La technique des post-it appliquée à l’écriture

La technique des post-it appliquée à l’écriture

Parmi les réponses que j’ai reçu à mon sondage*, plusieurs m’ont demandé des billets sur les techniques d’écriture. J’en ai utilisé une il n’y a pas plus longtemps que la semaine dernière. Je vous l’explique aujourd’hui : la technique des post-it.

*Si vous n’avez pas encore répondu, c’est ici !

De nombreux écrivains utilisent la technique des post-it, issue des techniques de créativité, comme Laure Manel par exemple. On peut l’utiliser à plusieurs moments de l’élaboration du roman, pour trouver des idées ou pour les structurer.

Ce n’est pas une technique d’écriture à proprement parler, puisque vous écrirez peu à ce moment-là. Même si on l’appelle technique des post-it, vous pouvez tout à fait utiliser des morceaux de papier classiques. Il vous faudra donc des petits bouts de papier, un crayon, éventuellement un support pour les accrocher. Et c’est parti !

des post-it, des crayons : ça suffit pour appliquer la technique des post-it à l'écriture
Des post-it, des crayons, ça suffit pour travailler ! (source : Skitterphoto/Pixabay)

Utiliser les post-it pour trouver des idées

Dans le domaine de la créativité, on parle de « brainstorming », c’est-à-dire tempête de cerveau (j’aime bien cette image 😉 ). Même si en général, on considère que les écrivains n’ont pas de problèmes pour trouver des idées, beaucoup l’utilisent ainsi.

Cette technique peut en effet être utile au début d’une histoire, pour étoffer des thématiques à partir de votre sujet principal. Cela vous permettra de trouver par exemples des intrigues secondaires, des personnages à creuser, etc.

Elle peut servir aussi à avancer dans votre scénario. Par exemple, vous pouvez être bloqué parce que vous n’avez pas fait de plan au préalable (ou un plan très vague). Ou alors si vous avez écrit tous azimuts, dans tous les sens : vous vous retrouvez avec énormément de matière, mais désordonnée. Cette utilisation est donc plus adaptée aux auteurs « jardiniers » (ceux qui écrivent avant de structurer). Cela permet en effet de prendre du recul sur ce qu’on a écrit, mettre de l’ordre dans ses idées et trouver le fil conducteur (si on ne l’a pas déjà).

Pour ma part, je l’ai utilisée de cette manière en pleine écriture de #Roman6 parce que j’étais bloquée au milieu du premier jet (et pendant le Nanowrimo, en plus). J’étais dans une impasse, j’avais un début d’histoire, mais il me manquait un conflit, un enjeu pour faire décoller l’intrigue et surtout lui donner un intérêt. J’ai donc utilisé mon paquet de post-it pour réfléchir à l’intrigue.

méthode post-it écriture roman
La technique des post-it est une méthode de créativité qui peut s’appliquer à l’écriture. (source rawpixel / Pixabay).

Comment faire ?

J’ai d’abord commencé à écrire le début de l’histoire sur mes bouts de papier (scène par scène), jusqu’au point de blocage. Et là, j’ai réfléchi : qu’est-ce qui allait arriver à mes personnages, pourquoi ils agissaient de telle et telle manière, qu’est-ce que ça engendrait sur la suite de l’histoire… À chaque fois que je répondais à une question, j’inscrivais la réponse sur mon post-it et je le collais à côté des autres. Pour l’instant, aucun ordre.

post-it technique d'écriture créativité
Trouver des idées avec des post-it… (photo personnelle)

L’idéal est de faire cet exercice avec quelqu’un d’autre, même un non-auteur. Parce qu’il va vous poser la question qui tue, du style « mais pourquoi Machin agit de telle façon alors qu’il est plutôt du caractère opposé ? ». C’est le principe du brainstorming aussi : réfléchir à plusieurs pour faire émerger des associations d’idées. Pour que ça marche, il faut partir du principe qu’aucune idée n’est idiote a priori. Même si ça a l’air complètement loufoque, tant pis, on la note quand même, parce qu’elle va peut-être faire naître d’autres idées qui vont, elles, être cohérentes.

Une fois qu’on a toutes ses idées sur des post-it, il faut les organiser ensemble. Et là, on arrive à la deuxième utilisation de la technique : structurer.

Utiliser les post-it pour structurer son histoire

Une fois qu’on a ses idées, ses personnages, ses arcs et intrigues, il est en effet utile de voir clair dans ce joyeux bordel. Cette technique sert donc à structurer une histoire, élaborer sa trame et y voir clair dans le scénario.

Certains auteurs vont utiliser cette méthode avant même d’avoir écrit un seul mot, en général parce qu’ils ont une idée très claire ce qu’ils veulent raconter. La technique va donc les aider à bâtir un tableau de scènes (voir l’article de Mécanismes d’Histoires) plus ou moins précis à partir duquel il vont commencer à écrire leur roman. Cette manière de faire convient plutôt aux auteurs « architectes » (c’est-à-dire ceux qui structurent avant d’écrire).

Pour ma part je l’utilise souvent pendant l’écriture ou après :

  • Pendant l’écriture parce que mon plan est souvent trop imprécis au départ et que les idées me viennent en écrivant (je suis une jardinière à tendance architecte !).
  • Après le premier jet, parce que je me retrouve souvent avec de la matière qu’il faut restructurer ou tout simplement parce que mon histoire a évolué au fur et à mesure de l’écriture et qu’il faut restructurer tout ça.

Comment faire ?

Prendre toute sa matière

Après le premier jet, j’ai commencé par décrire toutes les scènes sur des post-it, une par une, en essayant de les découper très précisément. Tout ce que j’avais écrit devait se trouver résumé sur un post-it. Au final, pour mon #roman6, j’en avais une cinquantaine.

Première étape : décrire chaque scène sur un post-it. Les n° de scènes ont été rajoutés à la fin, une fois la structure définitive. (Photo personnelle).

Ensuite, j’ai collé mes post-it les uns en dessous des autres, dans un ordre chronologique. Pour l’instant, il faut vous détacher de la manière dont vous voulez raconter l’histoire, ici on parle de la succession des événements dans l’histoire (pas dans la narration). Vous allez peut-être vous rendre compte que certains post-it « n’ont pas de place » : mettez-les de côté, soit pour leur donner une place a posteriori, soit pour les supprimer si vraiment ils n’ont pas leur place.

post-it méthode créativité appliquée à l'écriture
Deuxième étape : afficher tous les post-it par ordre chronologique.

Une fois tous mes post-it ordonnés chronologiquement, je les ai rassemblés par petits groupes pour faire des chapitres. Pour ma part, comme j’ai décidé d’avoir une narration avec plusieurs points de vue, j’avais noté sur chaque post-it le point de vue de narration de la scène : cela m’a servi de fil conducteur pour réunir mes scènes en chapitres. C’est le moment aussi de casser la chronologie : par exemple, si vous voulez utiliser la technique du flashback, vous pouvez déplacer les post-it des scènes concernées vers le moment où vous voulez la raconter.

Interroger ce qu’on a écrit

Il va y avoir plusieurs aller-retour, des post-it vont beaucoup bouger, d’autres non. Je me suis rendu compte qu’il manquait des scènes pour comprendre ce qui se passait, ou la psychologie d’un personnage. J’ai donc ajouté un nouveau post-it avec la scène à écrire.

Troisième étape : organiser les post-it en fonction de la narration. On voit en bas à droite le post-it tout seul qui sera finalement supprimé. (Photo personnelle)

Face à mon tableau de post-it, j’ai interrogé ma structure, je me suis raconté l’histoire, ajusté ce qui n’allait pas, jeté finalement un post-it qui n’apportait rien. Quand j’ai été satisfaite du résultat, j’ai pris mon carnet et j’ai recopié tous mes post-it, dans l’ordre final (surtout pour garder une trace, car le post-it est volatile !).

La version finale : numérotage des scènes/post-it avant de reporter le tout dans mon carnet. (Photo personnelle)

Au final, poser le plan

Dernière étape : j’ai reporté dans Scribbook la structure que je venais de créer. Un post-it = une scène = un fichier : j’ai déplacé les fichiers déjà écrits au bon endroit, j’ai créé ceux qui manquaient, j’ai supprimé les inutiles. Puis j’ai ajouté ou mis à jour dans chaque fichier le synopsis écrit sur mon post-it. Et voilà, ma structure est désormais propre et logique, il ne me reste plus qu’à écrire (ou réécrire pour certaines scènes) !

scribbook mode carte écriture post-it roman
Le mode carte de Scribook. Chaque « carte » représente un post-it/une scène/un fichier. (capture d’écran perso)

Voilà pour cette technique des post-it, j’espère que ce billet vous aura éclairé sur ma manière de procéder. Évidemment, cette façon d’appliquer la méthode correspond à mon fonctionnement et ce n’est donc pas un « mode d’emploi » à suivre à la lettre. Il faut trouver le vôtre, celui qui vous convient.

Et vous, vous connaissiez cette méthode ? Vous l’utilisez aussi ? Dites-moi tout et posez-moi vos questions en commentaires, je serai ravie d’y répondre !


Envie de réagir ? Laissez un commentaire !

Abonnez-vous à mon infolettre !

Vous voulez ne rien manquer de mon actualité ?

Avoir des extraits gratuits ?

Savoir avant tout le monde les dates de publication de mes prochains romans ?

Bref, faire partie de ma communauté de fans ?

Entrez votre adresse de courrier électronique ici !

Holler Box