Journalisme, histoire, communication : mon parcours universitaire

Journalisme, histoire, communication : mon parcours universitaire

Ce soir, je serai à la soirée de gala de l’Ecole publique de journalisme de Tours, qui fête ses 50 ans et dont je suis sortie diplômée en 1994… À cette occasion, je me suis dit que vous aviez peut-être envie de savoir quelle était ma formation et mon parcours universitaire (eh oui, je n’ai pas fait d’école d’écrivain !).

Au lycée : littéraire… par hasard ?

Pour la petite histoire, quand j’étais petite, je ne voulais pas être écrivain (même si j’écrivais déjà), mais vétérinaire (original, n’est-ce-pas ?) puis ingénieur agronome. Carrière rapidement abandonnée au lycée pour cause d’incompatibilité d’humeur avec les maths. Mon année de seconde fut donc intense en questionnements pour savoir ce que j’avais envie de faire. J’écrivais déjà, mais sans avoir pensé un seul instant en faire un métier. De toutes façons, le diplôme d’écrivain, ça n’existait pas. Les écoles non plus (la fac de Lettres, à mes yeux, ne m’apprendrait pas à être écrivain, mais à être prof – et je n’avais pas envie d’être prof).

Les filière scientifiques m’étant fermées, j’ai envisagé un temps intégrer une filière technique (oui, en seconde j’avais une option « technique des systèmes automatisés » dans laquelle je m’éclatais !). Puis la raison a pris le dessus et j’ai intégré la filière littéraire (ça s’appelait encore le bac « A » à l’époque), avec l’option maths (par défaut : je n’avais pas envie de prendre une troisième langue et j’étais nulle en arts plastiques). Tout ça en épluchant par le menu la totalité de la documentation Onisep pour trouver le métier qui pouvait s’apparenter le plus à celui d’écrivain (c’est-à-dire, dans mon cerveau de lycéenne : être payé pour écrire). Ce fut journaliste qui sortit du chapeau… Bon, pourquoi pas (en fait, je me voyais bien éditorialiste).

Cela dit, je me suis quand même éclatée en filière littéraire (à tel point que j’ai continué le français en option en Terminale juste pour le plaisir).

Un Tours à l’École de journalisme

Avant même d’avoir mon bac, j’ai donc passé le concours d’entrée à l’IUT de Tours (qui s’appelle donc aujourd’hui l’Ecole publique de Journalisme de Tours), seul établissement avec Bordeaux, à proposer une formation post-bac reconnue par la Convention collective des journalistes (c’est-à-dire au même titre que les prestigieuses écoles de Lille et Paris notamment, qui recrutaient au niveau bac+3). J’ai donc intégré l’IUT de Tours à la rentrée 1993, avec une vingtaine d’autres étudiants, recrutés comme moi sur dossier, concours et entretien. A l’issue de mon entretien, d’ailleurs, je n’aurais pas parié un kopeck sur ma pomme, je me souviens avoir surtout parlé avec mon jury de la campagne bretonne et des querelles de clochers !

macintocsh LC III PAO journalisme ordinateur école 1993

J’ai appris la PAO là-dessus…

J’ai beaucoup appris à Tours, non seulement en presse écrite (mon domaine de prédilection, évidemment), mais aussi en radio et en télé (j’ai ainsi découvert que j’aimais bien présenter des émissions, voire même un journal et que j’étais plutôt à l’aise à l’oral). J’ai des souvenirs inénarrables de sessions presse écrite où nous devions sortir en deux jours une feuille de chou que nous réalisions de A à Z. C’était les débuts de la PAO (publication assistée par ordinateur), à l’époque, et on bossait sur des Mac LC II ou III qui plantaient (évidemment) à la dernière minute du bouclage. 🙂

À la sortie de l’IUT, après un stage à la locale d’Ouest-France et un autre à l’Echo de la Presqu’île (à Guérande), je me suis rendu compte que le métier ne me correspondait pas forcément. Ou, pour être honnête, que la vision du métier que j’avais ne correspondait pas à la réalité de ce qui m’attendait. Moi, je voulais écrire des éditos et articles de réflexion (des textes plus proches du magazine, pour schématiser) et ce qui m’attendait était plutôt la presse régionale, avec ses rubriques chiens écrasés et ses interviews d’édiles locaux en campagne… De plus, je me trouvais trop jeune pour aller travailler (j’avais 20 ans !).

La fac d’histoire, année sabbatique

J’ai donc décidé de m’octroyer une année de réflexion. Au lieu de ne rien faire pendant mon année sabbatique, j’ai décidé de m’inscrire en fac d’histoire à Rennes (parce que j’ai toujours aimé l’histoire – ça vous surprend, hein ? 😀 ). Je dois avouer que j’ai énormément apprécié cette année de transition, parce qu’elle m’a permis de me poser et surtout de flirter avec la vraie vie d’étudiant à la fac 😀 (ses restos U, ses grèves et ses manifs, ses amphis bondés ou déserts, selon la capacité du prof à donner envie d’être là, la liberté revancharde des étudiants de Rennes 2, ce « repaire de gauchistes » – clin d’oeil à mon copain Jeff…).

Tag sur les murs de Rennes 2

« Vive la dictariat du prolétature » : j’ai toujours vu ce tag sur les murs de Rennes 2 et je me demande s’il n’y est pas encore…

J’ai aussi constaté que les cours en eux-même me passionnaient : l’Histoire de la Bretagne, l’histoire médiévale, mais aussi les techniques d’analyse des documents historiques, l’historiographie… Et puis surtout, je pouvais passer des heures à la BU (bibliothèque universitaire), dans la salle d’Histoire (en général désertée par les étudiants studieux parce que c’était la plus bruyante vu qu’elle était au 1er étage !). J’y compulsais des tonnes de bouquins, de thèses et de documents… pour écrire mon roman historique, Le Vent des Lumières, qui est donc né sur les tables de la BU de Villejean-Rennes 2.

Salle bibliothèque universitaire BU Rennes 2

Une des salles de la BU Centrale de Rennes 2. Certains détestaient cette ambiance froide et austère, moi j’aimais bien.

J’ai failli poursuivre en Licence, mais le module « projet professionnel » m’a fait découvrir le cursus en Communication proposé par le département Infocom de Rennes 2 : l’IUP Métiers de la communication. Comme je le dis souvent, après avoir été journaliste recevant les dossiers de presse des institutions et entreprises, j’avais envie de savoir rédiger ces derniers… Bref, je suis passée de l’autre côté de la barrière et du côté obscur de la Force : à cette époque, le directeur de la communication (dircom pour les intimes) était le grand méchant qui cherchait toujours à manipuler la presse… Bon, quelquefois, j’ai l’impression qu’on n’a pas beaucoup évolué à ce niveau-là !

Maîtrise métiers de la communication

Dernière étape de ma formation : la communication, donc. Rappelez-vous, on est en 1996 : on commence à installer les premières versions (révolutionnaires !) de Windows 95, les téléphones portables pèsent 2 kilos et le réseau Internet en est à ses balbutiements auprès du grand public. Néanmoins, la formation intègre ces évolutions « multimédias » et nous forme aux « nouvelles technologies ». C’est un IUP (institut universitaire professionnalisé, mais je crois que ce type de formation n’existe plus aujourd’hui) et je sors avec un diplôme d’ingénieur-maître (ouais, ça claque hein 😀 ).

Je n’oublie pas mes premières amours (le journalisme et l’histoire) et je participe à la création de la radio étudiante Radio Campus Rennes (qui émet toujours aujourd’hui et qui s’appelle C Lab). C’était une super expérience et j’ai vraiment apprécié d’avoir fait partie de cette aventure. Je me souviens y avoir animé quelques numéros d’une émission historique (mensuelle ou hebdomadaire, je ne sais plus). Mon premier numéro parlait de la cuisine et de la gastronomie au Moyen-Âge. J’ai retrouvé une vidéo sur l’INA au sujet du premier anniversaire de la radio et c’est rigolo de revoir des anciennes têtes ! (note : je ne suis pas dans le reportage :p ).

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Mon mémoire de maîtrise portait sur le journalisme à l’heure d’Internet et je l’avais intitulé, de manière assez provocatrice : « Internet va-t-il tuer les journalistes ? ». Ce qui me fait assez sourire aujourd’hui, c’est que l’on se pose toujours cette question… alors qu’à mon sens les journalistes ont toujours (et même encore plus) leur place à l’heure d’Internet. Leur rôle a simplement changé : de fournisseurs d’informations, ils sont devenus filtres, analystes, explicitateurs (si on me permet le néologisme). Bref, le débat est encore entier ! Après mon stage de fin d’études, je suis entrée dans la vie active… mais ça, c’est une autre histoire !

Je n’ai donc pas fait « d’école d’écrivain », mais finalement, mes différentes formations m’ont beaucoup apporté pour l’écriture d’un roman (et je m’en rends compte après coup). Déjà, on travaille son écriture. En Histoire comme en Journalisme, on apprend et on expérimente l’importance de croiser ses sources ou celle de préférer l’information originelle à son interprétation. Grâce à mes études en communication, j’ai appris à écrire pour être lue, à cibler mon public… mais aussi à être efficace pour promouvoir son livre !

Voilà, un petit tour dans mon passé universitaire à l’occasion de l’anniversaire de l’école de journalisme qui va me permettre de retrouver certains camarades de promo… J’espère que cette petite évocation vous a intéressé-e ; posez-moi d’autres questions si vous avez envie d’en savoir plus !

 

 

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