Comment combattre le syndrome de l’imposteur

Comment combattre le syndrome de l’imposteur

Vous relisez ce que vous venez d’écrire et vous trouvez que tout est à jeter ? Vous venez de recevoir votre premier commentaire négatif et votre moral est à zéro ? Vous avez lu le super livre d’un autre auteur et vous vous dites que vous n’arriverez jamais à sa cheville ? Pas de panique, vous êtes victime du syndrome de l’imposteur… Pour ne pas qu’il paralyse toute votre créativité, je vous donne quelques trucs pour le combattre.

Le syndrome de l’imposteur, c’est quoi ?

Ce n’est pas une maladie et il ne touche pas que les écrivains. On le rencontre aussi au travail et même dans le quotidien. Il s’agit de cette propension qu’on a à ne pas reconnaître ses propres qualités et même à attribuer son succès à des facteurs exogènes. En d’autres termes, si j’ai réussi, ce n’est pas grâce à moi, c’est parce que j’ai eu de la chance ou parce que Untel m’a pistonné ou encore parce que mon concurrent a refusé le poste… Vous vous sentez illégitime, vous pensez ne pas mériter les succès que vous avez remportés (ou a contrario que vous méritez bien d’avoir raté, démonstration éclatante de votre nullité !). Vous vous sous-évaluez et sous-estimez vos capacités et votre talent, c’est le cercle infernal.

Les psychologues pensent que ce syndrome touche surtout les personnes qui sont très exigeantes avec elle-mêmes, celles qui sont perfectionnistes et qui ont une grosse conscience professionnelle. Leur hantise ? Être mises en défaut. C’est souvent relié à un manque de confiance en soi et à la crainte de décevoir. On estime que 60 à 70% des personnes ont déjà éprouvé ce syndrome au cours de leur vie.

Pourquoi le combattre ?

Parce que c’est handicapant. Le côté traître de la chose, c’est que vous vous remettez toujours en question, mais de manière négative : la moindre erreur ou le plus petit doute et ça y est, vous vous dites que vous n’avez rien à faire là, que vous avez piqué la place de quelqu’un d’autre, etc.

Quelquefois, ça peut aller jusqu’à la négation de son propre travail, voire la destruction. J’ai vu des gens victime de ce syndrome jeter carrément un manuscrit complet à la poubelle ! D’autres, tellement angoissés par la crainte d’échouer, vont tout simplement ne rien faire, comme ça, aucun risque de se planter (on appelle ça aussi l’angoisse de la performance).

Certains manuscrits ont connu ça à cause d’un syndrome de l’imposteur… 🙁
(photo Life-Of-Pix / Pixabay).

Si je parle de ce syndrome aujourd’hui, c’est que moi aussi j’en suis victime. Et je parle au présent car il est toujours là, tapi dans le fond du jardin, prêt à me sauter dessus dès que le moindre doute s’installera dans ma cervelle en ébullition. Même après 5 romans publiés, la reconnaissance d’un éditeur, trois prix littéraires, et quelques 10.000 lecteurs, oui, je souffre encore quelquefois du syndrome de l’imposteur… Je me dis que je ne suis qu’une écrivaillonne de bas étage, que je n’arriverais jamais à vivre de mes romans, que je suis prétentieuse de vouloir prétendre convaincre un éditeur de la qualité de mes romans, et patati, et patata… Vous voyez le topo ?

Si vous vous êtes reconnus dans le portrait précédent, c’est que vous êtes vous aussi victime de ce syndrome. Heureusement, ça se soigne. Ou, plus exactement, ça se combat. Car, comme je le disais, je pense qu’il est toujours là et qu’il attend les petits moments de faiblesse pour nous sauter dessus…

Cinq astuces pour combattre le syndrome de l’imposteur

Comme j’en souffre, je peux vous donner quelques petits trucs pour le renvoyer dans ses dix-huit mètres.

L’identifier

Ouais, ça paraît tout bête, mais c’est la base (comme disent les jeunes). Si vous ne reconnaissez pas être victime de ce syndrome, vous aurez du mal à le combattre. Si vous avez le sentiment d’être nul ou pas à la hauteur, demandez-vous si c’est la réalité ou si c’est simplement votre sentiment. Détectez aussi dans quel domaine ça vous arrive : au travail, dans l’écriture, dans votre vie sentimentale ? Eh oui, certaines femmes ou certains hommes considèrent qu’ils ne trouveront jamais l’amour car ils sont trop nuls pour ça !

Installer un voyant rouge dans sa tête

Certains psys préconisent de « faire taire sa voix intérieure », vous savez, celle qui vous dit que vous n’êtes pas capable de faire ça, que vous avez visé trop haut, que vous n’y arriverez jamais… Elle aussi, il faut savoir la détecter et surtout ne pas l’écouter. Pensez à ce que vous avez déjà réussi, à ce que vous avez réalisé, au travail que vous avez fourni…

Accepter les compliments et les valoriser

Si on vous dit que vous avez bien travaillé, c’est que c’est vrai 😀 ! Ne vous dévalorisez pas. Si un lecteur vous envoie un message disant qu’il a adoré votre roman, remerciez-le… et publiez son commentaire sur votre site ou votre page facebook : ça multiplie encore plus la reconnaissance, ça lui donne un caractère public (et ça, c’est bon pour le moral et l’égo). Et quand vous doutez, relisez vos commentaires positifs !

Accepter (aussi) les commentaires négatifs et savoir passer outre

Un commentaire négatif, ça fait toujours mal, surtout quand il n’est pas constructif et qu’il est, en quelque sorte, gratuit. La première fois, c’est toujours difficile à avaler, surtout si c’est le tout premier commentaire. Mais il ne faut pas s’y arrêter : ce lecteur n’a pas aimé, c’est son droit. Il y aura forcément des lecteurs qui n’aimeront pas ce que vous écrivez. Moi j’adore Flaubert et d’autres trouvent ça ennuyeux à mourir : il n’empêche que le talent d’écrivain de Flaubert est incontestable et incontesté.

Il y a quelques jours, j’ai reçu le premier commentaire 1 étoile sur Amazon pour Le Sang des Lumières. La première grimace passée, j’en ai souri et j’ai décidé d’utiliser positivement ce commentaire négatif (c’est de la communication ! 😉 ).

Foncer !

La dernière astuce est peut-être la plus difficile à faire, mais c’est la plus efficace. La meilleure façon de combattre le syndrome de l’imposteur, c’est de l’ignorer et de foncer. Écrivez votre roman malgré tout, allez au bout, faites-le relire par des gens compétents et surtout objectifs. Et seulement après, en fonction de leur réponse, vous aurez le droit de vous dire que ce que vous avez écrit est à revoir.

Attention, je n’ai pas dit : « que ce vous avez écrit est nul et bon à jeter ». Car rien n’est à jeter : tout peut s’améliorer, se travailler, se réutiliser. Nelson Mandela disait : « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends ». Rien n’est jamais perdu, car même un échec vous apprendra quelque chose sur vous-même, sur votre façon de travailler, sur votre motivation, que sais-je…

On peut aussi dire que « Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme »… 😉

Voilà, je vous ai donné mes astuces pour combattre ce fichu syndrome de l’imposteur, j’espère que ça vous inspire ! Vous pouvez aussi lire à ce sujet l’article de Cécile qui a décidé de mettre son « Maurice » à la retraite… 🙂 Et vous, vous subissez ce syndrome ? Quelles sont vos astuces pour lutter contre ? N’hésitez pas à en parler en commentaires !



Une réponse

  1. […] juste effleuré le sujet la semaine dernière dans mon billet sur le syndrome de l’imposteur et j’avais envie d’approfondir un peu. Recevoir des critiques n’est jamais […]

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