Qu’offrir en cadeau à un auteur ?

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire 🙂 ! J’avais envie de marquer le coup en vous partageant des idées de cadeaux. En effet, le billet écrit en 2018 sur le sujet est le plus populaire de mon blog, je ne sais pas pourquoi. Je profite donc de l’occasion pour l’actualiser avec ces nouvelles idées.

Une affiche sur l’écriture

J’ai découvert il y a peu le compte Instagram de La petite boutique des auteurs et j’aime beaucoup ce qu’ils proposent. Il s’agit d’une boutique française créée par une autrice, Amélia, et dédiée aux auteurs. On y trouve de la papeterie, des mugs, des coffrets thématiques et tout un tas de petits objets dédiés à l’univers de l’écriture.

Pour ma part, je craque particulièrement pour cette jolie affiche, le Manifeste de l’écriture. Je la verrais bien dans mon nouveau bureau lorsqu’il sera aménagé 🙂 .

Le manifeste de l’écriture, sur La petite boutique des auteurs.

Un support pour ordinateur

Le bureau reste le meilleur support pour l’ordinateur. Mais si vous n’en avez pas, vous devez vous installer ailleurs : dans le canapé, dans son lit, dehors… ou sur la table de la cuisine. Et même si on a un bureau, on aime parfois changer de place !

L’ordinateur posé sur les genoux est très déconseillé pour deux raisons principales :

  • Le matériel peut être endommagé, car il ne ventile pas correctement. Il faut toujours le poser sur un support rigide et surtout pas directement sur la couette ou les genoux. À défaut d’autre chose, prenez un livre ou un cahier.
  • La position n’est pas ergonomique pour le corps et vous allez fatiguer du dos et des bras. Dans l’idéal, il faut une légère inclinaison du clavier vers l’avant.

L’idéal est donc d’investir dans un bureau de lit, un coussin ou un support spécifique. On en trouve de tous les styles et de tous les prix.

J’ai une table de lit depuis 2016, je m’en sers moins qu’au début car j’écris moins qu’avant dans mon lit (la position n’est pas idéale pour mon dos, en fait… je vieillis !). Elle est aussi un poil trop haute pour moi.
Le coussin pour ordinateur est pratique aussi dans le canapé, il peut être ventilé ou non, à vous de voir en fonction de votre matériel.
Il existe aussi ce type de support, plutôt indiqué pour les tablettes lumineuse, mais qu’on peut utiliser pour les ordinateurs portables : ma fille aînée en a choisi un pour son anniversaire et elle en est plutôt contente.

Un fauteuil de bureau

C’est plutôt un gros cadeau, mais pourquoi pas ? Je m’interroge pour changer le mien, que je traîne depuis déjà un bon moment… J’ai très envie de m’offrir un siège assis-genoux qui permettent une position très ergonomique pour écrire.

L’inclinaison vers l’avant de ce type de siège allège le poids du corps sur le bassin en le répartissant sur les genoux et les tibias. J’ai déjà eu l’occasion d’essayer ce genre de fauteuil et le confort m’a étonnée. Je pense que je choisirai un modèle avec dossier (et pourquoi pas des pieds à bascule… oui, oui, ça existe !).

Voilà pour ces nouvelles idées cadeaux pour un auteur. Je vous rappelle que vous en trouverez un tas d’autres dans mon billet de 2018. N’hésitez pas à en ajouter aussi en commentaires ! Je vous souhaite par ailleurs un bel été, comme chaque année je vais mettre le blog en pause estivale. On se retrouve en septembre pour de nouveaux billets !

Comment s’organiser pour écrire quand on travaille ?

Lorsqu’on travaille à l’extérieur avec des horaires contraints, il nous paraît difficile voire impossible de trouver du temps pour l’écriture (et plus globalement pour une activité). Avec un peu d’organisation, c’est tout à fait envisageable. Je vous donne quelques conseils pour concilier travail et écriture.

Depuis jeudi, j’ai retrouvé le chemin du bureau, comme beaucoup de salariés qui retournent sur site après trois mois de confinement et de télétravail. La différence, c’est que pour moi il s’agit d’un nouveau poste, car j’ai accepté de faire (encore) un remplacement en collectivité jusqu’en octobre. Je me suis dit que c’était l’occasion de faire un billet sur la façon dont j’allais m’organiser pour écrire tout en travaillant à l’extérieur.

Choisir un créneau dans sa journée

J’ai volontairement écris « choisir » et non « trouver », car je pense qu’on a tous ce créneau, à un moment de la journée. Il faut identifier celui pendant lequel on sera le plus créatif et/ou le plus productif, mais il faut aussi faire en fonction de son mode de vie, du reste de la famille, de ses contraintes, etc.

s'organiser pour écrire en travaillant

Pour les lève-tôt, écrire le matin

Pour certains, le bon créneau se situera très tôt le matin, avant le lever des enfants et du reste de la famille, mais il faut avoir les neurones en place dès le réveil. Pour ma part, je peux me lever à 6 h ou à 7 h, je serai difficilement opérationnelle avant 8 h… Les routines du Miracle morning et autres du même acabit sont remarquablement inefficaces avec moi 🙂 . C’est ainsi, je ne force pas la nature.

Écrire le soir

Pour ma part, je peux plus facilement me dégager une ou deux heures le soir, après le dîner, lorsque chacun vaque à ses occupations vespérales (télé, ordinateur, jeux vidéo…). Je m’installe vers 20 h 30 devant mon ordinateur et j’écris jusqu’à 22 h 30 environ (c’est précisément le cas au moment où je rédige ce billet). L’avantage d’écrire le soir, c’est de ne pas avoir la tête encombrée par les différentes choses qu’on va avoir à faire dans la journée (sauf si on est déjà en train d’anticiper celle du lendemain !).

Profiter des temps de pause

Si vos matinées et vos soirées sont indisponibles pour une raison ou une autre, il reste la pause de midi. Lors de mon précédent remplacement, j’avais 1 h 30 pour déjeuner : en général, je mangeais en 25-30 mn et je gardais 1 h pour écrire. C’est moins long que le créneau du soir et on est tributaire des horaires de son emploi, mais c’est déjà mieux que rien ! La technique s’adapte à toute coupure suffisamment longue dans la journée (par exemple si on a des horaires décalés).

Avoir les bons outils

Pour écrire n’importe où…

Même si on écrit chez soi, une session d’écriture efficace nécessite d’avoir les bons outils sous la main. Si on a un bureau, on s’y installe, sinon on déblaie la table de salle à manger ou le canapé pour y poser ses affaires. Cela permet aussi de créer un environnement propice, de « ritualiser » en quelque sorte le geste d’écrire : en aménageant son espace de travail, on met en condition notre cerveau.

Écrire n’importe où… même en vacances 🙂

… et n’importe quand

Si vous avez calé votre session d’écriture sur le temps de pause au travail, il faut pouvoir accéder facilement à son manuscrit en cours. Vous pouvez emporter votre ordinateur portable si vous avez la possibilité de l’utiliser, mais si vous disposez déjà d’un ordinateur sur votre lieu de travail, une application d’écriture comme Scribbook est d’une grande utilité. En dernier recours, vous pouvez aussi revenir aux basiques : carnet et crayon !

Installer une routine d’écriture

Prendre rendez-vous avec soi-même

David Meulemans, dans son Mooc Draftquest, préconise d’écrire tous les jours : une page, une heure, une scène, un chapitre, peu importe, mais tous les jours. Cela permet d‘installer une routine, un peu comme prendre une douche ou aller faire du sport. Après, cela devient presque automatique et, le jour où vous ressentirez un manque parce que vous n’avez pas écrit comme d’habitude, c’est gagné : la routine est installée.

Installer cette routine n’est pas forcément le plus évident. Une fois que vous avez décidé du moment où vous alliez écrire, il faut vous y tenir. Sinon, ça va marcher les premiers jours et après, la procrastination va s’emparer de vous ! Ma technique, c’est de prendre rendez-vous avec moi-même et d’inscrire mon créneau de session d’écriture dans mon agenda, comme un rendez-vous normal. Comme je fonctionne avec un agenda en ligne, j’ai même un rappel qui me dit que c’est l’heure d’écrire.

Programmer les sessions d’écriture dans son agenda, une bonne manière d’installer une routine d’écriture.

Que faire si on n’a pas d’inspiration au moment de la session d’écriture ?

On écrit quand même. Même si c’est une seule phrase, mais on écrit. Lionel Davoust a écrit dans un de ces articles que la seule technique pour réussir à écrire un livre, c’est de toucher son histoire tous les jours. Mais, et c’est ça que j’aime dans sa technique, l’ouvrir ne veut pas forcément dire écrire tous les jours 500 mots. Ça peut être relire un paragraphe et le corriger, écrire une seule ligne parce qu’on n’arrive pas à écrire plus, revoir le plan d’une scène ou d’un chapitre ou même d’une partie entière… L’essentiel, c’est d’être dans son manuscrit chaque jour, pour l’avoir toujours dans la tête.

Personnellement, j’ai programmé des sessions d’écriture tous les jours de la semaine (du lundi au vendredi), mais pas parce que je glandouille le week-end (enfin, si, quelquefois 🙂 ). Mais je me garde surtout le samedi et le dimanche pour « rattraper » une session si jamais un imprévu m’a empêché d’écrire un soir. Et dans les imprévus, il y a aussi bien l’apéro improvisé que la fatigue après une journée laborieuse. Il faut rester souple et savoir s’adapter pour que la session d’écriture reste une routine et pas une corvée.

Et vous, comment faites-vous pour écrire tout en travaillant ? Est-ce que c’est facile, vous programmez des sessions ou vous vous y mettez quand ça se présente ? Dites-moi tout !

De quoi parle mon prochain roman ?

Pendant que ma romance médiévale est en corrections chez mon éditrice, j’ai repris le clavier pour me remettre sur mon roman 7. Je vous en ai déjà pas mal parlé, mais je ne crois pas avoir évoqué les sujets abordés, les personnages, les lieux, etc. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche, voici quelques éléments…

Les lieux

Comme à chaque fois, les lieux ont une grande importance. Le roman se déroule dans la région de Saint-Nazaire et de Pornic. Évidemment, ce n’est pas un hasard, puisque c’est l’endroit où je vis depuis octobre dernier. Ce sera l’occasion de peindre les paysages des bords de Loire aux rivages de la côte de Jade. Il me permettra aussi d’évoquer la construction navale et la conchyliculture qui sont deux activités économiques importantes de cette région.

Les personnages

Le personnage principal est Ariane, qui revient en France après 15 ans d’absence pour tout reprendre à zéro. Trahie par son premier et grand amour qu’elle a suivi à l’étranger, elle se réfugie chez ses parents, Raymond et Sabine. Elle retrouve aussi son frère Alexis, ainsi que son amie d’enfance, l’exubérante Chloé. Entourée par ses proches, elle tente ainsi de se reconstruire. Son échec sentimental lui paraît cependant bien anodin face au drame d’Hadrien, qu’elle rencontre sur le pont de Saint-Nazaire alors qu’il s’apprête à sauter dans le vide.

L’intervention d’Ariane agit comme un catalyseur sur Hadrien, comme s’il avait inconsciemment attendu ce signe pour s’accrocher à la vie. Ariane, de son côté, n’est pas indifférente non plus au beau Raphaël, son patron, et cette attirance est réciproque. Seulement, elle n’a aucune envie de commettre la même erreur qu’autrefois et mélanger travail et sentiments…

Les thèmes

Les relations familiales

À travers l’histoire d’Ariane qui est le personnage principal, je veux aussi explorer les méandres des relations familiales et notamment les liens entre un père et ses enfants devenus adultes. Qu’est-ce qui forge le ciment d’une famille ? Comment retrouve-t-on sa place au sein de la fratrie après une longue absence ?

Ariane revient chez ses parents après 15 ans passés à l’étranger. Mais son absence a creusé des fossés : saura-t-elle retrouver sa place dans sa famille, notamment face à son petit frère Alexis qu’elle a quitté enfant et qui est maintenant un homme ?

La transmission et l’héritage

Je parlerai aussi de transmission et d’héritage. Raymond, le père d’Ariane, est à la tête d’une entreprise de construction navale, sous-traitante des Chantiers de l’Atlantique, et qui se transmet de générations en générations. Il a toujours rêvé de voir Ariane reprendre le flambeau, mais a déchanté en voyant sa fille partir faire sa carrière à l’étranger.

En revenant à Saint-Nazaire, Ariane ravive ainsi le vieux rêve de son père, mais celle-ci a d’autres ambitions : dessiner les plus grands paquebots du monde au sein des Chantiers de l’Atlantique.

Les rêves d’enfants face à la réalité

Je voudrais aussi aborder la manière dont la vie nous confronte à la réalité et nous oblige parfois à abandonner nos rêves d’enfant, ou à les reconsidérer avec nos yeux d’adultes. En revenant sur les lieux de son enfance, Ariane va découvrir que beaucoup de choses n’étaient qu’apparences ; cette découverte va remettre en question sa vision du couple, de l’amour et de l’amitié.

Voilà, j’ai levé le voile (pas trop, j’espère !) sur le roman que je suis en train d’écrire. Qu’en pensez-vous ? ça vous parle ? Si tout va bien, j’ai programmé la réécriture jusque fin juillet. Ensuite, ce sera la bêta-lecture. Objectif : publication à la rentrée, en septembre !

Un roman, ce n’est pas qu’un univers

En plus d’apprendre à dessiner des mangas, ma fille est en ce moment en train de travailler sur le synopsis de son roman de fantasy. « Enfin », pourrais-je ajouter ! Elle a en effet passé beaucoup de temps à définir son univers, dessiner des cartes, inventer des noms de lieux et de personnages, retardant d’autant le moment de passer à la narration elle-même. Or, un roman, ce n’est pas qu’un univers, aussi précis et merveilleux soit-il. C’est avant tout une histoire. C’est vrai en fantasy, mais aussi pour tout roman.

Au cours d’une conversation sur le groupe Facebook de Scribbook, je me suis rendu compte que c’était un travers qu’ont beaucoup d’auteurs·trices débutants. La personne en question disait qu’elle était bloquée, car elle avait des personnages, un monde, des cartes, des lieux, etc. mais qu’elle était incapable de démarrer l’écriture malgré toute cette matière. Au fil de la discussion, il s’est avéré qu’elle avait tout, sauf « quelque chose à raconter » : une histoire.

L’importance de l’univers

Je crois qu’on a tous été bluffé, à un moment ou à un autre, par l’univers patiemment construit par Tolkien dans le Seigneur des Anneaux. Il a tout inventé, depuis la géographie jusqu’à la mythologie, des langages, des coutumes… C’est le stade ultime de la fantasy, en tout cas à mon sens. Mais s’il en était resté là, Tolkien aurait publié une encyclopédie de la Terre du Milieu et non pas des romans, contes, légendes et autres nouvelles. C’est là toute la nuance (et qui fait de Tolkien un grand écrivain) : il a su, à un moment donné, prendre des personnages pour raconter leur histoire. La création de l’univers ne sert que de décor, de background, comme on dit dans les jeux vidéos.

C’est quoi, un univers ?

C’est un élément important dans les littératures de l’imaginaire (SF, fantasy, fantastique…), mais pas seulement. Un roman historique, quelque part, a aussi son univers propre, sauf qu’il n’a rien d’inventé : pour le construire, on doit faire appel à des faits avérés, des sources diverses. Si l’on écrit un roman réaliste qui se déroule dans un pays qu’on ne connait pas du tout, on va devoir aussi recréer l’univers de ce pays, sa géographie, ses coutumes, sa langue…

Comme le rappelle Pierrick Messien dans un article de l’excellent blog Le souffle numérique, plus l’univers d’un roman est précis et détaillé, plus l’histoire sera crédible et touchera le lecteur. Sauf qu’il faut savoir jusqu’où aller dans le niveau de détail. Sinon on risque de passer sa vie à créer un univers sans jamais écrire la première ligne d’un roman !

Savoir jusqu’où détailler l’univers de son roman

Pour bien cadrer le niveau de détail, il ne faut pas perdre de vue que l’univers doit servir l’intrigue ou l’histoire racontée dans le roman et non l’inverse. Ce qui nous intéresse, dans le Seigneur des Anneaux, c’est le périple de la Communauté pour détruire l’anneau unique et non l’univers, même si sans tout ce formidable contexte, le périple en question aurait beaucoup moins d’impact !

Le seigneur des anneaux Peter Jacskon 10 films qui ont marqué ma vie Lynda Guillemaud romancière

Il est donc tout à fait inutile de prendre du temps pour inventer un langage pour le peuple de votre roman si cela vous permets seulement de caser trois ou quatre phrases dans votre histoire (qui, en plus, auront besoin d’être traduites pour être comprises par le lecteur).

Pierrick Messien conseille avec raison de commencer par travailler son intrigue avant de créer son univers et non pas après, comme l’a fait ma fille, par exemple. Cela permet de savoir de quoi on a besoin, en terme d’univers, pour écrire le roman.

Quand j’ai commencé à écrire ma romance médiévale, je savais que je voulais parler de la Bretagne ducale avant la duchesse Anne, mais c’était tout ce que j’avais comme idée du contexte. Par contre, j’avais déjà mes deux héros et les grandes péripéties de leur histoire. Comme il fallait un conflit, j’ai imaginé qu’ils appartenaient à deux clans rivaux. En me documentant sur l’histoire de la Bretagne avant 1500, je suis arrivée à cette fameuse guerre de Succession des années 1341-1365. De là, j’ai construit l’univers de ma romance, en affinant mes recherches au cours de la rédaction.

Le cœur du roman, c’est l’intrigue

Qu’est-ce qu’une bonne histoire ?

Je me souviens toujours de cette vidéo du Mooc Draftquest Écrire une oeuvre de fiction durant laquelle David Meulemans paraphrasait Hitchcock en martelant :

Un roman (ou un film), c’est trois ingrédients :

1. une bonne histoire,

2. une bonne histoire,

3. une bonne histoire.

Maintenant, il faut savoir ce qu’est une bonne histoire… C’est avant tout une histoire dont on a envie de connaître la suite et la fin, tout en ayant envie de prolonger sa lecture. On part d’un point A pour aller à un point B en passant par différents points. Pendant ce voyage, les personnages vont évoluer, se transformer, vivre.

Des personnages que l’on suit

Une histoire repose sur une intrigue : en dramaturgie, il s’agit de l’enchaînement des événements et des faits modifiant la situation initiale des personnages. Pour écrire un roman, il faudra donc fatalement des personnages, sinon on est en train d’écrire une encyclopédie. Ces personnages se trouveront au début dans une situation initiale, modifiée par un élément perturbateur (ou plusieurs) et toute l’histoire résidera dans leur réaction, avant d’arriver à la situation finale. Évidemment, c’est très schématique, mais on peut caser dans ce schéma quasiment toutes les œuvres de fiction !

Pour revenir à notre autrice débutante de Scribbook bloquée dans l’écriture malgré son univers foisonnant, en discutant avec elle, il s’avérait qu’elle n’avait pas de personnages principaux, pas de héros. Il fallait donc qu’elle commence par en identifier, afin de s’attacher à suivre leurs pas : c’est à travers eux qu’elle allait pouvoir faire vivre son univers.

Pour finir, certains écrivains aiment créer des univers, d’autres préfèrent raconter des histoires. Je suis plutôt dans le deuxième groupe, même si j’aime infiniment le travail de recherche pour rendre le contexte historique dans mes romans. Et vous, vous êtes univers ou histoire ?

Comment reprendre l’écriture d’un roman après une interruption ?

Vous voulez reprendre l’écriture après une longue pause et vous ne savez pas par où commencer ? Je passe par là en ce moment et je me suis dit que quelques trucs et astuces à ce sujet vous intéresseraient peut-être.

Reprendre l’écriture d’un roman après plusieurs semaines, voire plusieurs mois, n’est pas forcément évident, surtout si les deux projets sont radicalement différents. On s’est immergé dans un autre univers, on a côtoyé d’autres personnages et visité d’autres lieux et il faut tout reprendre, presque à zéro.

Là, par exemple, j’ai terminé la relecture et les reprises sur ma romance médiévale pour Harlequin et j’ai donc repris l’écriture de Roman 7 que j’avais laissé de côté en mai 2019. Mais je commence déjà à réfléchir à des projets plus lointains, notamment le dernier tome d’Éléonore.

Personnellement, me remettre dans Roman 7 après presque un an m’a demandé un petit temps de « digestion », mais je pense que ça y est, c’est reparti. Je vous partage les trois phases qui se sont succédées lors de cette remise en route.

Identifier les causes de l’interruption

Cela paraît anecdotique et pourtant, il est primordial de savoir pourquoi on a arrêté l’écriture afin d’appliquer la bonne stratégie pour s’y remettre : est-ce un problème lié au projet lui-même (intrigue, personnages, thème) ou bien lié à une cause extérieure ?

Une cause extérieure

La vie d’auteur n’est pas forcément un long fleuve tranquille et nous force parfois à faire des choix. Pour ma part, je n’arrive pas à mener l’écriture de deux romans en même temps ; je peux avoir plusieurs projets d’écriture simultanés, mais il ne faut pas qu’ils soient au même stade. Souvent, j’en mûris un pendant que j’écris ou corrige un autre.

Pour moi, c’était un choix délibéré de mettre en pause Roman 7, destiné à l’auto-édition, puisque j’avais un manuscrit à écrire pour honorer un contrat avec un éditeur. On va donc dire que c’était un cas de force majeure, d’autant plus que dans le même temps, j’ai suivi les travaux de ma nouvelle maison, déménagé et changé de boulot. Bref, à un moment donné, on ne peut pas être partout et j’ai préféré laisser de côté ce roman.

Dans ces cas-là, il n’y a pas trop de problème de motivation, on est même plutôt pressé de reprendre le roman en cours (même si ça ne se fait pas tout seul, mais on verra ça après).

Un problème de motivation pour son projet

Il en est tout autrement lorsqu’on laisse un projet de côté parce qu’on n’est pas – ou plus – motivé pour l’écrire. Là, il faut travailler un peu pour savoir pourquoi on a perdu la motivation.

  • Si c’est parce que le sujet, l’intrigue ou les personnages ont perdu de leur intérêt, interrogez-vous sur les raisons qui vous poussent à reprendre l’écriture de ce projet malgré tout. Qu’est-ce qui vous tient à cœur : le thème, les personnages, l’intrigue ? Retenez ce qui est important et revoyez le reste (ça va plus vite à dire qu’à faire !).
  • Si c’est parce que vous êtes dans une impasse scénaristique, il faudra revoir le synopsis et envisager certainement une refonte plus ou moins profonde (là aussi, ça va plus vite en le disant).

Parfois, il sera nécessaire de passer par une nécessaire phase de remise en cause qui peut être « douloureuse », dans le sens où on doit tirer un trait sur quelques semaines ou mois de travail. Mais c’est le prix à payer pour avancer.

chevalier romance bretagne médiévale
Reprendre l’écriture, c’est aussi savoir remettre en cause ce que l’on a écrit sans renier son travail.

Savoir où on en est dans son manuscrit

Ça parait évident, mais se replonger dans son roman ne va pas demander le même travail si l’on en est au tout début du premier jet ou si au contraire on n’avait plus que les corrections à faire. Il faut donc faire un bilan de l’existant et pour cela, une seule technique : relire ce qu’on a écrit. Cela permet d’abord de se replonger dans son univers et de reprendre contact avec ses personnages et l’histoire. Ensuite, on peut vérifier si tout fonctionne et tient la route. Si l’on a un premier jet, c’est parfait, sinon on relit ses notes, les biographies de ses personnages, son plan, son synopsis, sa documentation…

Dans le cas de Roman 7, j’avais un premier jet écrit. Pour autant, avant de me mettre en pause, j’avais retravaillé l’intrigue, car mon synopsis ne me convenait pas tout à fait. J’avais utilisé à ce moment la technique des post-it pour reconstruire un scénario cohérent. J’ai donc un manuscrit quasi rédigé mais avec beaucoup de scènes à reprendre, voire à réécrire complètement et même quelques-unes à écrire tout court.

Réagencer le scénario de son roman… à l’ancienne !

Relire mon manuscrit écrit mais inachevé près d’un an après m’a permis de me rendre compte (aussi) de ce qui me restait à faire... et de me rassurer. Sincèrement, je ne pensais pas avoir balisé à ce point le travail à faire avant d’arrêter. En gros, il ne me reste aujourd’hui plus qu’à écrire.

Planifier les prochaines étapes

C’est le moment de s’y remettre. Pour moi, il m’a fallu quelques jours entre le moment où j’ai tout relu et celui où j’ai réellement commencé à réécrire. J’ai fait l’erreur de commencer par la première scène à réécrire et il s’avère qu’elle ne m’inspirait pas tellement. Ne faites pas comme moi, commencez par une scène qui vous enthousiasme pour commencer !

Avant cela, j’ai repris tout mon plan pour bien me remettre les différentes étapes de l’intrigue dans la tête, afin d’avoir une vision d’ensemble. Grâce au mode carte de Scribbook, chacune de mes scènes est identifiée et calibrée, comme un panier qu’il va falloir maintenant remplir.

Bref, y’a plus qu’à ! C’est maintenant le moment de me mettre à écrire. Ma technique pour y arriver et éviter de procrastiner, c’est de me fixer un objectif, par exemple revoir une scène par jour : quelquefois ça sera juste de la relecture, le lendemain de l’écriture pure. Puis je planifie ça dans mon bullet journal en définissant des temps d’écriture dans la semaine. J’ai remarqué que j’avais besoin de ça pour m’y coller vraiment : si j’attends « d’avoir le temps »… je ne m’y mets jamais !

Voilà comment j’ai repris l’écriture en ce mois de mai. Chacun a sa technique pour reprendre l’écriture d’un roman : Marièke dévoile la sienne sur son blog Mécanismes d’Histoires. Et vous, comment faites-vous ? Partagez vos astuces en commentaires !

Scribbook, le studio d’écriture en ligne ultime

Cela fait maintenant près de 4 ans que j’utilise Scribbook pour rédiger les manuscrits de mes romans. Avant, comme beaucoup d’écrivains en herbe, je rédigeais sous Word ou Libre Office, avec les inconvénients inhérents : lourdeur, mauvaise gestion des fichiers longs, impossibilité d’inverser différentes scènes sans faire de copier/coller hautement risqué… Alors que Scribbook entre dans sa phase de maturité (à mon sens), j’ai demandé à son créateur, Jonathan Kalfa de répondre à quelques questions et de nous dévoiler les prochaines nouveautés.

Un logiciel ou une application d’écriture, à quoi ça sert ?

Un logiciel ou une application d’écriture est un programme ou d’un site qui permet d’écrire (haha, jusque là ça va). On peut se contenter d’un traitement de texte plus ou moins basique : Word, Libre Office, Pages (sur Mac) ou même Google Docs et il y a des auteur·rices qui s’en accommodent très bien.

Pour ma part, j’ai donc commencé avec Word, puis Libre Office, mais j’ai vite cherché un autre outil plus pratique pour gérer des textes longs. Ceux qui ont déjà scrollé leurs 500 pages de manuscrit à la recherche de la scène 12 pour la replacer entre la scène 5 et 6 sauront de quoi je parle ! Je voulais un logiciel qui me permette de :

  • Gérer les scènes, même si je les écris la plupart du temps de manière linéaire, dans l’ordre chronologique ;
  • Écrire de n’importe où, y compris si je ne suis pas avec mon ordinateur personnel ;
  • Exporter mon manuscrit facilement afin de travailler la mise en page ;
  • Contrôler finement mes statistiques, au-delà du nombre global de signes ou de mots (par exemple savoir que j’ai écrit xx mots aujourd’hui).

C’est ainsi que j’ai trouvé Scribbook

À l’époque de mes recherches (en 2016), il n’existait pas grand-chose sur le marché, en dehors de Scrivener, qui était (est toujours) la rolls des logiciels d’écriture. Grâce à un NaNoWriMo réussi, j’ai pu acquérir Scrivener à moitié prix et ça m’a permis de le tester. J’ai bien aimé, mais ce qui me dérangeait, c’était le côté logiciel justement, qui empêche une relative souplesse d’utilisation. Impossible d’utiliser Scrivener sans l’installer au préalable sur l’ordinateur. Et puis, finalement, c’était trop sophistiqué pour moi.

Face à ces inconvénients (très personnels, je le reconnais), j’en suis venue à Scribbook. Ce studio d’écriture en ligne est développé par Jonathan Kalfa, un collègue de l’atelier d’écriture Draftquest. Confronté aux mêmes soucis que moi, à la différence près que lui est développeur informatique, il a donc créé de toutes pièces une application d’écriture en ligne : Scribbook. Ce studio complet permet d’écrire un roman, scène après scène, chapitre après chapitre. J’ai tout de suite été conquise, car ça répondait très exactement à mon besoin (et a priori je ne suis pas la seule).

Mais d’abord, Jonathan, d’où vient le nom Scribbook ?

En toute transparence, je ne me rappelle plus à 100 % (cela fait 6 ans que le nom est choisi). Je voulais quelque chose relatif à l’écrivain et au livre, quelque chose d’accrocheur, quelque chose de « SEO friendly » eu égard au référencement Google. On cherche, on joue avec le mot pour voir comment il roule sur la langue. C’est comme chercher le titre de son nouveau livre : ce n’est pas simple mais quand on le tiens… ça fait du bien 🙂

Parlons perso : comment travailles-tu pour imaginer les développements de l’application ? Tu geekes dans ton coin ou bien tu aimes consulter d’autres personnes ?

Je m’appuie en continu sur plusieurs personnes :

1. Moi (si si c’est vrai). Car comme les utilisateurs, je suis écrivain. Enfin, j’essaie (pas la peine de chercher mes livres en ligne, il n’y en a pas). J’avais initialement commencé Scribbook uniquement pour moi. Donc c’était au gré de mes besoins. Et puis finalement, si c’était bon pour moi, ça devait sûrement l’être pour les autres 🙂

2. Ma communauté (je vous aime !) qui n’est jamais avare de bonnes idées. Je les note toutes et je vois au fil du temps ce que je peux en faire. La seule contrainte ? Ne pas transformer Scribbook en une machine chaotique. Simplicité ou rien.

3. Un ami écrivain m’aide également. Il est plus versé que moi dans la méthodologie d’écriture (@Sturm, oui c’est toi dont je parle). C’est de lui que vient 80 % du canevas du Héros !

Ce que j’utilise dans Scribbook

Le mode carte

C’est pour moi LE gros plus d’un logiciel spécialisé par rapport à un traitement de texte classique (ce mode n’est pas propre à Scribbook, d’ailleurs). Chaque fichier-scène apparaît sous forme de carte, comme un post-it, que l’on peut manipuler à loisir : déplacer, renommer, effacer… Comme je le disais, j’écris de manière assez linéaire donc je ne l’utilise pas forcément tous les jours, mais lorsque j’ai besoin de visualiser la structure de mon roman, c’est assez puissant.

Le mode sans distraction

C’est peut-être un détail pour vous, mais c’est un mode que j’utilise très régulièrement lorsque j’ai besoin de me concentrer sur mon manuscrit. Le mode sans distraction permet, comme son nom l’indique, de basculer Scribbook en plein écran. Mais surtout, on peut le paramétrer à sa guise avec des fonds d’écran inspirants ou au contraire neutre, les faire changer de temps en temps, etc. Bref, c’est un gadget indispensable, comme dirait l’autre. 🙂

Les objectifs

Dès le départ, Jonathan avait intégré des jauges pour voir les statistiques d’écriture : combien de mots par jour, par fichier, par projet, etc. Puis on a pu définir des objectifs à atteindre par projet. Pour le Nanowrimo, par exemple, où l’on doit écrire 50 000 mots en un mois, c’est super pratique de savoir où on en est.

Depuis quelques semaines, il y a du nouveau avec l’implémentation des objectifs par fichier. C’est-à-dire qu’on peut décider, pour chaque fichier, d’un nombre de mots à atteindre. Et c’est génial pour la motivation ! Au lieu de voir la barre péniblement avancer, on peut découper l’effort. C’est redoutable aussi lors d’une réécriture.

Par exemple, pour le roman 7, je me suis fixée un objectif à atteindre de 75 000 mots (j’en suis à un peu moins de 50 000). La nouvelle fonctionnalité de Scribbook m’a permis de « répartir » les 25 000 mots manquants entre la totalité des fichiers de mon manuscrit (en l’occurrence 1489 mots pour chaque scène). Je me retrouve donc avec des scènes bien remplies (voire trop) et d’autres à abonder.

Les objectifs par fichier dans Scribbok.

Cela dit, il ne faut pas prendre ces objectifs à la lettre : je me réserve le droit de laisser une scène avec plus ou moins de mots si cela se justifie. Mais ça permet d’équilibrer les scènes et surtout, de se motiver.

Le support technique en direct live ou presque

Ce qui me sidère, c’est que Scribbook est gratuit à la base et on a un service client encore plus réactif et efficace que quand on a un service payant. Je me demande comment fait Jonathan pour toujours répondre présent quand on est confronté à un bug (à part ne jamais dormir 😀 ).

Pour moi, un produit ce n’est pas que l’objet lui même mais aussi le service qui l’entoure. S’il y a bien une chose que j’ai appris avec mes années de boîte, c’est que l’écoute de l’utilisateur est aussi importante que le développement en lui-même.

Tout mail, toute question, doit avoir une réponse, même par un « je ne sais pas ». Politique de transparence 100 %. Après pour la réactivité, c’est plus un état d’esprit : ne pas laisser traîner les choses ! Beurk !

Après effectivement, Scribbook n’est pas mon activité principale : j’ai un travail à côté. Aussi il peut m’arriver de juste répondre que je creuserai le point le soir ou dans la semaine (en fonction de la gravité si cela concerne un bug). Mais le mot d’ordre c’est « qualité » et « transparence ». Les bugs existent dans TOUTES les applications. Parfois le seul critère de l’utilisateur ce ne sont pas les fonctionnalités, mais comment le support réagit à ses problématiques.

Et sur la question du support, pour l’avoir maintes et maintes fois testé, nul doute que Jonathan a la palme d’or. #respect 🙂

Ce que je n’utilise pas (mais qui est super pratique)

Les fiches personnages et la documentation

Dans mes romans, j’ai peu de personnages, je n’ai donc pas vraiment besoin. Pour la documentation, c’est pareil, je travaille à l’ancienne avec des carnets de notes. Cela dit, les modules Personnages, lieux et documentation sont super pratiques si vous êtes des fanas des fiches personnages très élaborées ou si vous avez trente douze mille personnages à gérer dans un roman de fantasy ou de SFFF.

Dans le module de documentation, on peut stocker des urls de sites de références, des morceaux de textes, des images, etc… Si l’on veut tout centraliser dans Scribbook pour avoir toute sa doc sous la main (ou plutôt sous le clavier), c’est topissime.

La gamification

Jonathan a imaginé un tas d’outils pour inciter à l’écriture. C’est souvent le gros problème des écrivains débutants : on n’ose pas commencer, on a peur, on flanche. Les objectifs, les récompenses et les concours sont une forme de motivation et c’est donc très utile. Par exemple, le canevas ascensionnel abonde l’objectif en fonction du nombre de mots écrits par jour : plus vous écrivez, plus l’objectif grimpe !

Pour ma part, je n’utilise que le canevas du Nanowrimo.

Le mode Premium

Comme tout produit, il faut un modèle économique. Jonathan a commencé le développement de Scribbook de manière totalement bénévole et l’a partagé avec d’autres utilisateurs. Il fallait bien, à un moment, qu’il puisse rémunérer le temps passé. Le mode Premium a été mis en place pour cela, mais l’objectif de Jonathan était de laisser l’essence de Scribbook en accès gratuit (c’est-à-dire qu’on n’aie pas besoin de payer pour écrire). Le Premium apporte donc des fonctionnalités complémentaires : la vitrine auteur, la sauvegarde sur les nuages, des fiches personnages plus élaborées…

Pour ma part, j’avoue, je souscris au mode Premium uniquement par principe pour soutenir Jonathan, car le fait est que je n’utilise quasiment pas les options proposées. 😀 La base gratuite me suffit (et je pense qu’elle continuera à me suffire).

Dans le Premium, on a une vitrine auteur, quel est l’intérêt pour un auteur de faire de la publicité auprès d’autres auteurs ?

En fait tout dépend de ce que l’on veut mettre dans sa vitrine. C’est d’ailleurs ce qui fait que la cible « auteur » pour un auteur est intéressante. Si l’on a un blog d’écriture par exemple : qui mieux qu’un autre auteur pour en profiter ? La mise en avant d’un article sur des techniques d’écriture sera en toute logique bien reçue par quelqu’un qui peut se servir de ce savoir.

Plus basiquement, si l’on veut faire de la publicité de son nouveau bébé de 250 pages, ne dit-on pas qu’il faut lire avant d’écrire ? Un auteur est un lecteur en puissance. Je dirais même qu’un auteur consomme souvent plus de livres que le lecteur lambda.

Même pour l’utilisateur non-premium, je trouve ce concept de vitrine qualitative plus sensé qu’une « publicité google pour un aspirateur » alors que je suis en train de faire le plan de mon nouveau livre 😉 .

N’oublions pas que l’utilisateur non-premium peut fermer cette vitrine et ne la voit pas en mode sans distraction. Ça ne lui est pas imposé et n’étant pas agressé, je pense qu’il est plus réceptif/accueillant vis à vis de son contenu.

Qu’est-ce qui a motivé le choix de proposer une sauvegarde export sur un cloud (Dropbox ou Google Drive) ?

Bonne question ! Scribbook sauvegarde déjà à distance sur ses propres serveurs. On peut donc considérer avoir déjà mis « dans le cloud » avec la sauvegarde classique (et redondée) de Scribbook. Pourtant la sauvegarde externe répond bien à un double besoin :

1. Versionner : Dans le processus d’écriture et de réécriture, il est parfois (souvent) intéressant de confronter différente version du même projet. Le « versioning » permet de garder des images à date fixe de vos projets.

2. Rassurer : Même si en plus de 5 ans d’existence Scribbook n’a eu que très peu de off ou de problèmes (n’est ce pas Lynda ? #jeconfirme), la confiance de certaines personnes dans des infrastructures de sociétés qui ne sont pas de grand nom est limitée.

La base de Scribbook est redondée et cryptée, mais ce n’est pas Facebook ou Google. Certains utilisateurs me demandent carrément avant de s’inscrire : pouvez vous me rassurer : Scribbook ne va pas disparaître dans un an et mes textes avec ?

Alors, non ! Scribbook est là pour durer ! Mais au moins maintenant, si on ne me croit pas sur parole, on peut programmer une sauvegarde automatique hebdomadaire vers son cloud favori 😉

Quels sont les prochains développements que tu prévoies (Premium ou non) ?

Actuellement je travaille sur un sujet « pour tous » et un sujet « premium ». Mais je suis désolé, c’est top secret. Avant, j’annonçais clairement mon planning de développement à tous. Ça fonctionnait quand on était à 1000 utilisateurs et pas de concurrents sérieux.

Aujourd’hui, on en est à plus de 15000 inscrits (bientôt 16), et c’est toujours délicats de faire rêver autant de gens et surtout les décevoir, si au final on change de sujet en cours de route. Idem, quand on décrit un nouveau développement par le menu, parfois avec des screenshots, mais que l’on met du temps à le développer : c’est du pain bénie pour la concurrence 🙂

Voici toutefois une liste non exhaustive et non priorisée des sujets à venir (premium et pour tous) :

– Générateur de goodies imprimables tirés de votre projet ;

– Compagnon mobile Scribbook ;

– Dictée vocale (en ligne le 14 mai) ;

– MindMap ;

– Timeline ;

– Sas de bêta lecture

– etc.

Dernière question : comment vois-tu Scribbook dans 5 ans ?

Allez, un peu de rêve : 50 000 utilisateurs, 500 premium inscrits avec abonnement mensuel qui me permettent de vivre de Scribbook et donc d’être là à 200 % développant à gogo pour tous :-).

Pour l’application elle-même : tout ce qui est dans la liste précédente aura été développé. J’organiserai un concours annuel reconnu d’écriture avec jury et édition à clé.

Que c’est bon de rêver… 😀

C’est bon de rêver, mais pour l’instant, on continue à écrire. J’espère vous avoir donné quelques clés pour mieux comprendre Scribbook. Après tout, le mieux pour se faire une opinion soi-même, c’est de tester ! Vous ne risquez rien, puisque c’est gratuit : alors rendez-vous ici et rejoignez la communauté des Scribbookers 🙂 Merci à Jonathan d’avoir répondu à mes questions (et d’être toujours aussi réactif !). 🙏

[TAG] 35 questions à une romancière

Cette semaine, je me fais un plaisir de répondre à l’invitation de Marièke du blog Mécanismes d’Histoires. Elle s’est auto-posée 35 questions et a invité 5 auteur·rices à faire de même. On peut répondre en vidéo ou en article, sur le blog, Facebook, Instagram… Moi, j’ai évidemment choisi le blog, mon support préféré. Prenez une boisson, installez-vous, c’est parti !

En bref

#1 Qui es-tu ?

Je m’appelle Lynda Guillemaud (sans blague !). Pour la petite histoire, c’est mon nom d’épouse, que je porte depuis 23 ans (oui oui !). Tellement longtemps que lorsqu’on m’appelle par mon nom de jeune fille, j’ai un temps d’arrêt avant de comprendre qu’il s’agit de moi 😀 . J’ai 44 ans (bientôt 45), je suis romancière, rédactrice web et chargée de communication publique.

#2 Où peut-on te retrouver ?

Ce blog existe depuis 2003, j’y postais d’abord des bribes de textes et des braconnages (citations piochées au gré de mes lectures). Puis, lorsque mon premier roman est paru, le blog est peu à peu devenu mon site d’autrice. Dernièrement j’y ai ajouté mon activité de rédactrice.

Je suis aussi présente sur Facebook et Instagram, mais j’avoue ne pas encore bien maîtriser les réseaux sociaux dans une visée professionnelle (la création de contenu, tout ça…). C’est l’un de mes objectifs pour la fin 2020. Je suis aussi présente sur LinkedIn.

J’ai une infolettre qui se voulait mensuelle et qui est envoyée aujourd’hui en fonction de mon actualité. Il faudrait que je revienne à une certaine régularité, cela fait partie aussi des objectifs !

Origin Story

#3 Depuis combien de temps écris-tu ?

Depuis que je sais tenir un crayon pour faire autre chose que colorier… J’adorais quand on avait « production de texte » à l’école. Écrire 15 lignes ? Même pas peur !

Au collège, je scotchais ensemble mes copies doubles de rédaction les unes aux autres pour faire comme un livre. Jeannine, ma prof de Français s’en délectait et m’en parle encore aujourd’hui !

#4 Quel a été ton premier projet ?

Je ne sais pas si c’est vraiment le premier projet, mais je me souviens avoir passé quelques journées avec ma petite sœur, à inventer une histoire qui se passait sur notre lieu de vacances, à Quimiac. J’écrivais les textes (à la main, sur un cahier d’école) et elle dessinait des illustrations. L’héroïne s’appelait Christine Bibi et elle devait coincer de méchants malfrats qui avaient caché des paquets de haschisch (on disait « hakik » :p ) dans les rochers.

#5 Quand as-tu fini ton premier projet ?

On n’a jamais terminé l’histoire précédente avec ma soeur. Je dirais que mon premier « vrai » projet d’écriture achevé, c’est le roman qui a donné Oraison pour une île. Sauf qu’à l’époque, c’était un monstre de 500 pages, très bavard, très désordonné. Il a porté plusieurs titres, au fur et à mesure de son évolution.

Les différentes versions d’Oraison pour une île.

Je l’ai finalement complètement réécris et expurgé pour lui donner sa forme actuelle, mais ça a été beaucoup, beaucoup plus tard, presque 20 ans après la première version. J’en parle ici si ça vous intéresse.

#6 Quels sont les enseignements que tu en as tiré ?

J’ai fait lire mon pavé à plusieurs personnes, et notamment à un lecteur qui travaillait pour une maison d’édition. Ça m’a appris l’humilité et à recevoir des critiques sur mon travail. J’en ai pris plein la gueule, mais c’était salutaire, car ça m’a forcée à me questionner sur ce que j’avais écris, à questionner mon roman. Qu’est-ce que je voulais faire passer comme message ? Quelle est mon histoire ?

Je me suis rendu compte que mes personnages n’étaient pas crédibles, qu’il y avait en fait plusieurs histoires en une avec le même personnage central et que ça ressemblait plus à une sorte de chronique adolescente qu’à un roman. Il faut le digérer, mais c’était une bonne chose.

Moi, auteur·rice

#7 As-tu fait ton coming out d’auteur·trice et annoncé à tes proches (famille, collègue, couple…) que tu écrivais ?

Ma famille et mes proches savent que j’écris depuis toujours, forcément, ils m’ont toujours vu avec un crayon / une machine à écrire / un ordinateur dans les mains. La plupart, d’ailleurs, m’ont toujours demandé quand est-ce qu’on trouverait mes livres en librairie. 🙂

Côté pro et amical, en revanche, il m’a fallu plusieurs années avant de révéler que j’écrivais. Mes plus proches collègues et amis le savaient, mais c’est tout. Je ne le criais pas sur les toits, je pense à cause d’un syndrome de l’imposteur bien présent. Je ne me suis sentie légitime à me prétendre écrivain que lorsque j’ai signé mon premier contrat d’édition (en 2017) et quand j’ai fait ma première dédicace en librairie.

Dédicace à Cultura Chantepie (35)

#8 Pourquoi écris-tu ?

Parce que je ne sais faire que ça. Je suis nulle en dessin, les loisirs créatifs me gonflent assez rapidement, je n’aime pas parler (même si je suis bavarde !), mais j’aime écrire.

J’aime la sonorité des mots, j’aime partager des histoires avec les autres, j’aime offrir un moment d’évasion. J’aime aussi transmettre des émotions, des paysages, des connaissances (je n’écris pas des romans historiques par hasard).

#9 Que lis-tu ? Un·e auteur·trice de prédilection ?

Côté fiction, des romans historiques, évidemment. Mon modèle est Maurice Druon, avec Les Rois Maudits ; son histoire de la Guerre de Cent ans m’a passionnée. J’aime aussi la manière d’aborder l’histoire, plus romanesque, de Juliette Benzoni et d’Anne Golon. De mes études littéraires, je garde une forte appétence pour ce qu’on appelle « les classiques » : Zola, Flaubert, Maupassant, un peu moins Balzac, mais aussi Tolstoï et Dostoïevski, découverts sur le tard, ainsi que Rainer Maria Rilke.

Côté non-fiction, j’aime lire de la philosophie, des livres sur l’histoire des idées, des essais comme ceux de Régis Debray.

Je n’ai pas vraiment d’auteur de prédilection, je marche au coup de coeur, au feeling. Un livre va m’interpeller par son thème et pas forcément par son auteur. Cela dit, je lis assez peu de littérature contemporaine, les Nothomb et autres ne m’attirent pas, mais j’ai de bons souvenirs de Carlos Ruiz Zafon, par exemple. Je ne lis quasiment pas de thrillers et de polars, ça m’ennuie.

#10 Quel(s) genre(s) écris-tu ?

Des romans historiques 🙂 (étonnant, non ?), mais aussi des romans plus contemporains. Leur particularité est d’être très ancrés dans un territoire. C’est souvent un lieu qui sert de point de départ à un roman. Cela dit, je ne sais pas si on peut qualifier mes romans de « régionaux ».

#11 As-tu un thème de prédilection ?

Je ne sais pas trop… Je marche là encore beaucoup au feeling. J’ai envie de parler de quelque chose, je le fais. Je dirais que la constante, dans mes romans, c’est la présence d’une histoire d’amour, même si elle n’est pas au premier plan. L’autre constante, dont je parlais dans la réponse précédente, c’est l’ancrage territorial.

#12 Quel est ton personnage préféré dans tout ce que tu as écris ?

Aucune hésitation, c’est Éléonore, mon héroïne du Vent et du Sang des Lumières. C’est un personnage féminin fort, rebelle, indiscipliné, mais dont le caractère tempétueux et affirmé cache beaucoup de fragilité. En cela, elle me ressemble pas mal (sauf qu’elle est beaucoup plus fière et orgueilleuse que moi, moins patiente aussi).

J’ai un faible également pour Joshua, le personnage masculin d’Oraison pour une île, son côté insaisissable, mystérieux, même pour moi. C’est sans doute la raison pour laquelle j’ai eu du mal à retravailler ce texte et à le terminer. Je considère d’ailleurs qu’il est toujours inachevé et certains de mes lecteurs en ont fait la remarque : il manque des clés pour comprendre comment Caroline et Joshua en sont arrivés là. Mais moi-même, je ne les ai pas…

#13 As-tu un défaut d’écrivain·e ?

Pas facile, comme question, ainsi que le dit Marièke. Je dirais que mon principal défaut était de ne pas savoir finir une histoire. De manière générale, je n’aime pas les choses qui se terminent, ça vient donc sans doute de là. Je mets au passé, car j’ai appris, notamment en travaillant en amont sur mes plans, à finir mes histoires.

Mon autre défaut est assez commun à beaucoup d’écrivains, c’est le syndrome de l’imposteur. Je me demande encore assez souvent si je ne fais pas ma crâneuse à me prétendre écrivain.

#14 Ta qualité d’écrivain·e, c’est quoi ?

C’est encore plus difficile de cerner ses propres qualités que les défauts ! Je dirais que c’est ma capacité à transmettre des émotions par la description des sensations des personnages. On me dit souvent qu’en lisant mes romans, on sent les odeurs, le vent, la mer.

#15 Quelle est la pire critique que l’on pourrait te faire en tant qu’auteur·trice ?

La pire critique, ce serait qu’on me reproche de ne pas assez documenter mes histoires, surtout les romans historiques. Je redoute toujours qu’un féru d’histoire trouve une incohérence ou une aberration. C’est possible, car je ne suis pas infaillible, mais j’essaie vraiment d’écarter au maximum tout risque en faisant beaucoup de recherches.

#16 Et la meilleure ?

Qu’on a lu mon roman d’une traite, sans pouvoir s’arrêter. Et qu’on a appris des choses en lisant mon livre.

Tes habitudes

#17 Café ou thé ?

Les deux. Le matin, c’est café, toujours sans sucre. L’après-midi, plutôt thé, mais avec modération car sinon je passe ma vie aux toilettes :). J’aime particulièrement le thé nature avec un soupçon de citron.

#18 Grignotage ou pas ?

Non. Je ne suis pas une grignoteuse naturellement. Cependant, je fais toujours une pause vers 16h pour me caler avec une orange et couper l’après-midi.

#19 Matin ou soir ?

J’aime écrire le soir, c’est là que je suis le plus créative. Par contre, j’ai découvert que j’étais plus productive le matin. Donc je travaille en début de journée et je consacre la fin à mes romans.

#20 Bibliothèque ou café ?

Plutôt bibliothèque, mais j’aime aussi être dans un café pour écrire. J’ai une grande capacité à me concentrer et à me réfugier dans ma bulle, donc le mouvement autour de moi ne me dérange pas. Cela dit, j’aime l’atmosphère feutrée des bibliothèques, je m’y sens chez moi.

#21 Musique ou silence ?

Plutôt silence. Comme je suis malentendante, les sons de la vie sont déjà plus ou moins assourdis pour moi et quand je porte mes appareils auditifs, les bruits sont toujours assez agressifs. Donc j’apprécie le silence.

J’aime cependant écrire en musique, toujours instrumentale, notamment quand j’ai besoin de m’isoler dans ma bulle. Par exemple, s’il y a la télé en fond dans la maison (mon bureau est en mezzanine), je mets la musique pour ne pas être perturbée par les paroles. En fait, le bruit ne me dérange pas, c’est plutôt le fait d’avoir des mots, car par réflexe j’essaie de comprendre ce qui est dit. C’est pour cela sans doute que j’écoute de la musique instrumentale.

#22 Si c’est en musique, tu nous partages ta playlist du moment ?

J’adapte toujours mes playlists en fonction de ce que je fais. Si c’est un roman historique, je vais être plutôt sur des musiques épiques, du style bandes originales de film. Lorsque j’écrivais ma romance médiévale, j’écoutais de la musique du moyen-âge celtique pour me mettre dans l’ambiance. Pour travailler, c’est souvent de l’électronique, avec une ambiance lounge et chill (merci Spotify).

#23 Carnet ou ordinateur ?

Les deux ! J’adore les carnets, mais j’ai aussi à peu près deux tonnes de cahiers d’écoliers rescapés de mon cursus scolaire et de celui de mes filles ! J’ai horreur de jeter, donc j’ai gardé les cahiers pas ou peu entamés. Je réutilise aussi de vieux agendas publicitaires brochés en format A4 ou A5 (j’aime bien le papier utilisé).

carnet d'écriture roman #6
Un vieil agenda customisé en carnet d’écriture.

Les cahiers et carnets me servent à prendre des notes, structurer mes histoires, construire mon roman. C’est un compagnon, mais sauf exception je n’y écris jamais. Pour écrire mes romans, j’utilise l’ordinateur et notamment l’application d’écriture Scribbook.

#24 Un projet ou plusieurs ?

Je n’arrive pas à me concentrer sur plusieurs projets lorsque j’écris. Donc je ne rédige qu’un seul roman à la fois. Par contre, j’ai plusieurs projets en route en même temps, qui mûrissent chacun à leur rythme.

Là, par exemple, je viens de finir ma romance médiévale pour Harlequin, je vais donc me remettre sur mon septième roman (contemporain), mais je réfléchis en même temps au tome 3 des aventures d’Éléonore.

#25 Quel est ton rituel d’écriture ?

Je ne sais pas si j’en ai vraiment un. En revanche, je sais que j’ai besoin de savoir que je dispose d’au moins une à deux heures pour me mettre à écrire, sinon je fais autre chose. Depuis quelques mois, j’ai (enfin) mon bureau posé face à la mer que je vois depuis ma fenêtre, donc je dirais que mon seul rituel c’est de pouvoir regarder la marée monter et descendre…

#26 Quelle est ton application d’écriture préférée ?

Sans conteste Scribbook. J’ai rencontré (virtuellement) le développeur de cette application lors de l’atelier d’écriture Draftquest et je le suis et le soutiens depuis le début. Il a créé cette application sur le modèle de Scrivener, mais en ligne, afin de pouvoir être accessible depuis n’importe quel navigateur. Depuis, l’application a beaucoup évolué et elle continue. Elle me convient tout à fait car elle est pratique, intuitive, efficace.

Pour la mise en page de mes romans, j’utilise Libre Office ou Word, mais je n’y écris pas directement.

#27 Tu nous parles de ton bureau ?

Dans mon ancienne maison, j’avais la chance d’avoir une pièce pour moi toute seule. Dans la nouvelle, il est sur le palier de l’étage qui fait environ 25 m² et qui est ouvert en mezzanine sur l’escalier. Il comporte une moitié salon-chambre d’appoint et une moitié bureau – où je suis. Je perds donc ma pièce isolée, mais j’y gagne… la vue sur la mer.

Lorsqu’on a acheté le terrain l’année dernière, j’ai dessiné les plans de la maison en tenant compte de ce paramètre et je ne le regrette pas, car c’est à la fois très reposant et vivifiant. Son seul petit inconvénient est d’être orienté plein nord, donc je manque de soleil… mais bon, on ne peut pas tout avoir !

bureau mer écrivain
Vue sur la mer, entre deux maisons, mais la mer quand même ! (désolée pour la qualité de la photo, mais ce n’est pas facile de prendre à la fois le bureau et la vue 🙂 ).

Pour l’instant, mon bureau est encore en chantier, dans le sens où j’ai remis mes vieux meubles, mais d’ici l’année prochaine on devrait installer des étagères et un plan de travail plus pratique.

Et sinon, pour rebondir sur la remarque de Marièke, je suis très très très ordonnée, donc mon bureau est toujours rangé au carré. 🙂

Ta méthode

#28 Pantser (jardinier) ou planner (architecte) ?

J’ai longtemps été une jardinière, mais je suis aujourd’hui beaucoup plus architecte. Cela dit, je me définis volontiers comme une archinière : c’est-à-dire que je fais des plans, mais je les suis rarement complètement. Il y a toujours un moment quand j’écris où un personnage fait l’inverse de ce qui était prévu. Parfois, je reprends pour coller à mon plan, mais souvent j’adapte mon plan à cette réaction inattendue.

#29 As-tu une méthode d’écriture ? Laquelle ?

Non. J’ai bien tenté la méthode flocon, mais elle finalement trop restrictive pour moi, ça me bloque plus qu’autre chose. J’ai besoin de me laisser porter par mes personnages, ma thématique, mes phrases. Quand je commence un roman, j’essaie néanmoins de structurer un minimum, puis je découpe en scènes et ensuite je rédige chaque scène.

#30 Quelles sont les grandes étapes de l’écriture d’un roman pour toi ?

D’abord, je pose mon envie : de quoi je veux parler ? Souvent, il y a un lieu associé et tout part de là. Ensuite, j’ai des personnages que je décris sommairement. Les fiches personnages sont d’une remarquable inutilité chez moi, car souvent ils se révèlent au gré de l’écriture.

Après, je pose l’intrigue (ou plutôt un fil conducteur), en quelques mots, que je détaille au fur et à mesure (finalement c’est un peu de la méthode flocon, mais à ma sauce), je structure en chapitres et en parties.

Puis je découpe en scènes, avec chacune une description de ce qui doit se passer. Enfin, je rédige, mais souvent je reviens sur ma structure, car des choses pas prévues surgissent et j’adapte. C’est un constant aller-retour.

synopsis scribbook roman 7
Mes scènes dans Scribbook.

Je fais mes recherches documentaires un peu tout le temps : au début pour cerner la période ou le lieu que j’ai choisi, mais aussi en construisant ma structure pour vérifier que ça colle, et enfin pendant l’écriture pour des détails.

Ensuite, une fois le premier jet fini, je laisse mariner quelques semaines et je fais une relecture d’ensemble pour corriger le scénario. J’envoie cette version 2 à des bêta-lecteurs, puis je procède à une réécriture plus ou moins large en fonction des retours. Enfin, il y a les dernières relectures plus attachées à la forme.

#31 Quels sont les projets que tu as terminé ?

J’ai actuellement publié 5 romans complets :

J’ai aussi signé quelques contributions à des recueils de nouvelles :

#32 Quel est ton projet en cours ?

Je suis en train de terminer ma romance historique pour la nouvelle collection Aliénor d’Harlequin. L’histoire se déroule en Bretagne à l’époque médiévale. La parution est prévue pour fin 2020 (je vous en parlerai plus dans les prochaines semaines !).

Je reprends la réécriture du roman #7, qui a pour théâtre mon nouveau territoire, la région de Saint-Nazaire et de Pornic. J’avais laissé l’écriture en plan afin de me concentrer sur le projet Harlequin et je retrouve en ce moment avec plaisir mes personnages.

Pour conclure

#33 Aimerais-tu devenir écrivain·e à temps plein ?

Oui, c’est mon rêve le plus cher et je le caresse depuis mon plus jeune âge (je me désespérais toujours qu’il n’existe pas d’école d’écrivain). Je suis d’un naturel solitaire et très secrète, j’apprécie d’être seule avec mes mots et mes personnages. Aujourd’hui, j’ai commencé à faire de la rédaction web pour pouvoir gagner ma vie en écrivant et en étant indépendante. L’objectif est de faire de la rédaction web une activité d’appoint à mon métier de romancière…

#34 Un conseil pour quelqu’un qui commencerait à écrire ?

Se lancer, commencer, prendre le crayon ou le clavier et écrire. Se poser les questions après, seulement.

#35 Une autre question à laquelle tu souhaiterais répondre ?

Au-delà des deux projets en cours, est-ce que j’en ai d’autres en tant qu’autrice ? La réponse est oui 🙂 :

  • Pour 2021 : Un nouveau roman autour du lac de Guerlédan, en centre-Bretagne et abordant l’histoire d’une famille sur plusieurs générations.
  • Pour fin 2022 : Le tome 3 de ma saga des Lumières. J’ai déjà l’arc principal, mais il reste un gros travail de documentation, de construction de l’intrigue et des personnages, sans parler de la rédaction.

Voilà, ce marathon de 35 questions est terminé ! J’espère que ça vous a plu et merci à Marièke d’avoir pensé à moi. C’est le moment maintenant d’inviter quelques collègues auteurs et autrices à relever le défi :

  • Myriam Caillonneau
  • Aidan Fox
  • Anaïs W.
  • Nathalie Bagadey
  • Mélanie De Coster

À vous de jouer, les copains et copines : sur votre blog, sur Facebook, Instagram… où vous voulez ! 🙂

Le Sang des Lumières en promo en mai

Mon deuxième roman historique, Le Sang des Lumières, sera à tout petit prix en numérique pendant tout le mois de mai : 1,99 € au lieu de 3,99 €. Si vous avez aimé les aventures d’Éléonore dans Le Vent des Lumières, profitez-en pour découvrir cette suite !

Ce roman s’ouvre en 1789 et raconte comment Éléonore, l’aristocrate rebelle, traverse la Révolution Française. Cette période de l’histoire m’a évidemment amenée à écrire un roman plus noir et plus sombre que Le Vent des Lumières, le premier tome. Cela dit, j’ai voulu aussi mettre en lumière les progrès qu’ont permis les révolutionnaires et montrer aussi que la vie continuait, malgré la Terreur, la guerre et les incertitudes.

pub sang des lumières résumé roman historique

La France avait changé, en un mois. Le royaume, en expirant brutalement dans le carnage des Tuileries, s’était transformé en République sans pour autant changer les sujets en citoyens.

Chapitre 19.

Comme dans le premier tome, Éléonore côtoie aussi des grands noms, comme La Fayette ou Robespierre. Elle assistera aux grands événements de cette période : la prise de la Bastille, la chute des Tuileries, la mort du roi… et certains d’entre eux bouleverseront même toute son existence. Je n’ai pas épargné mon héroïne, mais rassurez-vous, elle reste Éléonore jusqu’au bout : têtue, audacieuse et indisciplinée… 🙂

La Révolution était passée là-dessus comme une tempête infernale, détruisant tout sur son passage, les vies comme les maisons, les illusions comme les espoirs, décimant des familles entières et jusqu’aux bases même de la société. De ce champ de ruines, on relevait péniblement de quoi bâtir un monde nouveau, en oubliant que les hommes seraient toujours des hommes, pétris de défauts et d’incohérences, avides de pouvoir et d’argent.

Chapitre 35.
robe de bal abandonnée sur un canapé

Pour vous mettre l’eau à la bouche, je vous propose de télécharger les dix premiers chapitres de ce roman en consultant ce billet. Si vous vous posez la question, on peut lire Le Sang des Lumières sans avoir lu Le Vent des Lumières 🙂

Vous êtes convaincus, rendez-vous ici pour acheter votre exemplaire en numérique ! Bonne lecture à tous 🙂

À quoi sert un agent littéraire ?

L’une de mes sucreries d’auteur, avec la phrase « mon éditeur pense que… », c’est de pouvoir dire « j’en ai parlé avec mon agent » 🙂 . Parce que, oui, j’ai un agent littéraire, comme les grandes stars. Sauf qu’en l’occurrence, il ne s’agit pas de snobisme. L’agent littéraire a un rôle bien particulier et je suis bien contente, après quelques années, d’être accompagnée. Vous vous posez peut-être la question de son utilité ? Je vous explique tout !

Dès mes débuts en auto-édition, en 2015, je visais l’édition classique. Pour moi, l’auto-édition était un moyen de vérifier que mes romans avaient un public et étaient susceptibles d’intéresser une maison d’édition. En intégrant la plateforme Librinova, dont l’un des objectifs était justement de faire une passerelle entre auto-édition et édition classique, je ne pouvais être que chez moi !

Lynda Etoile Librinova
Au salon Livre Paris en 2017, sur le stand de Librinova.

Quel est son rôle ?

En 2016, Le Vent des Lumières, mon premier roman historique, a dépassé le seuil des 1000 exemplaires vendus et j’ai donc pu bénéficier du programme d’agent littéraire de Librinova, en la personne d’Andrea Field. Son rôle est de me représenter auprès des éditeurs et de faire le lien entre moi et eux. Concrètement, cela consiste notamment en :

  • cibler les maisons d’édition pertinentes en fonction de mon manuscrit ;
  • contacter les éditeurs choisis et les inciter à lire mon roman ;
  • les relancer (plusieurs fois…) ;
  • négocier avec l’éditeur un contrat favorable à l’auteur ;
  • s’assurer que l’éditeur fait bien tout ce qu’il faut pour que l’auteur perçoive ses droits d’auteur (en temps et en heure…) ;
  • intervenir en cas de litige entre l’auteur et l’éditeur (eh oui, ça arrive).

En gros, et pour caricaturer, Andrea fait tout le boulot qui déplaît souvent le plus à l’auteur, à savoir le démarchage, la contractualisation et les litiges. Alors, certes, on peut faire tout ça soi-même. Mais l’agent littéraire a des atouts de taille dans sa poche pour faire tout ça bien mieux que nous pourrions le faire, avec toute notre bonne volonté.

Quels sont ses atouts ?

Son expérience

Un agent littéraire a, en général, quelques années de bouteille derrière lui (et je ne parle pas d’alcool ! 🙂 ). Il peut avoir été directeur·rice de collection chez un éditeur, voire lui-même éditeur·rice. En tout cas, la plupart d’entre eux connaissent le milieu de l’édition sur le bout des doigts. Ils savent en décrypter les arcanes, les pièges, savent traduire les accords à demi-mots. Ils maîtrisent la réalité du marché grâce à une veille constante et peuvent donc à la fois surfer sur les tendances et négocier au plus serré des contrats.

Là où un auteur débutant sauterait au plafond en décrochant 5% de droits d’auteur et un à-valoir de 1000€, un agent littéraire va savoir négocier un 8% voire 10% et un à-valoir de 3000€. Sans Andrea, déjà je ne pense pas que j’aurais eu un contrat d’édition, mais en plus je n’aurais jamais osé en négocier les termes (pensez-vous, déjà un éditeur daigne s’intéresser à mon manuscrit !).

Signature de mon premier contrat d’édition, en 2016.

Son réseau

C’est le deuxième atout de l’agent littéraire : il connait du monde. Puisqu’il est issu du milieu (ça fait un peu mafia comme ça…), il sait qui contacter, il sait qui fait quoi, qui publie quel type de roman… Or, la grosse erreur que fait un auteur débutant, en général, c’est d’envoyer son manuscrit au petit bonheur la chance, sans savoir si la ligne éditoriale de l’éditeur correspond à son roman. Quand il cible le bon éditeur, l’auteur débutant envoie son manuscrit par la poste, qui a de grandes chances d’atterrir sur le bureau du stagiaire estival chargé de parcourir les centaines de manuscrits arrivants chaque semaine…

L’agent littéraire, lui, n’envoie pas le roman à n’importe qui, mais au directeur de collection qui publie exactement le même genre de manuscrit que le mien. D’ailleurs, Andrea a bu un café avec lui l’avant-veille et il lui a glissé deux mots du manuscrit en question, ce qui a titillé l’oreille de l’éditeur. Mon roman va donc arriver sur le bureau, non pas du stagiaire, mais du directeur de collection, avec un a-priori favorable, parce que sa curiosité est déjà éveillée. Attention, ça n’est pas une garantie de succès : quelquefois ça marche, d’autres fois non.

Son détachement de l’oeuvre

C’est un paramètre important : mon agent littéraire croit évidemment en mon texte (sinon il ne le défendrait pas !), mais il n’a pas un rapport affectif avec lui. Il va très bien gérer un refus de la part d’un éditeur, il ne va pas se vexer parce que l’un aura répondu que c’est nul. Ce n’est pas son texte. Alors, bien sûr, Andrea me rapportera ensuite que tel éditeur a eu un retour négatif, mais elle ne s’étendra pas forcément dessus (sauf si je la harcèle !).

Cela peut paraître contradictoire, mais l’auteur n’est pas forcément le mieux placé pour défendre son texte auprès d’un éditeur. Il est souvent trop mené par l’affect et ne saura pas écouter ce que l’éditeur pourra lui dire, par exemple pour améliorer son manuscrit. L’agent littéraire est là aussi pour désamorcer des tensions qui peuvent surgir entre l’éditeur et l’auteur, notamment si d’importantes modifications sont demandées.

Que cela m’apporte-t-il ?

Je n’ai jamais regretté le fait d’être représentée par un agent littéraire depuis que je navigue dans l’auto-édition et l’édition. Cela m’apporte d’abord une grande sérénité et ensuite beaucoup de soutien.

Je peux me concentrer sur l’écriture

Souvent, en auto-édition, on regrette de devoir faire un tas d’autres choses qu’écrire. On joue de multiples rôles : maquettiste, correcteur, commercial, diffuseur… Grâce à Andrea, je n’ai plus à me soucier de démarcher les maisons d’éditions, puisqu’elle le fait pour moi. Elle s’occupe aussi de relancer l’éditeur s’il a oublié de me payer (d’ailleurs, souvent, elle y pense à ma place !). Elle gère la situation si l’éditeur ne respecte pas les clauses du contrat (comme assurer une présence suffisante en librairie de mon manuscrit). Tout ce temps qu’elle me fait gagner, je peux le consacrer à ce que je sais faire : écrire.

Je ne suis pas seule

Le rôle de l’agent littéraire n’est pas qu’administratif ou commercial. Andrea est aussi là pour me conseiller et pour m’accompagner dans mon processus créatif et littéraire. Bien entendu, elle lit tous les romans qu’elle représente (sinon comment pourrait-elle en parler ?). Parfois, elle va me conseiller sur l’écriture même : par exemple, c’est elle qui m’a suggéré de réécrire Petite Mouette, afin de l’étoffer et de lui donner de la chair. Non seulement pour être défendable plus facilement auprès d’un éditeur, mais aussi parce que le manuscrit le méritait.

Le lancement le plus fulgurant de ma carrière : Petite Mouette atteint les 1000 exemplaires en cinq mois.

Elle a aussi relu des synopsis que nous avons proposé à des éditeurs pour des romans inédits, elle m’a guidée, conseillée. C’est toujours moi qui ait le dernier mot, car elle ne décide jamais à ma place, mais sa connaissance du milieu de l’édition est un atout précieux pour m’aider à prendre la bonne décision.

Enfin, elle assure aussi lorsque ça ne se passe pas bien ou pas comme on le souhaiterait. Andrea ne va pas hésiter à envoyer des mises en demeure ou solliciter un avocat si l’éditeur ne remplit pas sa part de contrat. Moi, toute seule, je n’aurais même pas osé juste réclamer le versement de mon à-valoir…

Combien coûte un agent littéraire ?

En règle générale, l’agent littéraire est rémunéré par un pourcentage sur les droits touchés par l’auteur. Le taux varie entre 10 et 30 %, car cela dépend aussi si le roman est déjà écrit ou non. En effet, pour Harlequin, par exemple, Andrea a « vendu » ma capacité à écrire une romance historique et non un texte déjà écrit.

Signature de mon deuxième contrat d’édition, en 2019, avec Harlequin pour un roman inédit à écrire.

Chez Librinova, la commission est de 20% prélevée sur le contrat d’édition lorsqu’il est signé. Le contrat est tripartite : entre l’auteur, l’éditeur et l’agent. Certes, cette commission est un « manque à gagner » sur la somme reçue par l’auteur, mais il faut faire le bon calcul : c’est du temps en moins à passer pour l’auteur et plus l’agent négocie un bon contrat pour l’auteur, plus sa commission est élevée.

Recourir à un agent littéraire a certes un coût, mais, depuis mes premiers pas dans le milieu de l’édition et de l’auto-édition, je n’ai jamais eu à regretter ce choix. Je considère Andrea comme ma conseillère à la fois juridique et littéraire. Elle intervient aussi parfois pour me remonter le moral lorsque j’ai un petit coup de mou ou qu’un éditeur est un peu difficile à suivre ! Et ça, c’est terriblement précieux. Que pensez-vous de l’agent littéraire ? Avez-vous envisagé en avoir un, si ce n’est pas déjà fait ? On en parle en commentaires ?

Ma participation à Histoires d’espoir, un recueil de nouvelles collectif solidaire

Je n’avais pas spécialement prévu de vous parler de ce recueil cette semaine, mais l’actualité m’a rattrapée. Dans le recueil Histoires d’espoir publié par Librinova le 15 avril, j’ai glissé une nouvelle que vous pouvez découvrir auprès de 19 autres histoires. Les bénéfices des ventes de ce recueil disponible en numérique seront versés aux soignants par la Fondation de France.

histoires d'espoir au profit des soignants coronavirus

Quand Andrea, mon agent littéraire de Librinova, m’a proposé de participer à ce recueil aux côtés d’autres auteurs auto-édités et passés à l’édition classique, je n’ai pas longtemps hésité. C’est ma manière d’apporter ma pierre à l’édifice et de remercier les soignants qui oeuvrent pour soigner les malades du Covid-19. Ce que j’ai surtout apprécié dans l’initiative, c’est qu’il s’agissait aussi de permettre à toutes ces personnes de s’évader par la lecture, d’oublier, le temps de quelques pages, cette terrible maladie, les morts, les angoisses. C’est aussi pour ça que j’écris des livres, que j’écris des romans.

Comment est née ma nouvelle ?

Le premier moment d’euphorie passée, le doute s’est installé : j’avais, grosso modo, quelques jours pour imaginer et écrire une nouvelle. Certes sans longueur ni thème imposés, mais le timing était quand même court. Et surtout, je n’avais aucune idée ! Je n’avais pas envie d’écrire un journal de confinement, trop classique, et je ne voulais pas tomber dans le larmoyant ni être en décalage.

Comme à mon habitude lorsque je sèche un peu (et aussi compte tenu de l’urgence), j’ai discuté avec ma Croupigraphiste en chef, par messagerie interposée, confinement oblige ! Nous voila parties à brainstormer dans tous les sens (ce qui est un pléonasme, quand on brainstorme on part forcément dans tous les sens).

J’ai saisi une idée au bond, qui me parlait. Je suis romancière et dans chacun de mes romans, il y a une histoire d’amour. J’avais donc envie d’écrire une histoire d’amour. Tiens, des voisins empêchés dans leur histoire à cause du confinement. C’est bateau, mais si on creusait ? De fil en aiguille, j’ai surjeté mon scénario, puis j’ai décidé d’adopter une forme pas courante puisque j’ai choisi de raconter l’histoire sous forme d’échanges épistolaires.

Hop, c’était parti. Ainsi est née « Romance à l’ancienne« , qui fut écrite en une journée.

Vous voulez lire le début ?

Bon, d’accord, je vous dévoile le début, mais c’est bien parce que c’est vous. La seule condition, c’est de me promettre d’aller acheter aussitôt le recueil : 2,99 €, c’est un tout petit prix ! Le recueil n’est disponible qu’en numérique, mais vous pouvez le lire très facilement sur votre tablette, votre téléphone ou votre ordinateur en téléchargeant une application de lecture d’ebook. Je compte sur vous !

Romance à l’ancienne

28 mars 2020, 8 h 50

« Dans un grain de sable voir un monde,
Et dans chaque fleur des champs le Paradis.
Faire tenir l’infini dans la paume de la main,
Et l’Éternité dans une heure. »
William Blake.

28 mars, 10 h 45

Monsieur,
Marie m’a indiqué que vous étiez l’auteur de ce billet anonyme déposé sur le plateau de mon petit-déjeuner et que je pouvais vous répondre par le même biais. J’ignorais que j’avais un amateur de poésie pour voisin ! Merci pour ces quelques vers qui, en plus d’être magnifiques, sont calligraphiés avec art.
Bien cordialement,
Madame C.

28 mars, 12 h 30

Chère Madame C.,
Je profite du plateau du déjeuner pour vous répondre à mon tour. Je suis bien content que mon billet ne vous ait pas importunée. Merci pour vos compliments sur mon écriture, il est vrai que la calligraphie est un art qui se perd…
J’ose interpréter votre réponse, sous la même forme que la mienne, comme un encouragement à poursuivre ce début de correspondance ?
Eustache B.

28 mars, 14 heures

Monsieur B.,
Le mot même de correspondance me semble bien suranné aujourd’hui ! Les gens du vingt et unième siècle n’écrivent plus, ou alors pour des textos ou des messages électroniques. Recevoir une lettre manuscrite, c’est devenu si rare, si inédit ! Votre missive venue d’un autre temps a donc aiguisé ma curiosité… Si c’était votre but, il est atteint.
Madame C.

28 mars, 15 h 30

Madame C.,
Au sortir de ma sieste quotidienne, je trouve votre mot avec la compote du goûter… J’espère que vous ne me prêtez pas de graveleuses pensées à votre encontre ! Il s’agissait surtout d’égayer quelque peu nos journées. Elles étaient déjà longues, en tout cas pour moi, mais elles promettent d’être à présent interminables avec cette claustration qui nous est imposée.
Je m’enhardis à vous demander si cette nouvelle solitude vous pèse ?
Revoici Marie pour débarrasser, je confie ces mots à notre messagère.
Eustache B.

(c) Lynda Guillemaud, 2020.

Alors, ça vous plait ?

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