4 étapes pour digérer les critiques

4 étapes pour digérer les critiques

La critique est aisée, et l’art est difficile.

Philippe Néricault, comédien connu sous le nom de Destouches, 1732.

Vous venez de publier votre premier roman et vous rafraîchissez votre page de commentaires frénétiquement en attendant le premier avis. Et paf ! Il tombe : le premier commentaire négatif. Le monde s’écroule, vous pleurez toutes les larmes de votre corps, vous retirez aussitôt votre roman de la vente et courez vous enfermer dans une grotte au fin fond de la Bretagne 😀

Vous vous êtes reconnu.e ? Normal, ça arrive à tout le monde. Et heureusement. Sinon, vous seriez parfait (et comme la perfection n’existe pas, cela voudrait dire que nous sommes entrés dans une dimension parallèle… bon, je m’égare !).

J’ai juste effleuré le sujet la semaine dernière dans mon billet sur le syndrome de l’imposteur et j’avais envie d’approfondir un peu. Recevoir des critiques n’est jamais marrant et ça l’est encore moins quand on écrit. Encore encore moins quand on débute (à cause du syndrome susnommé).

Donc, votre premier commentaire négatif. Que faire avec ça ? Comment y réagir ? Comment rebondir ? Je vous donne mes trucs pour passer au-dessus.

Encaisser

La première fois, ça fait mal. On la relit plusieurs fois, on re-vérifie qu’il s’agit bien de votre roman qui est critiqué, on a le rouge de la honte qui monte aux joues, on a le cœur qui bat à toute vitesse… Quelquefois, on n’arrive même plus à lire car on pleure.

C’est violent comme une grande claque dans la tronche et c’est d’autant plus douloureux que, souvent, la critique arrive lorsque vous ne vous y attendez pas (même si vous vous y êtes préparé).

On peut mettre plusieurs jours/semaines à s’en remettre (si ça se compte en années, vous avez peut-être des soucis plus profonds de syndrome de l’imposteur…). Tout à coup, vous avez dix ans et l’instit’ vous a sermonné devant toute la classe. Vous avez honte et vous vous demandez comment vous avez pu écrire un truc pareil. D’ailleurs, comment avez-vous pu oser prétendre soumettre un tel torchon au public ?

Bon, j’exagère un peu, mais à peine. Je me souviens de la première critique négative sur Le Vent des Lumières, j’ai pris cher. Et pourtant, mon livre était auto-publié parce qu’il avait remporté le concours d’écriture de Librinova/Draftquest, donc je n’étais pas non plus complètement illégitime !

J’ai masqué le nom du critiqueur car je respecte l’avis de chacun (mais bon, le jour où j’ai lu sa critique, je l’aurais bien trucidé !).

Mais c’est humain : si votre confiance en vous n’est pas au top, toute critique met à mal votre équilibre. Comment faire alors pour qu’elle ne vous démolisse pas complètement ?

Analyser

Ce n’est pas toujours facile ni simplement possible : quelquefois, certaines critiques négatives sont tout bêtement gratuites et n’ont aucun fondement. Elles sont juste là pour faire mal et casser. Je regarde souvent les profils des auteurs des critiques négatives : si leur habitude est de démolir systématiquement en laissant des avis négatifs, laissez-les avec leur venin si ça les amuse, vous n’en tirerez rien.

Une bonne critique est constructive : elle va dire que tel personnage est creux, que l’intrigue est trop lente ou trop rapide, etc. Même si le commentateur ci-dessus est un peu vache, quelque part, son avis est motivé. Il me dit qu’il a trouvé que « l’intrigue était rocambolesque, une accumulation de coups de théâtre »… Soit. Après tout, il n’a pas tort non plus ! Mais j’assume le fait que Le Vent des Lumières soit aussi un roman d’aventures. Il trouve que « les personnages manquent de consistance » ? Peut-être. Mais c’est mon premier roman, je vais m’améliorer !

Bon, cela dit, restez lucide quand même et ne vous cherchez pas de fausses excuses. Prenez la critique comme telle et tirez-en des conclusions : il vous faut améliorer telle chose, être vigilant sur telle autre…

La prendre pour ce qu’elle est : un avis (et rien d’autre)

Au sens premier, une critique n’est pas forcément négative : il s’agit d’abord d’un avis, d’une opinion. Positive ou défavorable. D’ailleurs, la définition est très importante : une critique, c’est un avis. Et un avis, c’est subjectif. Pour revenir à mon commentateur du Vent des Lumières, il n’a pas aimé mon livre, soit. C’est son droit. Moi je n’ai jamais réussi à lire Cent ans de solitude parce que je n’ai pas accroché. Par contre j’adore Tolstoï.

Tolstoï écrivain russe
Léon Tolstoï, immense écrivain russe… mais que beaucoup n’aiment pas (moi, j’adore). Photo jackmac34 / Pixabay

Il faut partir du principe qu’en exposant vos écrits à la face du monde (ouais, carrément), vous n’allez pas plaire à tout le monde. Vous aurez vos fans, et vous aurez vos détracteurs. Comme Amélie Nothomb, Jean d’Ormesson, Émile Zola et tant d’autres. Même si vous, comme moi, ne leur arrivez même pas à la moitié d’une once de leur cheville… Il faut accepter que des gens n’aiment pas ce que vous faites. Regardez aussi votre palmarès (vos avis positifs, vos récompenses ou prix) : c’est que votre roman ne vaut pas « rien », comme le suggère cet avis négatif qui vous démolit.

Encore une fois, relativisez. Soyez indulgent envers vous-même, mais soyez aussi lucide : si tous les avis convergent dans le même sens et pointent les mêmes défauts, posez-vous les bonnes questions (je vous aide : en général, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas). Si ça tombe de temps en temps, c’est que le lecteur n’a pas accroché, et basta. De même, si les avis négatifs ne représentent qu’une portion congrue, inutile de vous mettre la rate au court-bouillon pour ça. Remettez-vous en question, mais intelligemment !

Passer outre

Le plus important, c’est de ne pas lâcher l’écriture (ou votre projet) à cause d’une critique. Ni même de deux, douze ou cent treize millions. Je disais à l’instant qu’il faut accepter que des gens n’aiment pas ce que vous écrivez. Il faut aussi accepter qu’ils le disent. Et qu’ils le disent publiquement. En fait, c’est eux qui se croient importants en vous démolissant. Ils essaient de convaincre les autres qu’ils ont raison. C’est une manière d’exister (je ne parle pas de ceux qui font des critiques constructives motivées et justifiées).

Mon père me disait souvent, quand j’étais petite et que je me plaignais des moqueries de mes copines ou copains à l’école : « La meilleure défense, c’est de ne rien dire et de feindre l’indifférence. Quand ils en auront marre d’attaquer dans le vide, ils arrêteront. » Et ça marchait, la plupart du temps. Je sais qu’à présent, si je sais que je suis dans mon bon droit, ou bien que je n’arriverais pas à convaincre mon interlocuteur de mon opinion, en général, je me tais. Je ne cherche même pas à débattre (mais c’est une autre histoire !).

Si je récapitule, face à une critique, voilà ce que j’ai appris à faire :

  • l’encaisser, mais sans se laisser démolir ;
  • l’analyser et se poser les bonnes questions ;
  • la prendre pour ce qu’elle est (un avis) et rien d’autre ;
  • passer outre et, surtout, continuer à avancer.

Et vous, vous avez des techniques face aux critiques ? Dites-moi tout en commentaires et faites-en profiter tout le monde ! A tout vite 🙂


Une réponse

  1. […] note d’intention, car mon roman ne correspond pas assez à sa ligne éditoriale (c’est un autre genre de « critique » qu’il faut digérer). J’ai pensé à un autre roman qui a priori pourrait mieux correspondre et j’ai […]

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