai de bons souvenirs de Carlos Ruiz Zafon, par exemple. Je ne lis quasiment pas de thrillers et de polars, ça m’ennuie.

#10 Quel(s) genre(s) écris-tu ?

Des romans historiques 🙂 (étonnant, non ?), mais aussi des romans plus contemporains. Leur particularité est d’être très ancrés dans un territoire. C’est souvent un lieu qui sert de point de départ à un roman. Cela dit, je ne sais pas si on peut qualifier mes romans de « régionaux ».

#11 As-tu un thème de prédilection ?

Je ne sais pas trop… Je marche là encore beaucoup au feeling. J’ai envie de parler de quelque chose, je le fais. Je dirais que la constante, dans mes romans, c’est la présence d’une histoire d’amour, même si elle n’est pas au premier plan. L’autre constante, dont je parlais dans la réponse précédente, c’est l’ancrage territorial.

#12 Quel est ton personnage préféré dans tout ce que tu as écris ?

Aucune hésitation, c’est Éléonore, mon héroïne du Vent et du Sang des Lumières. C’est un personnage féminin fort, rebelle, indiscipliné, mais dont le caractère tempétueux et affirmé cache beaucoup de fragilité. En cela, elle me ressemble pas mal (sauf qu’elle est beaucoup plus fière et orgueilleuse que moi, moins patiente aussi).

J’ai un faible également pour Joshua, le personnage masculin d’Oraison pour une île, son côté insaisissable, mystérieux, même pour moi. C’est sans doute la raison pour laquelle j’ai eu du mal à retravailler ce texte et à le terminer. Je considère d’ailleurs qu’il est toujours inachevé et certains de mes lecteurs en ont fait la remarque : il manque des clés pour comprendre comment Caroline et Joshua en sont arrivés là. Mais moi-même, je ne les ai pas…

#13 As-tu un défaut d’écrivain·e ?

Pas facile, comme question, ainsi que le dit Marièke. Je dirais que mon principal défaut était de ne pas savoir finir une histoire. De manière générale, je n’aime pas les choses qui se terminent, ça vient donc sans doute de là. Je mets au passé, car j’ai appris, notamment en travaillant en amont sur mes plans, à finir mes histoires.

Mon autre défaut est assez commun à beaucoup d’écrivains, c’est le syndrome de l’imposteur. Je me demande encore assez souvent si je ne fais pas ma crâneuse à me prétendre écrivain.

#14 Ta qualité d’écrivain·e, c’est quoi ?

C’est encore plus difficile de cerner ses propres qualités que les défauts ! Je dirais que c’est ma capacité à transmettre des émotions par la description des sensations des personnages. On me dit souvent qu’en lisant mes romans, on sent les odeurs, le vent, la mer.

#15 Quelle est la pire critique que l’on pourrait te faire en tant qu’auteur·trice ?

La pire critique, ce serait qu’on me reproche de ne pas assez documenter mes histoires, surtout les romans historiques. Je redoute toujours qu’un féru d’histoire trouve une incohérence ou une aberration. C’est possible, car je ne suis pas infaillible, mais j’essaie vraiment d’écarter au maximum tout risque en faisant beaucoup de recherches.

#16 Et la meilleure ?

Qu’on a lu mon roman d’une traite, sans pouvoir s’arrêter. Et qu’on a appris des choses en lisant mon livre.

Tes habitudes

#17 Café ou thé ?

Les deux. Le matin, c’est café, toujours sans sucre. L’après-midi, plutôt thé, mais avec modération car sinon je passe ma vie aux toilettes :). J’aime particulièrement le thé nature avec un soupçon de citron.

#18 Grignotage ou pas ?

Non. Je ne suis pas une grignoteuse naturellement. Cependant, je fais toujours une pause vers 16h pour me caler avec une orange et couper l’après-midi.

#19 Matin ou soir ?

J’aime écrire le soir, c’est là que je suis le plus créative. Par contre, j’ai découvert que j’étais plus productive le matin. Donc je travaille en début de journée et je consacre la fin à mes romans.

#20 Bibliothèque ou café ?

Plutôt bibliothèque, mais j’aime aussi être dans un café pour écrire. J’ai une grande capacité à me concentrer et à me réfugier dans ma bulle, donc le mouvement autour de moi ne me dérange pas. Cela dit, j’aime l’atmosphère feutrée des bibliothèques, je m’y sens chez moi.

#21 Musique ou silence ?

Plutôt silence. Comme je suis malentendante, les sons de la vie sont déjà plus ou moins assourdis pour moi et quand je porte mes appareils auditifs, les bruits sont toujours assez agressifs. Donc j’apprécie le silence.

J’aime cependant écrire en musique, toujours instrumentale, notamment quand j’ai besoin de m’isoler dans ma bulle. Par exemple, s’il y a la télé en fond dans la maison (mon bureau est en mezzanine), je mets la musique pour ne pas être perturbée par les paroles. En fait, le bruit ne me dérange pas, c’est plutôt le fait d’avoir des mots, car par réflexe j’essaie de comprendre ce qui est dit. C’est pour cela sans doute que j’écoute de la musique instrumentale.

#22 Si c’est en musique, tu nous partages ta playlist du moment ?

J’adapte toujours mes playlists en fonction de ce que je fais. Si c’est un roman historique, je vais être plutôt sur des musiques épiques, du style bandes originales de film. Lorsque j’écrivais ma romance médiévale, j’écoutais de la musique du moyen-âge celtique pour me mettre dans l’ambiance. Pour travailler, c’est souvent de l’électronique, avec une ambiance lounge et chill (merci Spotify).

#23 Carnet ou ordinateur ?

Les deux ! J’adore les carnets, mais j’ai aussi à peu près deux tonnes de cahiers d’écoliers rescapés de mon cursus scolaire et de celui de mes filles ! J’ai horreur de jeter, donc j’ai gardé les cahiers pas ou peu entamés. Je réutilise aussi de vieux agendas publicitaires brochés en format A4 ou A5 (j’aime bien le papier utilisé).

carnet d'écriture roman #6
Un vieil agenda customisé en carnet d’écriture.

Les cahiers et carnets me servent à prendre des notes, structurer mes histoires, construire mon roman. C’est un compagnon, mais sauf exception je n’y écris jamais. Pour écrire mes romans, j’utilise l’ordinateur et notamment l’application d’écriture Scribbook.

#24 Un projet ou plusieurs ?

Je n’arrive pas à me concentrer sur plusieurs projets lorsque j’écris. Donc je ne rédige qu’un seul roman à la fois. Par contre, j’ai plusieurs projets en route en même temps, qui mûrissent chacun à leur rythme.

Là, par exemple, je viens de finir ma romance médiévale pour Harlequin, je vais donc me remettre sur mon septième roman (contemporain), mais je réfléchis en même temps au tome 3 des aventures d’Éléonore.

#25 Quel est ton rituel d’écriture ?

Je ne sais pas si j’en ai vraiment un. En revanche, je sais que j’ai besoin de savoir que je dispose d’au moins une à deux heures pour me mettre à écrire, sinon je fais autre chose. Depuis quelques mois, j’ai (enfin) mon bureau posé face à la mer que je vois depuis ma fenêtre, donc je dirais que mon seul rituel c’est de pouvoir regarder la marée monter et descendre…

#26 Quelle est ton application d’écriture préférée ?

Sans conteste Scribbook. J’ai rencontré (virtuellement) le développeur de cette application lors de l’atelier d’écriture Draftquest et je le suis et le soutiens depuis le début. Il a créé cette application sur le modèle de Scrivener, mais en ligne, afin de pouvoir être accessible depuis n’importe quel navigateur. Depuis, l’application a beaucoup évolué et elle continue. Elle me convient tout à fait car elle est pratique, intuitive, efficace.

Pour la mise en page de mes romans, j’utilise Libre Office ou Word, mais je n’y écris pas directement.

#27 Tu nous parles de ton bureau ?

Dans mon ancienne maison, j’avais la chance d’avoir une pièce pour moi toute seule. Dans la nouvelle, il est sur le palier de l’étage qui fait environ 25 m² et qui est ouvert en mezzanine sur l’escalier. Il comporte une moitié salon-chambre d’appoint et une moitié bureau – où je suis. Je perds donc ma pièce isolée, mais j’y gagne… la vue sur la mer.

Lorsqu’on a acheté le terrain l’année dernière, j’ai dessiné les plans de la maison en tenant compte de ce paramètre et je ne le regrette pas, car c’est à la fois très reposant et vivifiant. Son seul petit inconvénient est d’être orienté plein nord, donc je manque de soleil… mais bon, on ne peut pas tout avoir !

bureau mer écrivain
Vue sur la mer, entre deux maisons, mais la mer quand même ! (désolée pour la qualité de la photo, mais ce n’est pas facile de prendre à la fois le bureau et la vue 🙂 ).

Pour l’instant, mon bureau est encore en chantier, dans le sens où j’ai remis mes vieux meubles, mais d’ici l’année prochaine on devrait installer des étagères et un plan de travail plus pratique.

Et sinon, pour rebondir sur la remarque de Marièke, je suis très très très ordonnée, donc mon bureau est toujours rangé au carré. 🙂

Ta méthode

#28 Pantser (jardinier) ou planner (architecte) ?

J’ai longtemps été une jardinière, mais je suis aujourd’hui beaucoup plus architecte. Cela dit, je me définis volontiers comme une archinière : c’est-à-dire que je fais des plans, mais je les suis rarement complètement. Il y a toujours un moment quand j’écris où un personnage fait l’inverse de ce qui était prévu. Parfois, je reprends pour coller à mon plan, mais souvent j’adapte mon plan à cette réaction inattendue.

#29 As-tu une méthode d’écriture ? Laquelle ?

Non. J’ai bien tenté la méthode flocon, mais elle finalement trop restrictive pour moi, ça me bloque plus qu’autre chose. J’ai besoin de me laisser porter par mes personnages, ma thématique, mes phrases. Quand je commence un roman, j’essaie néanmoins de structurer un minimum, puis je découpe en scènes et ensuite je rédige chaque scène.

#30 Quelles sont les grandes étapes de l’écriture d’un roman pour toi ?

D’abord, je pose mon envie : de quoi je veux parler ? Souvent, il y a un lieu associé et tout part de là. Ensuite, j’ai des personnages que je décris sommairement. Les fiches personnages sont d’une remarquable inutilité chez moi, car souvent ils se révèlent au gré de l’écriture.

Après, je pose l’intrigue (ou plutôt un fil conducteur), en quelques mots, que je détaille au fur et à mesure (finalement c’est un peu de la méthode flocon, mais à ma sauce), je structure en chapitres et en parties.

Puis je découpe en scènes, avec chacune une description de ce qui doit se passer. Enfin, je rédige, mais souvent je reviens sur ma structure, car des choses pas prévues surgissent et j’adapte. C’est un constant aller-retour.

synopsis scribbook roman 7
Mes scènes dans Scribbook.

Je fais mes recherches documentaires un peu tout le temps : au début pour cerner la période ou le lieu que j’ai choisi, mais aussi en construisant ma structure pour vérifier que ça colle, et enfin pendant l’écriture pour des détails.

Ensuite, une fois le premier jet fini, je laisse mariner quelques semaines et je fais une relecture d’ensemble pour corriger le scénario. J’envoie cette version 2 à des bêta-lecteurs, puis je procède à une réécriture plus ou moins large en fonction des retours. Enfin, il y a les dernières relectures plus attachées à la forme.

#31 Quels sont les projets que tu as terminé ?

J’ai actuellement publié 5 romans complets :

J’ai aussi signé quelques contributions à des recueils de nouvelles :

#32 Quel est ton projet en cours ?

Je suis en train de terminer ma romance historique pour la nouvelle collection Aliénor d’Harlequin. L’histoire se déroule en Bretagne à l’époque médiévale. La parution est prévue pour fin 2020 (je vous en parlerai plus dans les prochaines semaines !).

Je reprends la réécriture du roman #7, qui a pour théâtre mon nouveau territoire, la région de Saint-Nazaire et de Pornic. J’avais laissé l’écriture en plan afin de me concentrer sur le projet Harlequin et je retrouve en ce moment avec plaisir mes personnages.

Pour conclure

#33 Aimerais-tu devenir écrivain·e à temps plein ?

Oui, c’est mon rêve le plus cher et je le caresse depuis mon plus jeune âge (je me désespérais toujours qu’il n’existe pas d’école d’écrivain). Je suis d’un naturel solitaire et très secrète, j’apprécie d’être seule avec mes mots et mes personnages. Aujourd’hui, j’ai commencé à faire de la rédaction web pour pouvoir gagner ma vie en écrivant et en étant indépendante. L’objectif est de faire de la rédaction web une activité d’appoint à mon métier de romancière…

#34 Un conseil pour quelqu’un qui commencerait à écrire ?

Se lancer, commencer, prendre le crayon ou le clavier et écrire. Se poser les questions après, seulement.

#35 Une autre question à laquelle tu souhaiterais répondre ?

Au-delà des deux projets en cours, est-ce que j’en ai d’autres en tant qu’autrice ? La réponse est oui 🙂 :

  • Pour 2021 : Un nouveau roman autour du lac de Guerlédan, en centre-Bretagne et abordant l’histoire d’une famille sur plusieurs générations.
  • Pour fin 2022 : Le tome 3 de ma saga des Lumières. J’ai déjà l’arc principal, mais il reste un gros travail de documentation, de construction de l’intrigue et des personnages, sans parler de la rédaction.

Voilà, ce marathon de 35 questions est terminé ! J’espère que ça vous a plu et merci à Marièke d’avoir pensé à moi. C’est le moment maintenant d’inviter quelques collègues auteurs et autrices à relever le défi :

  • Myriam Caillonneau
  • Aidan Fox
  • Anaïs W.
  • Nathalie Bagadey
  • Mélanie De Coster

À vous de jouer, les copains et copines : sur votre blog, sur Facebook, Instagram… où vous voulez ! 🙂

Le Sang des Lumières en promo en mai

Mon deuxième roman historique, Le Sang des Lumières, sera à tout petit prix en numérique pendant tout le mois de mai : 1,99 € au lieu de 3,99 €. Si vous avez aimé les aventures d’Éléonore dans Le Vent des Lumières, profitez-en pour découvrir cette suite !

Ce roman s’ouvre en 1789 et raconte comment Éléonore, l’aristocrate rebelle, traverse la Révolution Française. Cette période de l’histoire m’a évidemment amenée à écrire un roman plus noir et plus sombre que Le Vent des Lumières, le premier tome. Cela dit, j’ai voulu aussi mettre en lumière les progrès qu’ont permis les révolutionnaires et montrer aussi que la vie continuait, malgré la Terreur, la guerre et les incertitudes.

pub sang des lumières résumé roman historique

La France avait changé, en un mois. Le royaume, en expirant brutalement dans le carnage des Tuileries, s’était transformé en République sans pour autant changer les sujets en citoyens.

Chapitre 19.

Comme dans le premier tome, Éléonore côtoie aussi des grands noms, comme La Fayette ou Robespierre. Elle assistera aux grands événements de cette période : la prise de la Bastille, la chute des Tuileries, la mort du roi… et certains d’entre eux bouleverseront même toute son existence. Je n’ai pas épargné mon héroïne, mais rassurez-vous, elle reste Éléonore jusqu’au bout : têtue, audacieuse et indisciplinée… 🙂

La Révolution était passée là-dessus comme une tempête infernale, détruisant tout sur son passage, les vies comme les maisons, les illusions comme les espoirs, décimant des familles entières et jusqu’aux bases même de la société. De ce champ de ruines, on relevait péniblement de quoi bâtir un monde nouveau, en oubliant que les hommes seraient toujours des hommes, pétris de défauts et d’incohérences, avides de pouvoir et d’argent.

Chapitre 35.
robe de bal abandonnée sur un canapé

Pour vous mettre l’eau à la bouche, je vous propose de télécharger les dix premiers chapitres de ce roman en consultant ce billet. Si vous vous posez la question, on peut lire Le Sang des Lumières sans avoir lu Le Vent des Lumières 🙂

Vous êtes convaincus, rendez-vous ici pour acheter votre exemplaire en numérique ! Bonne lecture à tous 🙂

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