L’une de mes sucreries d’auteur, avec la phrase « mon éditeur pense que… », c’est de pouvoir dire « j’en ai parlé avec mon agent » 🙂 . Parce que, oui, j’ai un agent littéraire, comme les grandes stars. Sauf qu’en l’occurrence, il ne s’agit pas de snobisme. L’agent littéraire a un rôle bien particulier et je suis bien contente, après quelques années, d’être accompagnée. Vous vous posez peut-être la question de son utilité ? Je vous explique tout !

Dès mes débuts en auto-édition, en 2015, je visais l’édition classique. Pour moi, l’auto-édition était un moyen de vérifier que mes romans avaient un public et étaient susceptibles d’intéresser une maison d’édition. En intégrant la plateforme Librinova, dont l’un des objectifs était justement de faire une passerelle entre auto-édition et édition classique, je ne pouvais être que chez moi !

Lynda Etoile Librinova
Au salon Livre Paris en 2017, sur le stand de Librinova.

Quel est son rôle ?

En 2016, Le Vent des Lumières, mon premier roman historique, a dépassé le seuil des 1000 exemplaires vendus et j’ai donc pu bénéficier du programme d’agent littéraire de Librinova, en la personne d’Andrea Field. Son rôle est de me représenter auprès des éditeurs et de faire le lien entre moi et eux. Concrètement, cela consiste notamment en :

  • cibler les maisons d’édition pertinentes en fonction de mon manuscrit ;
  • contacter les éditeurs choisis et les inciter à lire mon roman ;
  • les relancer (plusieurs fois…) ;
  • négocier avec l’éditeur un contrat favorable à l’auteur ;
  • s’assurer que l’éditeur fait bien tout ce qu’il faut pour que l’auteur perçoive ses droits d’auteur (en temps et en heure…) ;
  • intervenir en cas de litige entre l’auteur et l’éditeur (eh oui, ça arrive).

En gros, et pour caricaturer, Andrea fait tout le boulot qui déplaît souvent le plus à l’auteur, à savoir le démarchage, la contractualisation et les litiges. Alors, certes, on peut faire tout ça soi-même. Mais l’agent littéraire a des atouts de taille dans sa poche pour faire tout ça bien mieux que nous pourrions le faire, avec toute notre bonne volonté.

Quels sont ses atouts ?

Son expérience

Un agent littéraire a, en général, quelques années de bouteille derrière lui (et je ne parle pas d’alcool ! 🙂 ). Il peut avoir été directeur·rice de collection chez un éditeur, voire lui-même éditeur·rice. En tout cas, la plupart d’entre eux connaissent le milieu de l’édition sur le bout des doigts. Ils savent en décrypter les arcanes, les pièges, savent traduire les accords à demi-mots. Ils maîtrisent la réalité du marché grâce à une veille constante et peuvent donc à la fois surfer sur les tendances et négocier au plus serré des contrats.

Là où un auteur débutant sauterait au plafond en décrochant 5% de droits d’auteur et un à-valoir de 1000€, un agent littéraire va savoir négocier un 8% voire 10% et un à-valoir de 3000€. Sans Andrea, déjà je ne pense pas que j’aurais eu un contrat d’édition, mais en plus je n’aurais jamais osé en négocier les termes (pensez-vous, déjà un éditeur daigne s’intéresser à mon manuscrit !).

Signature de mon premier contrat d’édition, en 2016.

Son réseau

C’est le deuxième atout de l’agent littéraire : il connait du monde. Puisqu’il est issu du milieu (ça fait un peu mafia comme ça…), il sait qui contacter, il sait qui fait quoi, qui publie quel type de roman… Or, la grosse erreur que fait un auteur débutant, en général, c’est d’envoyer son manuscrit au petit bonheur la chance, sans savoir si la ligne éditoriale de l’éditeur correspond à son roman. Quand il cible le bon éditeur, l’auteur débutant envoie son manuscrit par la poste, qui a de grandes chances d’atterrir sur le bureau du stagiaire estival chargé de parcourir les centaines de manuscrits arrivants chaque semaine…

L’agent littéraire, lui, n’envoie pas le roman à n’importe qui, mais au directeur de collection qui publie exactement le même genre de manuscrit que le mien. D’ailleurs, Andrea a bu un café avec lui l’avant-veille et il lui a glissé deux mots du manuscrit en question, ce qui a titillé l’oreille de l’éditeur. Mon roman va donc arriver sur le bureau, non pas du stagiaire, mais du directeur de collection, avec un a-priori favorable, parce que sa curiosité est déjà éveillée. Attention, ça n’est pas une garantie de succès : quelquefois ça marche, d’autres fois non.

Son détachement de l’oeuvre

C’est un paramètre important : mon agent littéraire croit évidemment en mon texte (sinon il ne le défendrait pas !), mais il n’a pas un rapport affectif avec lui. Il va très bien gérer un refus de la part d’un éditeur, il ne va pas se vexer parce que l’un aura répondu que c’est nul. Ce n’est pas son texte. Alors, bien sûr, Andrea me rapportera ensuite que tel éditeur a eu un retour négatif, mais elle ne s’étendra pas forcément dessus (sauf si je la harcèle !).

Cela peut paraître contradictoire, mais l’auteur n’est pas forcément le mieux placé pour défendre son texte auprès d’un éditeur. Il est souvent trop mené par l’affect et ne saura pas écouter ce que l’éditeur pourra lui dire, par exemple pour améliorer son manuscrit. L’agent littéraire est là aussi pour désamorcer des tensions qui peuvent surgir entre l’éditeur et l’auteur, notamment si d’importantes modifications sont demandées.

Que cela m’apporte-t-il ?

Je n’ai jamais regretté le fait d’être représentée par un agent littéraire depuis que je navigue dans l’auto-édition et l’édition. Cela m’apporte d’abord une grande sérénité et ensuite beaucoup de soutien.

Je peux me concentrer sur l’écriture

Souvent, en auto-édition, on regrette de devoir faire un tas d’autres choses qu’écrire. On joue de multiples rôles : maquettiste, correcteur, commercial, diffuseur… Grâce à Andrea, je n’ai plus à me soucier de démarcher les maisons d’éditions, puisqu’elle le fait pour moi. Elle s’occupe aussi de relancer l’éditeur s’il a oublié de me payer (d’ailleurs, souvent, elle y pense à ma place !). Elle gère la situation si l’éditeur ne respecte pas les clauses du contrat (comme assurer une présence suffisante en librairie de mon manuscrit). Tout ce temps qu’elle me fait gagner, je peux le consacrer à ce que je sais faire : écrire.

Je ne suis pas seule

Le rôle de l’agent littéraire n’est pas qu’administratif ou commercial. Andrea est aussi là pour me conseiller et pour m’accompagner dans mon processus créatif et littéraire. Bien entendu, elle lit tous les romans qu’elle représente (sinon comment pourrait-elle en parler ?). Parfois, elle va me conseiller sur l’écriture même : par exemple, c’est elle qui m’a suggéré de réécrire Petite Mouette, afin de l’étoffer et de lui donner de la chair. Non seulement pour être défendable plus facilement auprès d’un éditeur, mais aussi parce que le manuscrit le méritait.

Le lancement le plus fulgurant de ma carrière : Petite Mouette atteint les 1000 exemplaires en cinq mois.

Elle a aussi relu des synopsis que nous avons proposé à des éditeurs pour des romans inédits, elle m’a guidée, conseillée. C’est toujours moi qui ait le dernier mot, car elle ne décide jamais à ma place, mais sa connaissance du milieu de l’édition est un atout précieux pour m’aider à prendre la bonne décision.

Enfin, elle assure aussi lorsque ça ne se passe pas bien ou pas comme on le souhaiterait. Andrea ne va pas hésiter à envoyer des mises en demeure ou solliciter un avocat si l’éditeur ne remplit pas sa part de contrat. Moi, toute seule, je n’aurais même pas osé juste réclamer le versement de mon à-valoir…

Combien coûte un agent littéraire ?

En règle générale, l’agent littéraire est rémunéré par un pourcentage sur les droits touchés par l’auteur. Le taux varie entre 10 et 30 %, car cela dépend aussi si le roman est déjà écrit ou non. En effet, pour Harlequin, par exemple, Andrea a « vendu » ma capacité à écrire une romance historique et non un texte déjà écrit.

Signature de mon deuxième contrat d’édition, en 2019, avec Harlequin pour un roman inédit à écrire.

Chez Librinova, la commission est de 20% prélevée sur le contrat d’édition lorsqu’il est signé. Le contrat est tripartite : entre l’auteur, l’éditeur et l’agent. Certes, cette commission est un « manque à gagner » sur la somme reçue par l’auteur, mais il faut faire le bon calcul : c’est du temps en moins à passer pour l’auteur et plus l’agent négocie un bon contrat pour l’auteur, plus sa commission est élevée.

Recourir à un agent littéraire a certes un coût, mais, depuis mes premiers pas dans le milieu de l’édition et de l’auto-édition, je n’ai jamais eu à regretter ce choix. Je considère Andrea comme ma conseillère à la fois juridique et littéraire. Elle intervient aussi parfois pour me remonter le moral lorsque j’ai un petit coup de mou ou qu’un éditeur est un peu difficile à suivre ! Et ça, c’est terriblement précieux. Que pensez-vous de l’agent littéraire ? Avez-vous envisagé en avoir un, si ce n’est pas déjà fait ? On en parle en commentaires ?

Envie de réagir ? Laissez un commentaire !

Abonnez-vous à mon infolettre !

Vous voulez ne rien manquer de mon actualité ?

Avoir des extraits gratuits ?

Savoir avant tout le monde les dates de publication de mes prochains romans ?

Bref, faire partie de ma communauté de fans ?

Entrez votre adresse de courrier électronique ici !

Holler Box